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« Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans »

07 Jan

Un mot sur l’auteur

François Jourdan est prêtre eudiste1 et professeur. Il est docteur en théologie ainsi qu’en histoire des religions et anthropologie religieuse. Il a notamment publié un livre intitulé La tradition des Sept Dormants. Une rencontre entre chrétiens et musulmans2. Outre ses qualifications en islamologie, le père Jourdan a beaucoup voyagé et fut missionnaire dans des pays d’Afrique et du Moyen-Orient, en contact étroit avec l’islam. Il a récemment été envoyé aux Philippines où il rejoint la communauté eudiste locale.

« Il est [était?] délégué du diocèse de Paris pour les relations avec l’islam, il a enseigné la mystique islamique à l’Institut pontifical d’études arabes et islamiques (PISAI) de Rome. » Il a également enseigné « à l’Institut catholique de Paris et à l’École Cathédrale. » (Quatrième de couverture).

1. Le livre

Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans. Des repères pour comprendre, Paris, éditions de L’Œuvre, 2008, avec une substantielle préface de Rémi Brague.

Dans ce livre aux dimensions modestes mais bien documenté, François Jourdan entend, d’une part, dénoncer les insuffisances, les carences, voire l’hypocrisie, du dialogue islamo-chrétien et, d’autre part, poser quelques jalons indispensables pour que ce dialogue puisse vraiment avoir lieu.

L’auteur part du simple constat que « dans la société laïcisée qui est la nôtre, on se contente d’aborder l’islam et les autres religions par le biais historique et sociologique. Or, ces disciplines, si nécessaires et précieuses qu’elles soient, ne prennent pas en considération le contenu des religions mais leur aspect extérieur » (p. 21, l’auteur souligne). Outre les informations de culture générale (les « cinq piliers de l’islam », la mystique soufie, etc.), François Jourdan a le projet (ambitieux?) de mettre à jour la « cohérence profonde » de l’islam, mais aussi celle du christianisme, ce qui suppose une « mise à plat » de leurs doctrines respectives.

La doctrine fait peur. On évite de trop en parler, les médias l’évacuent dans la sphère privée ou la réservent aux spécialistes. Pourtant, selon le père Jourdan, ne pas en parler « entrave lourdement les possibles avancées de confiance et de compréhension » (p. 22).

Le but de François Jourdan n’est pas de proposer une théorie du dialogue inter-religieux ni de s’adresser aux seuls théologiens. Le livre est à l’écoute d’un certain désarroi que suscite l’actualité tant chez les chrétiens que chez les français en général. L’auteur écrit: « Aujourd’hui, devant l’islam, beaucoup de gens se sentent dans une situation très embrouillée et en souffrent: ils sont “perplexes”, bloqués; ils voudraient en sortir, comprendre […]. » (p. 23)

Contenu du livre

« Perplexité » est le mot clé de la première partie du livre. L’auteur y expose les « perplexités restreintes » que pourrait ressentir le chrétien face à l’islam (elles sont au nombre de 15) ainsi que les « perplexités générales du français d’aujourd’hui » (15 également).

Dans la deuxième partie du livre, l’auteur parle de la « cohérence fondamentale » de l’islam et du christianisme, qu’il ponctue par des allers-retours comparatifs, pour en tirer certaines « conséquences doctrinales » pour les deux religions.

La troisième partie est composée d’une série de « compléments » hétéroclites dont: « Jésus, ‘Îsâ: est-ce le même? », « Saint Paul serait-il le fondateur du christianisme? » et « Le dialogue est-il possible? ».

Enfin, le livre se termine par une série d’annexes qui proposent quelques compléments documentaires.

2. Quelques comparaisons

DIEU

Christianisme. Le judaïsme et le christianisme se caractérisent par la notion d’Alliance et par son déploiement dans l’histoire. Bien que transcendant, Dieu s’implique dans l’histoire des hommes, il fait route avec eux, les accompagne, choses inconcevables en islam. D’où une prédominance de l’horizontalité, qui suppose à la fois la temporalité et l’histoire, dimensions quasiment absentes du Coran, ou, tout le moins, accessoires.

Islam. L’islam est caractérisé par une « verticalité fondamentale ». Josef Ratzinger rappelle dans son discours à l’Université de Ratisbonne que « [p]our la doctrine musulmane […] Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable »3.Dieu est absolument transcendant, le qualifier de Père est inconcevable en islam (qualificatif absent des 99 « beaux noms » de Dieu), de même que l’islam rejette le verset de la Genèse où il est dit que l’homme est fait à l’image de Dieu. Dieu est tout-puissant, au point que l’histoire et le temps en perdent leur consistance. Il n’y a pas d’« histoire du salut ». Dieu est le seul véritable acteur, l’homme ne peut que se « soumettre » à lui.4 Il n’est pas affecté par l’homme, il se suffit à lui-même, il fait ce qu’il veut. Il résulte de tout cela un certain fatalisme (« Incha Allah », si Dieu le veut) et un penchant prononcé pour la prédestination (« Mektoub », c’était écrit).

LA RÉVÉLATION

Islam. Si Dieu peut se faire proche, il n’est jamais immanent ni intérieur. Cela se reflète dans la conception islamique de la révélation: Dieu ne se révèle pas lui-même, mais sa volonté, ses « décrets ». Il révèle un livre, le Coran, qu’il dicte à Mahomet par l’intermédiaire de l’ange Gabriel (doctrine de la « descente » du Livre). Toutes les révélations antérieures – à Moïse, à Jésus, etc. – sont conçues selon ce même canevas: « descente » d’un livre. Le Coran descend de façon externe et les prophètes n’ont qu’un rôle passif.

Christianisme. Dieu se révèle lui-même, et de manière ultime en Jésus-Christ. Si Dieu, comme dans l’islam, est transcendant, il est aussi immanent, et même intérieur aux croyants par le moyen du Saint Esprit. Les écrits bibliques ne sont pas le résultat d’une dictée extérieure, mais c’est mus de façon interne que les écrivains agissent et témoignent de la révélation divine. Il y a une pleine participation humaine, libre et responsable.

STATUT DU LIVRE

Islam. Le Coran est descendu du ciel, il est dicté à Mahomet entre 610 et 632, et ce dernier le dicte « tel quel » à ses compagnons qui l’apprennent par cœur et le mettent par écrit. On peut et doit parler à mon sens de texte de Dieu, moins de parole de Dieu. Il est parfait et achevé, réputé « inimitable », ce qui prouve son origine exclusivement divine. Il confirme et récapitule toutes les révélations antérieures. S’il y a des contradictions avec la Torah et le Nouveau Testament, c’est le Coran qui dit vrai, tandis que les autres Écrits sont déclarés falsifiés. Pour souligner le caractère divin du Coran, la tradition islamique prétend que Mahomet était illettré, et qu’il n’avait donc qu’un rôle de transmetteur. Le rapport du musulman au Coran est complètement différent de celui que le chrétien entretient avec la Bible. Pour être compris, le Coran doit être lu en arabe.

Christianisme. La Bible n’est pas dictée par Dieu, son écriture s’étend sur de nombreux siècles, elle est précédée et portée par une tradition orale et une incessante activité d’interprétation et d’actualisation. Elle est, contrairement au Coran, parole de Dieu et non texte. Elle se présente plus comme un témoignage de la révélation plutôt que comme révélation proprement dite. L’expression « parole de Dieu » ne peut qu’être métaphorique, tandis qu’en islam elle doit être comprise littéralement. Dans la Bible, l’histoire et l’expérience humaine sont présupposées et assumées. Le facteur temps et celui d’histoire sont totalement secondaires dans l’islam. Ce qui domine c’est la successivité et la répétition. Le temps ne compte pas, seul compte la mythique origine où il faut toujours revenir pour trouver la religion primordiale qu’est l’islam. Les prophètes successifs ne font que rappeler cet islam-là, qui était déjà celui d’Abraham et celui d’Adam. Pour l’islam, tout homme naît musulman, c’est son état « naturel ».

3. « Perplexités » du chrétien

L’auteur dénonce des erreurs fréquentes qui font leur chemin sous la forme d’idées reçues, entretenant ainsi un dialogue de surface qui laisse dans l’ombre les doctrines et la vision du monde de chacun des partenaires. Dans sa « première perplexité », François Jourdan conteste l’idée qu’il ne faut parler que de ce qui nous rapproche: « Ne considérer que ce qui nous rapproche aboutit à créer une situation chaleureuse mais fausse. » (p. 28) Il critique aussi certaines idées reçues comme: « Quatre-vingt-dix pour cent de choses nous sont communes » (2e perplexité); « Ce qui nous rapproche est plus important que ce qui nous sépare » (3e perplexité) et « laissons les doctrines aux spécialistes » (4e perplexité).

Parmi les points qui font difficulté, j’ai choisi d’en exposer trois qui sont représentatifs de la confusion ambiante présente dans les médias, et même chez certains islamologues et théologiens. Ces idées sont d’autant plus facilement exploitables et leur remise en question difficile qu’elles se réduisent à des formules stéréotypées: on entend souvent parler des « trois religions du Livre », des « trois religions abrahamiques » que seraient le judaïsme, le christianisme et l’islam, ainsi que des « trois monothéismes » partageant un « tronc commun ». Entendons-nous bien: il ne s’agit pas de nier ce que ces formules contiennent de vrai, mais de faire valoir les non moins vrais problèmes qu’elles soulèvent.

Les « trois religions du Livre »

Dans une annexe (p. 187-189), l’auteur énumère des citations de personnes utilisant cette expression comme si elle allait de soi. C’est par exemple le cas dans un livre collectif édité aux éditions Labor et fides, intitulé Juifs, chrétiens, musulmans. Que pensent les uns des autres? (2004). Ainsi, pour Pierre Bühler, Albert de Pury et Jean-Daniel Macchi, les religions juive, chrétienne et musulmane sont des religions du Livre. Dans le même ouvrage, Tariq Ramadan fait un usage fréquent de cette expression. François Jourdan repère son utilisation dans des ouvrages encyclopédiques à destination du grand public (du type « histoire des religions »), ainsi que chez divers auteurs réputés comme Maxime Rodinson, Malek Chebel, Mohammed Arkoun, André Chouraqui, Claude Geffré, etc. Certaines sources sont plus ambiguës.

D’autres auteurs, non moins réputés, ont contesté cette expression. Du côté juif, Marc-Alain Ouaknin, à la suite de Armand Abécassis, parle du peuple juif comme d’un peuple de « l’interprétation du livre » (cité par Jourdan, p. 45). Du côté chrétien, le catholique François Varillon prétend que « le christianisme n’est pas une religion du Livre » mais que « l’islam l’est » (ibid.). La revue catholique Prions en Église, éditée par Bayard-Presse, le note aussi sur base de la conception différente qu’ont les chrétiens et les musulmans de leurs « Livre » respectif. En christianisme, on parle des auteurs inspirés de la Bible, tandis que pour l’islam, le Coran est dicté par Dieu. D’autres auteurs comme Jacques Ellul5 et Rémi Brague (voir ci-dessous) ont également dénoncé cette expression « conformiste » (Ellul y voit un des « piliers du conformisme ») et « trompeuse » (Brague).

Pour François Jourdan, « [l]’islam, le christianisme et le judaïsme sont des religions à livre puisqu’elles reconnaissent des livres comme saints » (p. 45, l’auteur souligne). L’expression n’a plus lieu d’être, d’autant plus que la plupart des religions reconnaissent et se réfèrent aussi à un « livre saint ». Rémi Brague note quant à lui que « [p]our le christianisme, l’objet révélé n’est pas le Nouveau Testament, c’est la personne du Christ lui-même », tandis que pour l’islam, « l’objet révélé est vraiment le livre »6. La question est donc celle du rapport qu’entretiennent le judaïsme, le christianisme et l’islam avec leur « Livre » respectif.

De quel « Livre » s’agit-il? La plupart répondront: la Bible. En réalité, l’expression « religions du Livre » prend sa source dans le Coran, et participe ainsi de la « cohérence doctrinale islamique » (Jourdan, p. 46). Pour l’islam, le Coran est le témoin fidèle de la « Mère du Livre » gardée au ciel, sorte d’« Archétype éternel » (Daniel Sibony) de toute révélation scripturaire. Par contre, la Torah et l’Évangile en sont des témoins falsifiés. En d’autres termes, la Torah et l’Évangile (qui est un livre descendu sur Jésus) auxquels se réfère le Coran sont des entités virtuelles et non la Torah et le Nouveau Testament tels que nous les connaissons. Comment dans ce cas prétendre parler des « religions du Livre »?

Les « trois religions abrahamiques »

Judaïsme, christianisme et islam se réfèrent tous, d’une manière ou d’une autre, à Abraham, présenté comme un exemple de fidélité à Dieu. Cette expression est également très répandue. La question qui se pose vis-à-vis de l’islam est: à quel Abraham se réfère-t-il? L’Abraham biblique? « Ce n’est pas parce que les noms sont identiques que les personnages le sont »7, écrit Rémi Brague. L’Abraham coranique est réputé avoir reçu des « feuilles » descendues du ciel, être allé à La Mecque et avoir bâti un temple (une « maison ») avec son fils Ismaël (la « Ka’aba »), épisodes inconnus de la Bible qui justifient l’orientation de la prière vers La Mecque et le Grand pèlerinage.

Abraham, comme la plupart des personnages bibliques repris par le Coran, sont construits sur le modèle de Mahomet, le « Sceau des prophètes ». D’un autre côté, la figure biblique d’Abraham est occultée: « Abraham n’est plus l’Abraham de la “promesse”, comme dans la Bible. Il est seulement un envoyé, le plus noble après Muhammad, dans la série de ceux que Dieu dépêche ici-bas avec une mission personnelle. »8 Non seulement l’Abraham coranique n’est pas celui de la Bible, mais il est réputé avoir été musulman, c’est-à-dire « soumis » à Dieu: « Abraham n’était ni juif ni chrétien, mais vrai croyant et musulman, et il n’était pas au nombre des polythéistes » (Coran 3.67, trad. Brague) Pas seulement Abraham, mais aussi d’autres personnages tels que Moïse, Salomon, Noé, Jonas, Jésus, etc.

Ainsi, on se rend compte que si l’islam est une religion abrahamique, c’est uniquement selon l’Ibrâhim (Abraham) dont parle le Coran, et non d’après celui de la Bible. Ce qui nous amène à la dernière perplexité.

Le « tronc commun » des trois religions monothéistes

Quel est le rapport du Coran et de l’islam avec la Bible? Dans le texte coranique, nous retrouvons des noms de personnages bibliques que nous connaissons: Adam, Noé, Abraham, Lot, Isaac, Ismaël, etc. De même que nous retrouvons des réminiscences de certains récits bibliques, comme l’épisode du veau d’or ou la visite de la reine de Saba chez Salomon. La similitude des noms et les allusions bibliques suffisent-elles à parler de « tronc commun »?

Il faut distinguer dépendance historique et dépendance doctrinale. Sur la plan historique, il est indéniable que les rédacteurs du Coran ont puisé dans les traditions juives et chrétiennes qui existaient dans le lieu géographique où ils se trouvaient. Traditions issues de la Bible, mais aussi d’écrits apocryphes, rabbiniques et « païens » (l’oral prédomine).

Sur le plan doctrinal, c’est tout à fait différent. L’islam ne reconnaît aucun héritage biblique, puisqu’il considère la Bible comme falsifiée. « [C]’est un dogme fondamental de l’islam, sans lequel il ne pourrait probablement pas exister, que, sous leur forme actuelle, les livres dont se réclament les deux religions précédentes ne sont pas authentiques. L’islam n’a donc nul besoin de l’Ancien ni du Nouveau Testament; dans la pratique il ne les lit pas, parfois même il en interdit la lecture. »9 Le cheikh Si Hamza Boubakeur, qui fut recteur de la grande mosquée de Paris, se fait l’écho fidèle à cette doctrine quand il ne reconnais que le Décalogue (Ex 20) comme susceptible d’être authentique, parce que « seul en accord avec le Coran »10. En islam, le Coran et la tradition islamique représentent le critère absolu en matière de « critique biblique ». D’après le Coran, Jésus n’a pas été crucifié parce que Dieu n’aurait pas permis une chose pareille (cf. Coran 4.157). Paradoxalement, sa naissance virginale et sa messianité sont reconnues, mais elles sont complètement vidées de leur sens et de leur portée biblique. Si bien que le Jésus des évangiles est méconnaissable. Même constat, on l’a vu, avec Abraham. Comment dans ce cas est-il possible de parler de « tronc commun » et de « religions bibliques »? Si le christianisme assume son héritage juif, ce n’est pas le cas de l’islam vis-à-vis de la Bible. Non seulement il ne l’assume pas mais il la rejette pour se substituer à elle en se projetant à l’origine11. Jacques Jomier, avec sa lucidité coutumière, écrit: « L’islam est avant tout l’islam. Il ne semble pas admettre les interventions divines dans l’histoire que seraient le choix d’un peuple [i. e. Israël, peuple élu de Dieu] et à plus forte raison ce que disent les chrétiens de Jésus. Cependant, il a adopté toute une série d’éléments bibliques: mots, expressions, images, récits, remaniés au service d’une vue du monde qui n’est pas spécifiquement biblique. Là est la difficulté de trouver une position juste et vraie. »12

* * *

Si le Dieu auquel aspirent les chrétiens et les musulmans est bien l’unique Dieu vivant, nous divergeons considérablement quant à la connaissance de Dieu. « La base de tout dialogue islamo-chrétien, écrit Jacques Jomier, consiste à constater que tous nous sommes en face du Dieu unique, du même Dieu, et à reconnaître les relations personnelles qui existent entre Dieu et chacun de nos frères chrétiens et musulmans […]. Au contraire, sur le plan des conceptions, il est indispensable de faire les distinctions nécessaires […], [de] ce qui nous est commun et ce qui est opposé. »13


1. « Membre de la congrégation de Jésus et de Marie, fondée, en 1643, par saint Jean Eudes (1601-1680), pour la formation du clergé dans les séminaires et l’œuvre des missions paroissiales. » Dominique Le Tourneau, Les mots du christianisme. Catholicisme, orthodoxie, protestantisme, Paris, Fayard, 2005, p. 262.

2. Paru aux éditions Maisonneuve et Larose, Paris, 2001 (1e éd. 1983). Quatrième de couverture: « Au milieu du IIIe siècle, sept jeunes patriciens d’Éphèse convertis au christianisme sont emmurés vivants, pour avoir refusé de vénérer l’empereur romain. Plongés dans un profond sommeil, ils se réveillent des siècles plus tard, mais refusent alors les honneurs pour choisir le sommeil éternel dans la béatitude. Cette légende se propagea et donna lieu à de multiples versions, autant dans le monde chrétien, où elle apparaît dans “La légende dorée”, que chez les musulmans dans la sourate 18 du Coran “La Caverne”. Pour la première fois, l’étude de cette légende est opérée par la confrontation de deux sources musulmanes avec une ancienne version chrétienne syriaque sans doute connue des chrétiens d’Arabie au VIIe siècle. »

3. Foi, raison et Université: souvenirs et réflexions, paragraphe 3, sur le site officiel du Vatican.

4. Il est significatif que dans le Coran, c’est Dieu qui apprend à Adam les noms des animaux, contrairement au récit biblique où il est dit qu’il voulait « voir comment [Adam] les appellerait » (Gn 2.20). Dieu est en retrait, laisse de l’espace à sa créature. En islam, Dieu prend toute la place, et l’homme se soumet.

5. Islam et judéo-christianisme, Paris, PUF, 2006. Texte tardif de l’auteur et inédit.

6. Du Dieu des chrétiens. Et d’un ou deux autres, Paris, Flammarion, 2008, p. 43. Rémi Brague est professeur de philosophie arabe et médiévale.

7. Ibid. p. 27-28.

8. Jacques Jomier, Dieu et l’homme dans le Coran. L’aspect religieux de la nature humaine joint à l’obéissance au Prophète de l’islam, Paris, Cerf, « Patrimoine – islam », 1996, p. 66.

9. Rémi Brague, op. cit., p. 46.

10. Traité moderne de théologie islamique, Paris, Maisonneuve et Larose, 2003 (1re éd. 1985), p. 107.

11. Voir à ce sujet l’excellente analyse du psychanalyste Daniel Sibony dans Les trois monothéisme. Juifs, chrétiens, musulmans entre leurs sources et leurs destins, Paris, Seuil, « point essais », 1997, où la première partie est consacrée à l’islam (p. 17-129).

12. Jacques Jomier, op. cit., p. 69, note 1.

13. Jacques Jomier, op. cit., p. 25-26.

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À lire aussi sur un blog ami:
Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans?
et Le même Dieu…

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2 Commentaires

Publié par le 7 janvier 2010 dans Critique de livres

 

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2 réponses à “« Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans »

  1. raphaelhaas

    30 mars 2014 at 10:13

    Cher ami,
    Tu connais mon intérêt pour le dialogue interreligieux et la fin de ton article me laisse un peu sur ma faim 🙂 Je vois que l’auteur établie une base pour dialoguer, mais est-ce qu’il dit quelque chose en plus? Par exemple, est-il optimiste pour le dialogue, est-ce qu’il note les efforts qui ont été fait depuis Vatican II, est-ce qu’il note les démarches du côté musulman…?

     
    • Georges Daras

      2 avril 2014 at 11:37

      Salut Raphaël,

      Dans son livre, en brisant certaines idées en vogue et des préjugés actuels, Jourdan montre les différences qui existent entre le christianisme et l’islam, tant d’un point de vue théologique que scripturaire. Et le résultat pour le dialogue est plutôt pessimiste puisque christianisme et islam divergent fondamentalement sur de nombreux points, tels qu’ils sont exposés dans l’article. Vatican II et les démarches des musulmans n’y changent pas grand chose puisque la réalité théologique et scripturaire s’impose d’elle-même. Ma conclusion: dialogue impossible!

       

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