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Le Jésus de l’histoire: quelques ressources en français

03 Mai

Notes: dans la catégorie « Divers », les articles sont consultables; le résumé des articles est celui des revues.

Revues

RECHERCHES DE SCIENCE RELIGIEUSE

Deux numéros de Recherches de Science Religieuse (voir liens) ont pour thème : « L’exégèse et la théologie devant Jésus le Christ ». Il s’agit des tomes 87/3 (1999) et 88/4 (2000). Nous reproduisons ci-dessous les titres des articles et leur résumés. Seuls les articles en rapport avec le thème sont repris.

Tome 87/3 (1999)

Michel FédouLe « Jésus historique » des Pères de l’Église au temps des Réformes

Tant chez les Pères de l’Église que chez les auteurs médiévaux, on ne peut s’attendre à trouver, pas même sous une forme d’une lointaine anticipation, l’équivalent d’une réflexion sur le « Jésus de l’Histoire » au sens qu’une telle expression a pris depuis le XIXe siècle. Mais ceci n’exclut nullement qu’il y ait eu tant à l’âge patristique qu’au temps des Réformes, comme au Moyen Age, des discussions significatives sur l’histoire de Jésus et sur les textes qui lui rendent témoignage. Si tous font spontanément confiance à la valeur historique des récits évangéliques, certains Pères auront à argumenter sur ce point pour répondre aux objections adressées du dehors, ce qui les conduira parfois à formuler des questions « critiques » à propos du texte scripturaire. Et tout en tenant compte des différences avec la problématique contemporaine « l’apport toujours permanent des auteurs anciens à la réflexion sur le Jésus de l’Histoire est loin d’être devenu négligeable.

Charles PerrotLa quête historique de Jésus du XVIIIe siècle au début du XXe

Face à l’histoire de Jésus, l’époque moderne se place sous la question de sa possibilité même. Au sortir de la Renaissance, marquée par un intérêt nouveau sur le texte saisi dans son ensemble, l’Écriture, dans sa suite narrative, reprenait sens sans se ployer devant la théologie. S’imposait alors le décalage entre le texte biblique reconnu dans ses multiples manuscrits, et l’affirmation des Églises. Ainsi, dès le XVIIIe siècle, la distance ne pourra que se creuser entre les Églises qui désignent le Christ qu’elle honorent (« le Christ de la foi » de Reimarus) et l’histoire que les rationnels entendent construire (« le jésus de l’histoire »), ce qui n’ira pourtant pas sans délires d’imagination, surtout au XIXe siècle. Paradoxalement, la lecture suivie de la Bible en langue vulgaire, largement promue par les Réformateurs et finale­ment acceptée chez les catholiques après les hésitations du Concile de Trente, devenait parfois gênante sinon dangereuse, ce qui ne pouvait qu’être confirmé par les différentes tentatives, parfois contradictoires, pour saisir le jésus de l’histoire jusqu’à nier son existence.

Jacques SchlosserLe débat de Käsemann et de Bultmann à propos du Jésus de l’histoire

Dans la première moitié du XXe siècle, la recherche historique sur Jésus a-t-elle été aussi stagnante que l’expression « no-quest » (J. Reumann) le laisse entendre ? Les travaux de J. Jeremias, de W. G. Kümmel et surtout de R. Bultmann permettent de nuancer le propos. Mais pour ce dernier, la restitution de la figure du Jésus historique étant très aléatoire, limité est l’intérêt théologique de la démarche. En 1953, E. Käsemann sera à l’origne d’une réaction à l’égard du « scepticisme historique » de son maître qu’il trouve exageré et dangereux quant aux conséquences théologiques. Car la communauté qui a exprimé sa foi et proposé son kérygme sous la forme d’un récit, a tenu à intégrer « l’histoire terrestre de Jésus » lui donnant du même coup une autorité remarquable : l’histoire de Jésus est constitutive de la foi, même si demeure impossible d’écrire une « vie de Jésus ».

Daniel MargueratLa « troisième quête » du Jésus de l’histoire

Il est toujours tentant de diviser l’histoire de la recherche en époques, surtout lorsqu’un groupe ou une tendance s’en fait le repère avec la « troi­sième quête », fût-ce au prix de pratiques exégétiques et de présupposés méthodologiques pour le moins discutables (par ex. avec le « Jesus Semi­nar »). Divers modèles et figures du Christ surgissent de cette quête multi­forme Jésus philosophe cynique itinérant, sapiential, homme de l’Esprit, prophète de la restauration d’Israêl, militant du changement social…), ce qui ne suffit pourtant pas à jeter le soupçon sur tous les auteurs ou sur la totalité de leurs travaux (Crossan, Sanders, Theissen et Horsley) dont certains, par leur connaissance du milieu juif contemporain et des mouvements histori­ques, éclairent singulièrement le contexte politique dans lequel s’inscrit le destin du Christ. Témoignant d’une « relative cohérence », la « troisième quête », par l’usage des sources (y compris apocryphes), la question de l’eschatologie et la valorisation de la judéité de Jésus, ravive la question de l’enjeu théologiquement fort de la quête du Jésus historique.

Jean-Noël AlettiExégète et théologien face aux recherches historiques sur Jésus

Si la recherche sur le Jésus historique n’est pas une discipline théologique elle ne peut néanmoins être indifférente à la théologie, la foi ayant à relever ­le défi de l’histoire dans la mesure où elle ne peut avoir pour objet un autre Jésus que celui-là même à la rencontre duquel va l’approche historique. Cependant, l’accès direct à l’histoire ou aux données historiques est plus du domaine de la nostalgie ou du rêve que de la réalité, les sources à notre disposition étant d’abord à traiter littérairement avant de pouvoir être utilisées comme preuves pour ou contre l’historicité. Mais dans la mesure où confesser l’humanité du Fils de Dieu implique qu’on désire connaître Jésus le Galiléen, tout ce que la recherche historique entreprend ne peut pas ne pas intéresser le théologien: les évangiles en donnent les premiers exemples et le témoignage.

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Tome 88/4 (2000)

Christian DuquocL’intérêt théologique de la quête du Jésus historique

Partant du constat que le Jésus historique ne soulève pas un intérêt également partagé chez les théologiens, l’article de Chr. Duquoc propose d’ouvrir un chemin de corrélation féconde entre l’élaboration théologique et la dynamique houleuse de la recherche d’une figure de Jésus qui ne soit pas délimitée par la seule évidence des textes canoniques et de leurs interprétations officielles ou autorisées. Ainsi, après avoir exposé l’enjeu de l’exégèse historico-critique, lucide sur les excès notamment du rationalisme, notant au passage les différences entre catholiques et protestants et l’importance des ouvrages de Schweitzer et Bultmann, Chr. Duquoc conclut sur un bilan des recherches exégétiques qui est loin d’être négligeable pour le théologien, faisant sien le jugement de D. Marguerat : « L’historien ne sape pas la foi ; il en trace les contours ».

Joseph MoingtL’intérêt de la théologie pour le Jésus de l’histoire

À partir d’une problématique qui fait droit à la distinction entre historique et historicité, l’article de J. Moingt pose la question : en quoi la théologie s’intéresse-t-elle au Jésus de l’histoire ? à quoi il répond d’emblée : le théologien, en tant que discours sur Dieu et ouverture à la révélation et au salut pris globalement, s’intéresse de façon inéluctable au Jésus de l’histoire en tant que l’identité du Dieu des chrétiens est déterminée par son rapport d’identification à un personnage historique, Jésus de Nazareth. Proposant d’abord un parcours du symbole de foi pour vérifier cet intérêt de la foi pour l’histoire, il propose une approche théologique du Jésus de l’histoire par le retour à la question de Dieu aujourd’hui, rejoignant la question fondamentale qui est la question du sens.

Henri-Jérôme Gagey« Le Seigneur est ressuscité, il n’est pas ici. »

Le christianisme a pu être défini comme la religion de l’histoire parce qu’il repose sur une Alliance scellée et vécue à travers des événements passés, sans cesse réactualisés dans le présent. Cependant, le surgissement de l’histoire comme discipline a paradoxalement abouti à une « déshistoricisation » de la foi. Les christologies élaborées en confrontation à la « deuxième quête » tentèrent de revenir à la conception historique de l’existence chrétienne, mais au prix d’une théorie de la « double vérité » qui tend à éluder la question de la vérité posée par le témoignage que le Nouveau Testament rend à Jésus-Christ. Pour dépasser cette difficulté, il importe de réévaluer ce qu’il en est de la scientificité des disciplines de l’histoire afin de renouer avec la conception « polémique » d’une vérité en procès qui s’atteste dans l’événement Jésus-Christ. Sur cette ligne, le systématicien reçoit la « vieille » question exégétique du Jésus historique, non comme une question de méthode, mais comme la question de la décision à laquelle tout le Nouveau Testament appelle : celle de l’identité de Jésus-Christ. Est-il cette figure à jamais disparue et dont l’historien tente de reconstituer le passé dans une sorte d’exhumation qui jamais ne lui redonnera la vie qu’il a livrée ? Ou bien est-il le Seigneur Glorifié dont l’Ange affirme « Il est ressuscité, il n’est pas ici ».

Henri LauxRetrouver la puissance du texte biblique. Les attentes d’un philosophe

Le numéro des RSR consacré à « L’exégèse et la théologie devant Jésus le Christ » manifeste une somme de résultats considérable. En même temps il suscite des perplexités quand des recherches d’historique donnent un sentiment d’arbitraire, quand des pratiques exégétiques peinent à interpréter. Il y a alors quelque intérêt à s’instruire auprès de Spinoza, grand inspirateur de l’exégèse moderne, pour l’ampleur de ses principes : la « méthode » historique permet de conclure et d’échapper à l’indétermination ; elle a pour enjeu ce qui s’engendre dans le lecteur et dans la société ; par delà telle technique particulière elle vise la puissance du texte, c’est-à-dire sa capacité à signifier. Dans cette logique, le rapport au texte biblique conduit à formuler aujourd’hui plusieurs exigences : l’interprétation relève d’une décision ; la « scientificité » de l’exégèse doit s’appuyer sur une compréhension renouvelée de la rationalité : la lecture implique l’unité d’une démarche, que l’on peut qualifier de « théologique ».

René VirgoulayExégèse, théologie et philosophie dans la réflexion christologique

De 1903 à 1905, une discussion serrée s’engage entre Loisy, Blondel, Hügel. C’est le philosophe d’Aix qui focalise le débat sur la christologie en soulevant la question de la science et de la conscience du Christ. Il le fait dans la perspective de son « panchristisme » qui le rend peu sensible au Jésus de l’Histoire et à la lecture littérale des Évangiles. Il s’oppose ainsi à l’exégèse de Loisy, soupçonnant chez lui une position doctrinale qui va plus loin qu’une réserve purement méthodologique. Ce débat a l’intérêt d’avoir été largement interdisciplinaire en mettant en œuvre l’exégèse, l’histoire, la philosophie et la théologie. S’il a été troublé par les urgences de la crise moderniste, il a permis d’entrevoir la nécessité et la difficulté d’un travail épistémologique pour articuler les divers savoirs dans le respect de leurs méthodes respectives.

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Tome 96/2 (2008)

Le tome 96/2 (2008) est consacré à l’œuvre (encore inachevée !) de John Paul Meier. Je signale aussi la critique du « Jésus de Nazareth » de Benoît XVI par Pierre Gibert. Consulter tous les articles de ce numéro!

Christoph TheobaldLe bilan d’une recherche trois fois séculaire qui interroge la théologie

La monumentale étude de John P. Meier, Un certain juif Jésus, dont trois des cinq volumes prévus sont achevés et accessibles au public francophone, fait date dans la recherche critique trois fois séculaire du Jésus historique. Aussi est-ce une invitation forte adressée aux théologiens à y « trouver et s’approprier des éléments susceptibles de contribuer au chantier plus vaste qui consiste à élaborer une christologie pour notre temps » (I, 23). Ressaisissant ce qui est avant tout un parcours d’historien, Chr. Theobald commence par examiner le rapport des documents et d’une critériologie à la question du « Jésus historique ». Après la prise en compte du décor, de la chronologie et de la question des origines, puis celle du rapport entre mentor et disciple, il s’attarde sur la spécificité du ministère de Jésus et de son public. Dans l’attente de l’achèvement de l’ouvrage, il aboutit à un « portrait provisoire du Nazaréen ».

Jacques SchlosserLa méthodologie de John P. Meier dans sa quête du Jésus historique

Au début de son livre sur la religion de Jésus, Geza Vermes exprimait son aversion pour la méthodologie. Selon lui, elle menace l’inventivité du chercheur, car « la recherche ne doit pas être liée par des règles trop strictes » et mieux vaut faire preuve de « pragmatisme ». La vigueur de la critique que John Meier adresse à son collègue illustre fort bien son refus de l’amateurisme. « Au bout du compte, dit-il dans l’introduction au troisième volume (III, 23), en écrivant ces trois tomes, j’ai été convaincu, à partir de ma propre expérience, que méthodologie et critères ont beau paraître ennuyeux, ils n’en sont pas moins indispensables pour empêcher le chercheur de trouver dans les données ce qu’il avait décidé d’y voir ». Dans les pages qui suivent J. Schlosser tente d’abord de donner une présentation générale de la méthode utilisée par Meier en la situant dans la discussion en cours, puis il analyse comment elle est appliquée concrètement dans la longue étude que l’auteur a consacrée au règne de Dieu.

Pierre GibertCritique, méthode et histoire dans l’Approche de Jésus chez J. Ratzinger / Benoît XVI

« J’espère que le lecteur verra clairement que ce livre n’est pas écrit contre l’exégèse moderne » : l’étude de l’Avant-propos de son livre, désormais fameux, sur Jésus de Nazareth, pose la question du rapport personnel de Benoît XVI à ce qu’il appelle le plus souvent la « méthode historico-critique » tout en traitant des apports et limites de cette « méthode ». Par delà quatre siècles d’histoire de l’exégèse critique, qu’en est-il de ces rapports ? Les évangiles et surtout la personne historique du Christ ont-ils bénéficié ou souffert de l’exégèse moderne ? Benoît XVI soulève ici un problème grave qu’il ne convient pas d’écarter une fois de plus, exégètes et théologiens campant sur leurs positions, et le lecteur des évangiles risquant l’incertitude par rapport aux difficultés que les évangiles lui présentent. Cet article s’efforce de montrer les attendus des positions complexes de Benoît XVI par rapport à l’exégèse, tout en rappelant les fondements du projet critique pour le service des croyants.

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Tome 97/3 (2009)

Un nouveau volume consacré à l’œuvre de John Paul Meier, principalement axé sur les miracles. Il a pour titre: « Christologie et histoire de Jésus. Le récit de miracle chez J. P. Meier : Un certain juif Jésus. Faire aujourd’hui une théologie de la vie de Jésus ? »

Michel BerderLe miracle chez Meier : méthodologie et bilan. Y a-t-il chez lui une « théologie du miracle » ?

La recherche entreprise par John P. Meier sur le Jésus historique accorde une large place à la question des miracles. La présente contribution s’attachera à rendre compte du travail de Meier sur ce dossier particulier, en trois étapes : un premier temps sera consacré à l’examen de son projet et de sa méthodologie ; un deuxième moment sera dédié à l’évaluation des principaux résultats auxquels il parvient. Il s’agira enfin, au terme du parcours, de répondre à la question : « Y a-t-il une théologie du miracle chez Meier ? ». Il faudra alors se situer différemment dans la lecture de l’ouvrage de Meier, dont le projet, selon ses propres mots, « peut être pris en compte par des théologiens qui pratiquent la christologie dans un contexte contemporain ». Il est clair, en effet, que cette recherche historique peut être d’un grand profit aux théologiens contemporains, encore faut-il préciser en quoi et selon quelles limites.

Patrick RoyannaisLe vide du tombeau ou la perplexité de l’histoire, l’impossible dogmatisme et la nécessité de l’écriture.

Comment apprécier théologiquement le travail de John P. Meier ? C’est à cette vaste question que s’attache cet article, en relevant notamment les questions que l’ouvrage pose en ce qui concerne l’épistémologie de l’exégèse dans son rapport à la théologie, et en tentant de dégager ce que ce genre de travaux apporte aux théologiens, leur incidence sur la théologie. Il va sans dire qu’il s’agit là d’une lecture critique du travail de Meier, notamment au plan de l’historiographie. Mais par-delà le travail critique nécessaire, c’est à une épistémologie de la lecture (non réductible à une méthodologie) que ces pages voudraient conduire. Contre tout risque de positivisme historique ou doctrinal, il faut tenir que pour l’historien comme pour le croyant, le tombeau demeure vide.

Jean-Louis Souletie Vérité et méthodes. La question christologique du Jésus historique après J. P. Meier.

Le plaidoyer de Meier pour la méthode dans l’exégèse historico-critique du N.T. le conduit à accorder une authenticité historique à des textes évangéliques que d’autres exégètes considèrent comme des relectures théologiques de l’Église primitive. Sur ce constat, il faudra donc mesurer ce que cette méthode peut apporter au portait historique de Jésus qui a été l’objectif de la longue histoire des quêtes du Jésus historique. Situé ainsi dans les débats sur le Jésus historique, le travail de Meier conduit à la question théologique des rapports qui existent entre la vérité de la foi et les méthodes exégétiques, entre la vérité théologique et l’histoire. Il s’agira finalement de se demander, sur la base des travaux de Meier, de quel « Jésus » la théologie chrétienne a besoin pour être vraiment chrétienne.

Jean-Noël AlettiQuelles biographies de Jésus pour aujourd’hui ? Difficultés et propositions.

Est-il possible d’écrire aujourd’hui une vie de Jésus ? On connaît la réponse négative apportée par tous ceux qui, à la suite d’A. Schweitzer, ont désespéré d’atteindre quoi que ce soit de solide sur le Jésus de l’histoire. L’exégèse de la fin du XXe est revenue à des positions moins radicales, et la biographie critique de J.P. Meier semble même se trouver au sommet d’une courbe positive en constante progression. Au demeurant, de quel type de biographie, historique ou théologique, avons-nous le plus besoin aujourd’hui ? C’est à ces questions simples, mais dont l’enjeu est vaste, que cette contribution voudrait répondre.

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THÉOPHYLION

Tome XIII/1 (2008): « Jésus dans l’histoire – Enjeux théologiques et pastoraux ». (voir liens)

Michel Deneken – Élaboration dogmatique et quêtes de Jésus

Indispensable à la construction du discours croyant, le recours à l’investigation historique se révèle toutefois insuffisant pour appréhender le caractère unique de Jésus Christ. L’unicité de Jésus Christ ne procède pas seulement de ses racines juives, mais tout autant de la reconnaissance, par la communauté chrétienne, de la Révélation qu’il incarne et de la Tradition qu’il fonde. Pour cette raison, aussi nécessaires qu’elles soient, les « quêtes » successives du Jésus de l’histoire ne peuvent rendre compte du mystère de l’incarnation qui fonde la foi des chrétiens et l’élaboration du discours ecclésial qui l’atteste. Le dogme ne parle pas au sujet de Jésus, mais à partir de lui ; en effet, celui dont l’Église affirme qu’il est vrai Dieu et vrai homme n’est pas un autre que Jésus de Nazareth.

Xavier Durand Jésus à la rencontre de l’historien et du croyant

Il est possible au croyant de sortir découragé par les résultats changeants et contradictoires de la recherche historique sur Jésus. À condition de respecter le mouvement de la recherche historique et le mouvement des cheminements de la foi, le croyant peut espérer trouver dans de nouvelles recherches de nouveaux accents pour vivre toutes les dimensions de l’existence chrétienne : foi, espérance et charité. À partir de trois champs d’étude dans l’histoire de Jésus sans cesse retravaillés : le ministère en Galilée, la double reconnaissance de Jésus comme prophète et sage, le constat de l’échec que signifie la mort sur la croix, il est proposé de regarder ce qui peut attirer le croyant dans ces nouvelles perspectives et comment il se situe en même temps dans le mouvement de son époque.

Elian CuvillierJésus de l’histoire et Christ de la foi – Quelques points de repère

L’article traite la question du Jésus de l’histoire et du Christ de la foi du point de vue de l’exégèse historico-critique. Six points sont successivement abordés. D’abord un bref survol de l’histoire de la recherche du XVIIIe siècle à nos jours rappelle le caractère contingent donc forcément provisoire de toute recherche. Secondement, un rappel des principales sources à notre disposition pour reconstruire la figure historique de Jésus nous renvoie aux quatre évangiles comme source principale sinon unique de l’enquête. En troisième lieu sont présentés les principaux critères permettant de se prononcer, quoique de façon toujours provisoire, sur les ipsissima verba de Jésus. Les trois derniers points sont consacrés à trois questions classiques dans le débat sur le Jésus historique : son activité de thaumaturge, son rapport à la Torah, enfin la question de la résurrection. En conclusion, il est rappelé que si l’historien peut légitimement s’interroger sur la vie et l’œuvre de Jésus de Nazareth et en constater les effets dans l’histoire, la « connaissance » de Jésus comme Christ ne relève pas du « savoir » mais de la confession de foi.

Jacques SchlosserRigueur et intuition dans la recherche historienne sur Jésus

Après avoir établi la légitimité d’une recherche proprement historienne sur Jésus, on propose d’abord un aperçu sur les problèmes et les méthodes en histoire, en tirant profit de la vitalité des études historiques en France durant le XXe siècle. Quant aux sources, on reste réservé devant la promotion récente des textes apocryphes et on maintient que les évangiles synoptiques et leurs propres sources doivent être privilégiés en raison de l’importance de leurs données. Pour remonter des textes à Jésus le chemin est devenu plus difficile aujourd’hui en raison d’apports nouveaux sur le phénomène complexe de la tradition ; on ne peut plus faire de la critique littéraire aussi naïvement qu’autrefois, mais ce n’est pas une raison d’abandonner l’analyse des textes qui a pour but d’en dégager la forme la plus ancienne. Une discussion abondante s’est portée sur les critères d’authenticité. Largement contesté dans plusieurs publications récentes, le critère, naguère dominant, de la double dissimilarité doit-il être tout à fait abandonné ? Probablement pas. Pour l’interprétation de ce qui paraît central dans la prédication de Jésus, à savoir son message sur le règne de Dieu, le consensus actuel sur la pleine insertion de Jésus dans le judaïsme s’accompagne d’un risque : on tend à donner plus d’importance à un schéma d’ensemble bien attesté dans le judaïsme commun qu’à l’analyse des vestiges évangéliques dans leur ensemble. La tension fascinante entre contraintes et liberté ne semble pas pouvoir être résolue de la sorte.

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LUMIÈRE ET VIE

N°248: « Foi et histoire. La fiction nécessaire« . Je signale notamment ces trois articles:

Gérard RochaisJésus : entre événement et fiction

Après un bref rappel des débats récents autour du Jésus historique, l’auteur, devant certains excès, précise le cadre de la recherche historique et accepte une certaine fiabilité des évangiles quant au parcours effectif du prophète nazaréen.

Pierre-Marie BeaudeLa fiction nécessaire : mémoire et récit

L’auteur, après évocation du travail de mémoire et précisions sur l’agencement du récit, en appelle au Midrash comme témoin de la vitalité d’un texte aux prises avec l’interrogation d’un lecteur.

Yves KrumenackerHistoire, historicisme et foi

L’investigation rigoureuse de la Bible mena naguère à lui retirer toute valeur spécifique. L’historicisme, par zèle scientifique ou idéologique, a réduit le texte à un enjolivement divin de la banalité quotidienne. L’histoire savante ne dispose pas d’un tel pouvoir. Elle laisse le lecteur à sa décision d’entendre une parole qui l’affecte et à laquelle il accorde crédit.

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Divers

Robert HurleyLe genre « évangile » en fonction des effets produits par la mise en intrigue de Jésus (Laval Théol. et Phil. 58/2 [2002])

Quel est le genre littéraire des évangiles ? Sont-ils des biographies ? Des légendes héroïques ? Faut-il les classer tous dans le même genre ? En cherchant une réponse à ces questions, la critique biblique a souvent eu recours à une approche de littérature comparée, cherchant des ressemblances entre les évangiles et d’autres ouvrages antiques. On essaie de repérer des ressemblances formelles entre deux contenus figés, entre deux corpus « apparemment » finis. Du moment où l’on abandonne l’idée du texte comme un objet statique en faveur d’une conception dynamique du texte comme événement vécu par le lecteur, cette approche se heurte à des obstacles majeurs. L’auteur prétend que la classification générique des évangiles exigerait un procédé plus subtil que la simple comparaison formelle ou thématique des textes et il essaie de montrer que le genre d’un texte ne peut se spécifier sans référence aux effets produits chez le lecteur.

Alain GrauNi d’en bas, ni d’en haut : Une christologie après la « troisième quête » (Laval Théol. et Phil. 59/2 [2003])

À partir du retour à la quête du Jésus de l’histoire dans la seconde moitié du xxe siècle, de nouvelles questions sont posées à la christologie par les divers portraits de Jésus que dresse l’exégèse. Ne pouvant pas abandonner la confession de Jésus comme étant « vraiment homme », la christologie se doit d’en tenir compte. Cependant les résultats discordants de la « troisième quête » obligent à renverser la perspective parce qu’ils supposent au préalable la question anthropologique. En conséquence, la christologie ne peut plus prendre comme auxiliaire à sa réflexion des critères anthropologiques considérés comme acquis, mais elle doit intégrer dans son propre champ épistémique la question de l’homme comme telle, à partir d’une humanité singulière, celle, précisément de Jésus, qui n’est dévoilée à l’exégète comme au théologien que par le don de l’Esprit.

Armand Puig I TàrrechLa recherche du Jésus historique (Biblica 81/2 [2000])

(Les premières lignes:) La méthode historique est née avec les Lumières et, par conséquent, fait partie de la modernité. Or, dans une culture qui a cherché, dès le début, la justification de la réalité à travers la raison et qui a voulu percer le passé en suivant la méthode critique, la question sur la crédibilité de ce passé reste au centre de l’attention. Et dans la mesure où Jésus de Nazareth appartient aussi au passé, une théologie consciente du monde où nous vivons ne peut diminuer la portée ni les conséquences de la quête du Jésus historique.

Didier FougerasLe Jésus de l’histoire (Théolib 28 [2004])

(Les premières lignes:) On n’en finit pas de récrire l’histoire du Jésus de l’histoire. Quête inlassable, maintes fois déclarée vaine et toujours reprise, de l’origine. Quête des orthodoxes de toutes les orthodoxies en mal de confirmation, pour qui le Jésus de l’Église (laquelle ?) est bien celui de l’histoire – il en va d’une vérité dont l’historicité serait en quelque sorte la garantie. Quête des hétérodoxes de toutes les hérésies en mal de subversion, pour qui le vrai Jésus, celui de l’histoire, n’est justement pas le Jésus de l’Église (laquelle ?).

Elian CuvillierRegards sur l’histoire de la recherche du Jésus historique (Évangile & Liberté, n°?, date?)

La visée de ce regard synthétique, donc forcément un peu caricatural, est de souligner les antécédents (partie I), les critères méthodologiques (partie II) et les grands axes ainsi que l’état actuel (partie III) de la recherche du Jésus historique. Pour chacun des points évoqués, nous tenterons de souligner les enjeux théologiques ou herméneutiques qui les présupposent ou en découlent.

Jacques SchlosserLa recherche historique sur Jésus: menace et/ou chance pour la foi? (Revue des sciences religieuses 80/3 [2006])

Jacques SchlosserRevue du livre Jésus contre Jésus de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur (Cahiers Évangile n°112 [2000])

Frédéric BaudinLa figure de Jésus aujourd’hui (Revue Réformée 202, 1999)

Samuel Bénétreau – Le Jésus historique (Fac-Réflexion n°17, 1991)

Christian Amphoux – Le problème de la vie de Jésus

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Livres

(Je ne reprends pas les ouvrages qui traitent un aspect particulier de la recherche, p. ex la source « Q », la Passion, etc.)

Collectif, De Jésus à Jésus-Christ, 1. Le Jésus de l’Histoire, Actes du colloque de Strasbourg des 18 et 19 novembre 2010, Paris, Mame-Desclée,  2010, 532p. (Le second volume consacré à Jésus dans l’Histoire concerne moins la recherche historienne.)

David FLUSSER, Jésus, Paris-Tel Aviv, éd. de l’Éclat, 2005 (édition revue et corrigée), 285p.

Paula FREDRIKSEN, De Jésus aux Christs. Les origines des représentations de Jésus dans le Nouveau Testament, Paris, Cerf, 1992, 345p.

P. GIBERT, C. THEOBALD, Le cas Jésus-Christ. Exégètes, historiens et théologiens en confrontation, Paris, Bayard, 2002, 476p. Regroupe des articles parus dans Recherches de Science Religieuse (voir plus haut).

David GOWLER, Petite histoire de la recherche du Jésus de l’Histoire, Paris, Cerf, 2009, 231p.

Dan JAFFÉ, Jésus sous la plume des historiens juifs du XXe siècle, Paris, Cerf, 2009, 412p.

Jean-Pierre LÉMONON, « Jésus de Nazareth. Prophète et sage », Cahiers Évangile n°119 (revue), Paris, Cerf, 2002, 66p.

D. MARGUERAT, E. NORELLI, J.-M. POFFET (éd.), Jésus de Nazareth. Nouvelles approches d’une énigme, Genève, Labor et Fides, 1998, 612p.

John Paul MEIER, Un certain juif: Jésus. Les données de l’histoire, Paris, Cerf. Cette oeuvre monumentale toujours en cours et traduite en français se compose de quatre volumes (on attend le cinquième et dernier volume):

I: Les sources, les origines, les dates, 496p (2004)

II: La parole et les gestes, 1344p (!) (2005)

III: Attachements, affrontements, ruptures, 752p (2005)

IV: La Loi et l’amour, 744p (2009)

Étienne NODET, Histoire de Jésus? Nécessité et limite d’une enquête, Paris, Cerf, 2003, 256p.

Charles PERROT, Jésus et l’histoire, Paris, Desclée, 1993 (édition nouvelle, revue et mise à jour), 287p.

Charles PERROT, Jésus, Paris, Puf, « Que sais-je? » n°3300, 2007, 128p.

Jacques SHLOSSER, Jésus de Nazareth, sans indication de lieu, Noêsis, 1999, 375p.

Graham STANTON, Parole d’évangile?, Paris/Montréal, Cerf/Novalis, 1997, 252p. Dans chaque chapitre, l’auteur aborde de manière simple et pédagogique certaines problématiques.

Gerd THEISSEN, L’ombre du galiléen. Enquête historique, Paris, Cerf, 2007 (10e éd.), 272p.

Geza VERMES, Enquête sur l’identité de Jésus. Nouvelles interprétations, Paris, Bayard, 2003, 272p.

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11 Commentaires

Publié par le 3 mai 2010 dans Jésus de l'histoire

 

11 réponses à “Le Jésus de l’histoire: quelques ressources en français

  1. gakari1

    11 janvier 2012 at 19:45

    Bonjour,

    J’avais parcouru tout le contenu du blog qui est vraiment très intéressant et vous remercie de votre travail.
    Du coup, j’ai entamé la lecture des 4 volumes de John Meier, et ayant terminé le 1er (sans les notes pour ne pas emmagasiné trop d’informations), je dois dire que suis vraiment séduit par son analyse sincère et honnête.
    Merci donc pour la liste d’auteur ci-dessus.

    Yannick

     
    • Georges Daras

      11 janvier 2012 at 21:25

      Bonjour Yannick,

      Je suis heureux que mon blog vous ait plu! Meier est un vrai investissement d’argent (c’est cher…) et de temps (c’est long…). Mais c’est passionnant! Si cela vous intéresse, je viens tout juste de mettre un lien vers un numéro de la revue Recherches de science religieuse dans lequel on trouve deux articles sur l’oeuvre de Meier (96/2, 2008) intégralement consultables en ligne. Voici le lien: http://www.cairn.info/revue-recherches-de-science-religieuse-2008-2.htm

      Je ne manquerai pas de visiter votre site!

      Daras

       
      • gakari1

        12 janvier 2012 at 18:33

        Merci pour les liens, ce sont de bons résumés.
        C’est gentil concernant mon blog, mais je ne l’ai pas mis à jour depuis un bon moment, faute de temps.

        Cela n’a aucun rapport, mais, je voulais aussi vous dire, pour info, que vos articles passent très mal sur mobile, le texte se place sur une fine colonne, à droite.

         
      • Georges Daras

        13 janvier 2012 at 13:20

        Malheureusement, il est impossible de satisfaire tout le monde en même temps… Mon blog se destine principalement à des écrans au format « paysage ». Comme je travaille sur un 15 pouces, c’est donc le format idéal. De plus, comme la colonne centrale est beaucoup trop large, je décale le texte sur la droite en exploitant l’espace de gauche pour mes intitulés de section et d’éventuelles images. Il m’est donc difficile de répondre au problème que vous rencontrez sur mobile. Je peux éventuellement faire un test avec un petit article, en laissant courir le texte sur toute la largeur. Voyez p. ex. celui-ci que j’ai modifié: https://exegeseettheologie.wordpress.com/2010/02/02/un-excellent-commentaire-de-levangile-selon-marc/

         
      • gakari1

        13 janvier 2012 at 18:52

        En effet, il n’y a pas de pb pour cet article.
        De toute facon, je copie les textes et les colle dans un éditeur de texte pour les lire correctement. C’était au cas où.
        Merci

         
      • Georges Daras

        13 janvier 2012 at 19:55

        Désolé… Mais bonne lecture quand même!

         
  2. Jean-Marie le Gobanais

    29 décembre 2013 at 09:23

    Votre recension découverte « par hasard » est très intéressante. Merci. J’y reviendrai si mon temps le permet

    Où lire en quelques lignes ce que vous estimez historique d’une part, et légendaire (ou symbolique) d’autre part, sur la vie de Isho’bar Yawsep avant son âge adulte ?

    C’est tout de même risible de voir ce sympathique François déposé un Jésus « peu ou pudiquement habillé » (comme sur la croix!) dans une crèche de Saint-Pierre de Rome ; C’est pour ne pas troubler le bon peuple sud-américain inculte ?

    Merci et bénéfique année 2014

    Ex-novice rédemptoriste, maintenant septuagénaire déiste s’efforçant d’être altruiste dans une optique réincarnationniste

     
    • Georges Daras

      8 janvier 2014 at 12:23

      Merci pour votre message et pardonnez-moi du retard de la réaction!
      Cette page sur le « Jésus de l’histoire » offre simplement quelques références bibliographiques, livres et articles. Certains articles sont accessibles en ligne gratuitement.
      Concernant votre question sur ce que j’estime historique ou légendaire-symbolique sur la vie de Jésus avant son âge adulte, c’est une question que je n’ai pas traitée en elle-même. Cela dit, mon opinion générale est que les récits de l’enfance de Jésus sont pour une grande part des constructions littéraires. Par exemple, je ne pense pas que la naissance virginale, son origine à Bethléem (Jésus serait né à Nazareth), le récit de la visite des mages, la fuite en Égypte et le massacre des bébés par Hérode se soient réellement produits. Je pense que ces récits sont des constructions littéraires ayant une portée théologique et symbolique. Cela dit, certaines données, présentes ailleurs que dans les récits de l’enfance, peuvent tout-à-fait être tenues pour historiques, comme par exemple le fait que le père et la mère de Jésus s’appellent Joseph et Marie.

      Vous trouverez quelques éléments sur mon approche dans Les histoires des évangiles sont-elles incroyables? (point 5, puis points 9 à 12) et Les influences littéraires minent-elles l’historicité des évangiles? (où j’explique que la non-historicité de ces histoires n’entraîne pas qu’elles ne soient ni vraies ni réelles).

      Cordialement,
      Georges

       
      • Jean-Marie le Gobanais

        8 janvier 2014 at 14:40

        Merci beaucoup. Je vais aller vous lire avec intérêt dès que possible

        Il doit pourtant bien avoir de nombreux chrétiens pour soutenir mordicus le contraire de ce que vous écrivez. Et François les conforte dans leur certitude. L’invocation du symbole a bon dos.

        Pour ne pas abuser de vous je ne me permet de vous poser encore une triple question :pour savoir où vous avez mis ou trouvé la réponse

        Isho est-il mort sur une croix ou sur un T ? Cloué (dans les mains ?) ou lié ?

        A ce propos connaissez-vous le Calvaire de l’église d’en haut de Bar-le-Duc ? Je tiens une photo intéressante à votre disposition

         
      • Georges Daras

        12 janvier 2014 at 22:37

        Bonjour,

        Oui, en effet, certains chrétiens conservateurs pensent que nous avons affaire à des récits historiques.
        Ma lecture des évangiles de l’enfance est assez commune parmi les exégètes. Vous trouverez un exemple chez John Paul Meier, dans son livre Un certain juif: Jésus, volume 1. Voir aussi Charles Perrot, Les récits de l’enfance de Jésus.

        Quant à votre autre question, je pense que Jésus est mort cloué sur une croix (T ou croix, peu m’importe; Jean parle des clous et de la marque des clous sur les mains). Vous aurez plus de précision dans le livre de Raymond E. Brown, La mort du Messie.

        Quant au Calvaire de Bar-le-Duc, non, je ne connais pas. Mais pourquoi y faire référence?

        Cordialement,
        Georges

         
  3. Jean-Marie le Gobanais

    13 janvier 2014 at 07:20

    Pour ce qui est de croix ou T, je veux souligner simplement la différence entre la croyance (sinon crédulité) majoritaire, avec tout ce qui l’accompagne, tel le chemin de croix et ses 14 stations (qui foisonnent dans les églises) , et la probable réalité historique qui amène à mettre en doute le sérieux de tous les récits des faits et paroles de Isho’bar Yawsep (Jésus fils de Joseph, en araméen ancien).

    Qui fut-il réellement ? Certainement la réincarnation d’une âme très évoluée mal comprise et dérangeante dans un contexte sociétal particulier constituant uen épreuve de plus choisie avant la naissance.

    La Croix ou le T avec le port du patibulum (partie horizontale) et pas d’une lourde croix jusqu’au Golgotha . La réflexion sur la place des clous si seulement clous il y a eu, et ceux malgré les célèbres stigmates de certains saints.

    Précisément à Bar-le-Duc les bras des deux larrons (en « 3 D ») sont maintenus par des cordes sur un T, mais on peut penser que comme le sculpteur n’avait aucune envie de finir sur le bûcher, il a cloué « classiquement » Jésus sur une croix. J’aimerais connaître d’autres calvaires européens de ce genre « hérétique » .

    Il est bien dommage que les chercheurs que vous citez (et dont j’avais entendu parlé) ou leurs éditeurs (pour de basses raisons financières?) n’aient pas voulu rédiger un résumé ou encore mieux une synthèse du genre voilà ce qu’on a fait croire à la majorité des gens , même ceux ayant fait des études, mêmes aux prêtres (dont les nombreux futurs défroqués) , et voilà ce que moi, exégète, je pense absolument certain ou probable. Trouve-t-on de telles synthèses ?

    Pour moi, modestement, l’approche chrétienne , comme l’approche juive et musulmane où il n’est tout de même pas question de père et de fils, est beaucoup trop anthropomorphique. Mais en fait quelle devrait être la bonne et sage nature de l’amour paternel et de l’amour filiale ?

    L’approche chrétienne pas unanime joue trop sur la notion de « péché » et donc de la nécessité d’un Fils Unique de Dieu rédempteur venant racheté le soi-disant péché originel et les autres. Si un enfant de deux ans, vous frappe en vous disant « T’es méchant », allez vous vous estimer offensé et le punir ? Or vous ne nierez pas qu’il y a une énorme différence entre ne serait-ce que la « Science » et la « Sagesse » de notre Ineffable Source et Finalité et le plus réellement intelligent – intelligence du cœur ! – des humains , d’une part, et disons, d’autre part, la maturité théorique de l’adulte et l’immaturité du bébé.

    Dernière précision : je suis devenu « évidemment » réincarnationniste, sans trop savoir pour le moment m’expliquer cette réalité, faute de lectures encore assez nombreuses car il n’y a pas d’autre explication possible des vies misérables plus ou moins longues.

    Conclusion : en référence avec la classique interrogation « Tu crois ou t’en es sûr », je ne crois pas en notre Ineffable Source et Finalité, je suis sûr qu’Elle est de toute éternité. Et si je suis encore très loin de tout comprendre, Lui sait ce qu’il fait et je lui fait confiance.

     

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