Pensées / Citations
J’ai à coeur de proposer un mot, une phrase, une pensée issus de mes lectures, pour faire réfléchir, pour exhorter, ou simplement inviter au silence.
(Bon, je vais reprendre ma bibliothèque du début^^)
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Le doute ne conduit pas à lui-même
mais à établir le chemin de la vérité.
Adolphe Gesché, La Destinée
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Je n’ai pas à être délivré de moi,
mais de ce qui m’empêche d’être moi.
Adolphe Gesché, La Destinée
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Même si, et à juste titre, on a pu accuser le discours chrétien d’être à l’origine d’une culpabilité excessive, qui a si fortement marqué l’Occident, on ne peut nier qu’il lui ait donné, dans le même temps, le sens de la responsabilité (et donc de la liberté) et cette passion de lutter contre les destins et les déterminismes, qui font sa grandeur et presque sa spécificité. Adolphe Gesché, La Destinée
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Le Verbe de Dieu, même si l’homme n’avait pas péché, se serait incarné. Parce que tel serait, de toute éternité, pour lui comme pour nous, le vœu divin: se rencontrer lui-même en nous et nous rencontrer en lui. Adolphe Gesché, La Destinée
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Ce qu’on doit apprendre à faire, c’est en le faisant que nous l’apprenons.
Aristote, Éthique à Nicomaque
Pour commencer, il faut commencer, et on n’apprend pas à commencer.
Pour commencer, il faut simplement du courage.
Vladimir Jankélévitch, Henri Bergson
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L’éternité ne tire pas essentiellement ni premièrement son sens d’une conceptualisation en fonction du temps; mais bien d’être liée à Dieu, à celui qui se nomme l’Éternel. Adolphe Gesché, La Destinée
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Le sort de Dieu nous est confié dans la mesure où, porteurs de Dieu dans ce monde, c’est de notre attitude que dépendra la connaissance et l’image de Dieu que les hommes se feront. Bien plus, Dieu lui-même, si l’on peut dire, ne pourra être tout à fait tout-puissant, bon, juste, sauveur vis-à-vis de tel homme, que si, à tel moment et dans telle circonstance, je suis bon et juste pour cet homme, exerce en quelque sorte à son égard la puissance de salut dont Dieu m’a fait commandement. Comme le disaient les Pères de l’Église, nous sommes les mains et les bras de Dieu. [...] Il faut, si l’on peut se permettre l’expression, “pratiquer Dieu”. Adolphe Gesché, La Destinée
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Le christianisme ne prétend pas à la saturation de sa révélation. Celle-ci, précisément, est historique et contingente. Dieu seul, et non la connaissance que nous en avons, est absolu. En un certain sens, aucune vérité n’est totalement vraie, car elle laisse des ombres autour d’elle, d’ailleurs nécessaires à sa manifestation. Adolphe Gesché, La Destinée
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Le faux dieu ne se loge pas tellement en de dérisoires statuettes, que dans les méandres de notre propre coeur et les replis de notre propre foi. Adolphe Gesché, La Destinée
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**Un jour de shabbat, en rentrant de la synagogue, mon père s’arrêta pour regarder un oiseau tombé sur le trottoir. On n’était pas loin de la maison.
— Il est mort, papa?
**J’avais six ans et je n’osais pas le regarder.
— Oui, dit-il avec tristesse, rêveur.
— Pourquoi est-il mort?
— Tout ce qui vit doit mourir un jour.
— Vraiment tout?
— Oui.
— Toi aussi, papa? Et maman?
— Oui.
— Et moi aussi?
— Toi aussi, mais avant, puisse ta vie être longue et fructueuse, ajouta-t-il en yiddish.
**Je ne compris pas. Je me forçais à regarder l’oiseau.
— Tout ce qui vit sera donc un jour immobile comme cet oiseau? Pourquoi?
— C’est ainsi que le Ribbono Shel Olom ["Maître de l'univers", Dieu] a conçu ce monde, Asher.
— Pourquoi?
— Pour que la vie ait un prix, Asher. Ce qui t’appartient pour toujours n’a pas de valeur.
— J’ai peur, papa.
— Allez, viens. Rentrons à la maison. Le repas de shabbat nous attend. Nous chanterons des zémiros [hymnes sabbatiques] au Ribbono Shel Olom. Chaïm Potok, Je m’appelle Asher Lev
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Ce que tu te dis: revenir en arrière pour corriger.
Ce que Dieu te donne: le pardon pour avancer.
Un pèlerin égaré
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[...] nous avons assez de religion pour haïr et persécuter,
et nous n’en avons pas assez pour aimer et pour secourir.
Voltaire, Traité sur la tolérance
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[En parlant de l'idée de providence chez les médiévaux] Dieu donne à chaque créature, selon sa nature propre, ce dont celle-ci a besoin pour atteindre son bien. Il ne fait pas le bien de la créature à sa place. Et plus on s’élève, du minéral au végétal, du végétal à l’animal, de l’animal à l’humain, plus Dieu délègue, plus Il confie le soin de soi-même à la créature. Lorsqu’elle est confiée à l’homme, Sa providence, en un jeu de mot étymologique très conscient, devient la prudence, non pas le simple fait de regarder devant soi, mais toute cette sagesse pratique qu’Aristote appelait phronèsis. C’est là que sagesse de Dieu et sagesse de l’homme se rejoignent. Rémi Brague, Au moyen du Moyen Âge
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Pour comprendre, il ne suffit pas de connaître; il faut aussi expliquer. — Histoire générale du christianisme, Introduction générale
Expliquer plus, c’est comprendre mieux. Paul Ricoeur, cité par Jean Greisch, Le Buisson ardent et les Lumières de la raison (tome 1, p. 54)
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L’affaire Lyssenko, et non l’affaire Galilée, est le conflit typique de notre siècle. De nos jours, les idéologies, beaucoup plus que les religions, sont tentées de faire main basse sur la science, en lui demandant de venir cautionner une vision du monde déterminée. Jean Greisch, Le Buisson ardent et les Lumières de la raison (tome 1, p. 47)
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“Il n’est pas bon que l’homme soit seul” (Gn 2.18),
comme si Dieu ne suffisait pas.
Un pèlerin égaré
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À lire bien des textes bibliques, on se demande si le Dieu dont ils témoignent ne fait pas tout pour qu’on le méconnaisse. Mais comment pourrait-il empêcher qu’on le caricature, quand les auteurs quittent si difficilement le terrain d’une humanité prisonnière de ses représentations du divin? On peut dire, alors, que l’AUTRE [Dieu] est celui qui consent à être pris pour ce qu’il n’est pas… tout en luttant constamment pour se faire identifier. Lytta Basset, Sainte Colère. Jacob, Job, Jésus, p. 208
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Quand on dit que Dieu est Tout, qu’il est l’Absolu, qu’il est Infini, on a souvent et finalement comme mauvaise conscience à ne pas tout lui accorder. On a vite l’impression qu’une vie où Dieu n’est pas toujours explicitement “premier présent”, manque de foi. Mais — et je prends le risque conscient de choquer — pourquoi faudrait-il accorder à Dieu une place démesurée? C’est la maladie de la religion, cet excès; excès d’autant plus pathologique qu’il ne se réalise pas, et tout simplement parce qu’il est impossible. Ce n’est pas parce que Dieu est (effectivement) le plus grand, qu’il faudrait toujours songer à lui. Il a sa place, fût-elle la première, mais non toute la place […].” — Adolphe Gesché, Dieu, p. 150
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Le cœur de l’homme est une fabrique d’idoles.
Jean Calvin (la source m’est inconnue)
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