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Inerrance et inspiration verbale

12 Mar

Cocoes derniers jours, j’ai publié quelques articles où j’évoque ces deux doctrines sans les expliquer. Je présuppose par là, sans doute de manière un peu erronée, que le lecteur en sait suffisamment pour comprendre ce dont il est question. Je conçois le lecteur idéal de ces articles comme un évangélique ou ex-évangélique, ayant une certaine familiarité avec les doctrines de ce courant et ses auteurs francophones représentatifs. Il peut avoir suivi une formation dans l’un ou l’autre Institut ou Faculté, tels qu’il en existe surtout en France, mais aussi en Belgique et en Suisse1.

Pourquoi parler de l’inerrance et de l’inspiration verbale?

Je pense que ces doctrines sont caractéristiques de la spécificité évangélique. Bien sûr, d’autres doctrines et accents théologiques distinguent le courant évangélique dans le paysage chrétien. Mais j’estime que l’inerrance et l’inspiration verbale sont centrales par leur radicalité et leurs implications théologiques, mais aussi dans le rapport conflictuel qu’elles engendrent avec certains domaines des sciences humaines, comme l’histoire et l’archéologie, ou naturelles, comme la théorie de l’évolution notamment. Elles créent aussi une nette délimitation d’avec les autres dénominations chrétiennes, au point qu’aux yeux de ces dernières, « évangélique » devient souvent synonyme de « fondamentaliste ».

C’est aussi mon implication personnelle dans ce mouvement, qui dura un certain temps, qui explique mon intérêt. C’est surtout à travers les livres de théologiens évangéliques que j’ai commencé à connaître les doctrines de ce mouvement, que j’admettais volontiers à l’époque.

Qu’est-ce que l’inerrance et l’inspiration verbale?

Dans le cadre de cet article, je ne peux qu’en proposer une définition sommaire. Un document résume à lui seul ce qu’il faut entendre par inerrance et inspiration verbale. C’est la 1re déclaration de Chicago sur l’inerrance biblique datée de 1978, dont les idées sont largement partagées par les théologiens évangéliques francophones.

Les articles 6 à 10 exposent la portée et la nature de l’inspiration. Elle est dite verbale parce qu’elle s’étend « jusqu’aux mots mêmes de l’original » (art. 6).

Art. VI Nous affirmons que l’Ecriture entière et toutes ses parties, jusqu’aux mots mêmes de l’original, ont été données par inspiration divine.
Nous rejetons l’opinion selon laquelle l’Ecriture serait inspirée comme un tout mais non pas en chaque partie, ou, au contraire, en certaines de ses parties mais non pas en son tout.

Art. VII Nous affirmons que l’inspiration a été l’oeuvre de Dieu: Dieu nous a communiqué sa Parole par son Esprit, au moyen des hommes qui l’ont écrite. L’Ecriture a une origine divine. Le mode de l’inspiration divine reste en grande partie pour nous un mystère.
Nous rejetons l’opinion qui réduit l’inspiration à quelque forme de perspicacité humaine ou d’état de conscience exalté.

Art. VIII Nous affirmons que Dieu, dans l’oeuvre de l’inspiration, a employé les traits propres de la personnalité des auteurs qu’il avait choisis et préparés, comme leur style personnel.
Nous rejetons l’opinion selon laquelle Dieu, puisqu’il leur a fait écrire les mots mêmes qu’il avait choisis, aurait étouffé leur personnalité.

Art. IX – Nous affirmons que l’inspiration, sans conférer d’omniscience, a garanti que les énoncés des auteurs bibliques sont vrais et dignes de foi sur tous les sujets dont ils ont été conduits à parler ou écrire.
Nous rejetons l’opinion selon laquelle la finitude ou la nature pécheresse de ces auteurs aurait, de manière nécessaire ou non, introduit quelque fausseté, quelque distorsion, dans la Parole de Dieu.

Les articles 11 et 12 de la déclaration affirment la portée de l’infaillibilité et de l’inerrance, tandis que l’article 13 en pose les limites:

Art. XI Nous affirmons que l’Ecriture, divinement inspirée, est infaillible, de telle sorte que, loin de nous égarer, elle est vraie et sûre sur tous les points qu’elle traite.
Nous rejetons l’opinion selon laquelle la Bible pourrait à la fois être infaillible et errer dans ce qu’elle énonce. On peut distinguer infaillibilité et inerrance, mais non les séparer.

Art. XII Nous affirmons que l’Ecriture dans son intégralité est inerrante, exempte de toute fausseté, fraude ou tromperie.
Nous rejetons l’opinion qui limite l’infaillibilité et l’inerrance de la Bible aux thèmes spirituels, religieux, ou concernant la rédemption, et qui exclut les énoncés relevant de l’histoire et des sciences. Nous déclarons, en outre, illégitime l’emploi d’hypothèses scientifiques sur l’histoire de la terre pour renverser l’enseignement de l’Ecriture sur la création et le déluge.

Art. XIII Nous affirmons que le mot d’inerrance convient, comme terme théologique, pour caractériser l’entière vérité de l’Ecriture.
Nous rejetons la démarche qui impose à l’Ecriture des canons d’exactitude et de véracité étrangers à sa manière et à son but. Nous rejetons l’opinion selon laquelle il y aurait démenti de l’inerrance quand se rencontrent des traits comme ceux-ci: absence de précision technique à la façon moderne, irrégularités de grammaire ou d’orthographe, référence aux phénomènes de la nature tels qu’ils s’offrent au regard, mention de paroles fausses mais qui sont seulement rapportées, usage de l’hyperbole et de nombres ronds, arrangement thématique des choses racontées, diversité dans leur sélection lorsque deux ou plusieurs récits sont parallèles, usage de citations libres.

Tous les évangéliques croient-ils à l’inerrance et à l’inspiration verbale?

Tous les chrétiens se déclarant évangéliques ne partagent pas ces doctrines. Plusieurs raisons expliquent cela:

♦ La première raison, la plus simple, c’est par ignorance. C’est le cas de chrétiens évangéliques qui ne sont pas spécialement portés sur l’étude des doctrines, au point qu’ils n’ont jamais entendu parler du concept d’inerrance. Ils pensent simplement que la Bible est sans erreur, sans plus de précision.

♦ La seconde raison, c’est que certains chrétiens évangéliques ne se reconnaissent pas dans ces doctrines, et n’estiment pas devoir les professer en tant qu’évangéliques. Il s’agit de cas isolés ne formant pas de courant spécifique.

♦ La troisième raison réside dans l’émergence au sein du courant évangélique, surtout anglo-saxon, d’une tendance qui entend se démarquer de ces doctrines jugées trop rigides et bibliquement infondées. On peut par exemple citer des essais tels que ceux de Peter Enns, Inspiration and Incarnation: Evangelicals and the Problem of the Old Testament (voir mon appréciation critique), Kenton L. Sparks, God’s Word in Human Words: An Evangelical Appropriation of Critical Biblical Scholarship (très recommandable, plus complet et critique que le précédent) ou encore Carlos R. BovellRehabilitating Inerrancy in a Culture of Fear ainsi que l’ouvrage collectif sous la direction du même auteur, Interdisciplinary Perspectives on the Authority of Scripture: Historical, Biblical, and Theoretical Perspectives. La doctrine de l’inspiration de la Bible est repensée plus en accord avec les acquis de la critique biblique, en confessant (explicitement ou implicitement) une inerrance limitée.

Les évangéliques vus de l’extérieur

Deux reproches: l’un aux médias, l’autre aux exégètes et théologiens non évangéliques.

Aux médias: trop de dossiers, trop d’articles sur les évangéliques américains ou sur un évangélisme sensationnaliste de type pentecôtiste ou charismatique. De plus, on a trop souvent lu et entendu, et nous lisons et entendons toujours, « les évangélistes » et non « les évangéliques » comme il faudrait, ce qui montre soit l’ignorance des journalistes qui prétendent en parler, soit la condescendance quand ils se disent peut-être « on s’en fout, peu importe ».

Aux exégètes ou théologiens non évangéliques: quand, dans certains de leurs ouvrages, ils évoquent l’approche évangélique (ou fondamentaliste) de la Bible pour la discréditer, je leur reproche de ne jamais citer de sources évangéliques ni de théologiens représentatifs de ce mouvement. Ce n’est pas sérieux, parce qu’un chercheur puise à la source et ne se contente pas de simplement évoquer une idée2; c’est condescendant et irrespectueux, parce que c’est implicitement rejeter les évangéliques dans l’obscurité et l’anonymat, faire comme s’ils n’existaient pas. Il y a bien sûr de rares exceptions. Face à cela, j’ai pour principe de citer abondamment mes sources, même si cela doit me demander plus d’efforts (tant dans la rédaction qu’à l’édition).

—————————————–

1. France: Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine; Faculté Jean Calvin (ex Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence); Institut Biblique de Nogent; Belgique: Institut Biblique Belge; Suisse: Institut Biblique et Missionnaire d’Emmaüs.
Le site que je consulte en matière de publications évangéliques: Excelsis, qui est aussi une excellente maison d’édition.

2. Cela conduit même parfois certains théologiens qui, bien qu’habitués à la rigueur intellectuelle, commettent d’inexcusables maladresses. Ainsi, évoquant le fondamentalisme, le théologien catholique Georges Tavard écrit que pour ce courant « la Bible [est] tenue pour inhérente et infaillible » (source, vol 2, p. 1125). La Bible est « inhérente », cela ne veut rien dire! Il aurait fallu écrire « inerrante », c’est-à-dire sans (possibilité d’) erreur.

—————————————–

Pour ceux que cela intéresse, voir « La Déclaration de Chicago et l’inerrance Biblique« , par l’évangélique Louis Schweitzer.

On consultera aussi avec profit un article de Marc D. Paré, « L’inerrance chez les évangéliques« .

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14 réponses à “Inerrance et inspiration verbale

  1. Benoit H.

    11 janvier 2012 at 11:55

    C’est vrai que bcp d’évangéliques n’ont même pas creusé cette question et ignorent jusqu’à la simple signification du mot « inerrance ».

    Un auteur comme Alister McGrath me semble assez représentatif d’un courant théologique évangélique qui ne juge pas utile de s’attacher à la définition fondamentaliste de la notion d’inerrance.

    Pour expliciter les différentes définitions de la notion d’inerrance, j’ai écrit cet article sur mon blog:

    http://cvablog.com/creationetevolution/2010/05/31/que-veut-on-dire-par-la-bible-est-sans-erreur/

     
    • Daras © —

      11 janvier 2012 at 17:45

      Bonjour,

      Vous avez raison, une partie du monde évangélique (surtout anglo-saxon) se démarque de la rigidité qu’impliquent les déclarations de Chicago, qui me semblent toujours en vigueur parmi les exégètes et théologiens évangéliques francophones. J’ai aussi remarqué la même chose concernant McGrath, dont j’ai lu La Vérité pour passion (éd. Excelsis). Il est significatif et somme toute regrettable que les éditions évangéliques Excelsis aient choisi de proposer à leur lectorat francophone la « théologie systématique » de Wayne Grudem, sans doute la plus conservatrice dans le domaine.

      Merci pour le lien et à bientôt!

      Georges

       
      • Benoit H.

        11 janvier 2012 at 20:02

        J’ai eu l’occasion de feuilleter cette théologie systématique. Le test pour moi est d’aller voir ce qu’on dit sur la création…et l’auteur si je me souviens bien ne jugeait pas farfelu le créationnisme de la jeune terre, j’étais effectivement fixé!

         
      • Georges Daras

        11 janvier 2012 at 21:48

        Moi mon test c’est notamment le rapport aux Écritures, d’où découlera le rapport à la science et aux premiers chapitres de la Genèse. Après quelques hésitations, j’ai opté pour acheter la théologie systématique de Michael Horton intitulée The Christian Faith (faites une recherche sur Amazon US). Je ne l’ai pas encore beaucoup lue, mais elle est certainement philosophiquement et théologiquement plus charpentée que celle de Grudem, qui se réduit pratiquement à de la théologie biblique.

        Je voulais aussi vous demander si vous aviez lu la critique adressée par Gérard Siegwalt (théologien luthérien de Strasbourg) aux doctrines de l’inerrance et de l’inspiration verbale. Cela se trouve dans le second volume de sa Dogmatique. Si vous le souhaitez, je peux vous envoyer le passage en question. Je le trouve pour ma part très bien argumenté et pertinent.

        Georges

         
      • Benoit H.

        25 janvier 2012 at 19:03

        Merci Daras pour cette info. Oui j’aimerais bcp que tu m’envoies cette critique de Siegwalt..

        Ma théologie systématique préférée est Christian theology de Erickson, assez conservatrice mais présentant bcp de points de vue différents, avec une bonne culture philosophique.

         
      • Georges Daras

        25 janvier 2012 at 21:21

        La TS de Erickson semble en effet bien faite et pédagogique. Une future acquisition sans doute en ce qui me concerne. Ok pour Siegwalt. Je vais d’ailleurs t’envoyer deux ou trois autre fichiers complémentaires.

         
      • gakari1

        12 janvier 2012 at 18:41

        Le livre de Grudem étant, apparemment, LE livre de chevet de beaucoup d’evangeliques, ce n’est pas étonnant qu’Excelsis le propose.
        J’aurais trouvé intéressant d’avoir votre avis sur ce livre, d’ailleurs.

        Yannick

         
      • Georges Daras

        13 janvier 2012 at 12:58

        Oui, vous avez sans doute raison. Il suffit de voir le nombre de commentaires à propos de ce livre sur l’Amazon U.S. Et comme l’évangélisme anglo-saxon est très influent sur la francophonie (beaucoup de traductions), la chose s’explique donc facilement.

        Je n’ai fait que parcourir le livre, ainsi que les commentaires de l’Amazon U.S. parmi lesquels je reconnais deux grands reproches classiques faits à la théologie évangélique:

        – Le premier c’est de réduire la théologie systématique (ou dogmatique) à de la théologie biblique. Selon la définition que donne Grudem de la théologie systématique dans son introduction, elle consisterait à exposer ce que la Bible enseigne sur différents sujets aujourd’hui. Or, à mon sens, ce n’est pas en cela que consiste la théologie systématique, qui certes présuppose la théologie biblique en amont, mais ne peut en aucun cas se confondre avec elle (il faudrait un article pour parler de ce sujet!).

        – Le second reproche, c’est le travers du « proof text method » qui consiste à sélectionner des versets hors de leurs contextes en vue de soutenir telle ou telle position. Sacrifiant sa propre cohérence, la Bible devient une sorte de réserve de versets dans laquelle puise le « théologien » pour soutenir et légitimer ses positions. Bien sûr, il n’est pas interdit de citer la Bible ou de s’y référer, mais cela doit toujours être dans le respect de sa cohérence et de sa diversité interne (là aussi il faudrait un article). Voilà, j’espère avoir répondu.

        Georges

         
  2. Enganyor

    13 janvier 2012 at 12:23

    L’inerrance affirme que la Bible est exempte d’erreur, et je suis heureux au passage d’apprendre qu’il y’ait différents niveaux d’inerrance.

    Cependant, j’ai bien l’impression que cette doctrine cherche plus que jamais à nous enfermer dans la pensée moderne rationaliste à laquelle elle se trouve confrontée et mise en échec. Les agitassions des prédicateurs n’y changeront rien ! De quoi parle t’on quand il s’agit de ne pas exclure les énoncés relevant de l’histoire et des sciences ? Pour paraphraser Pilate : Qu’est-ce que l’entière vérité de l’Ecriture ?

    Malheureusement, la « portée prophétique » de la déclaration de Chicago ne nous renvoi pas au Logos de Jean, mais bien à celui d’Aristote, Platon, Thomas d’Aquin, Descartes… Le discours dialectique sur Dieu par suprématie des principes cartésiens/aristotéliciens, le même qui est employé par les sciences classiques et qui est au fondement du rejet de la question de Dieu, par l’agnosticisme/athéisme. Jésus n’a pas envoyé ses disciples dans la gueule du loup, mais parmi les loups.

    « Car vos pensées ne sont pas mes pensées, et mes voies ne sont pas vos voies » !

    Car comme si ça ne suffisait pas, cette même logique a montré ses limites en sciences et en management à l’heure actuelle. Si elle ne s’applique pas à autant de ces situations bien concrètes et vraies, quelle est sa fiabilité à régir l’inerrance de la parole de Dieu ?

    L’apologétique des pères de l’église d’orient avait su en son temps faire la distinction et se positionner en adoptant une attitude apophatique. Si en définitif, on ne peut rien dire de Dieu, qu’il est insaisissable par la pensée, qu’on peut seulement le vivre et le connaître en soi, la vérité est un vécu et l’erreur c’est ce qui nous en détourne. Nous sommes à l’opposé du gnosticisme, il y’a incognoscibilité par la raison et le langage. A la résurrection, les disciples ne reconnaissent pas Jésus et quand Marie fini par le reconnaître, elle n’est pas autorisée à le toucher. Les préoccupations scientifiques et historiques se limitent à nos rapports palpables au réel et aux apparences. Les récits bibliques qui ne collent pas avec ce que nous observons sont une bénédiction pour nous sortir de là. Si le discours ne permet pas de connaître Dieu, l’écriture est vaine. Mais si l’écriture nous emmène dans le paradoxe, l’oxymore, et aux limites de l’humain, elle nous permet de percer le mur de la rationalité.

    Ce que disent l’archéologie et l’histoire, est intéressant mais n’enlève rien au sens des textes. Un théologien est sensé travailler sur ce sens pas de fournir un contre-témoignage et d’induire en erreur sur les mots « Dieu » et « croire ».

     
    • Georges Daras

      13 janvier 2012 at 17:30

      Enganyor,

      Merci pour votre réflexion. Je suis dans le fond d’accord avec vous. Cet « enfermement » dont vous avez parlé au début est une remarque qui me paraît juste et fondée. En mes propres mots, je dirais que la Bible est en quelque sorte enfermée dans l’immanence et la contingence. Si on érige l’épistémologie philosophique et scientifique, les notions d’historicité et de scientificité en critères de vérité, alors il est bien question d’un enfermement. Ce n’est pas un hasard si j’ai vécu mon rejet de la doctrine de l’inerrance (version évangélique) comme une libération et ma mise à l’écoute de la Bible comme une formidable aventure de liberté.

      Cela dit, serait-ce trop demander que de me préciser votre « dénomination » confessionnelle, disons de quelle branche du christianisme vous vous sentez le plus proche.

      Georges

       
      • Enganyor

        16 janvier 2012 at 13:16

        Merci à votre tour pour ces termes qui convergent avec mes vues. Je me sens actuellement plus proche du protestantisme de l’ERF. Je n’ai pas fréquenté longtemps les milieux évangéliques car j’ai rapidement été assailli de questionnements, ce qui m’a rapproché de la tendance libérale de la lignée de Bultmann, qui était efficace à ce moment là. J’ai redécouvert par la suite une spiritualité moins démarcatrice par le « nuage de l’inconnaissance ». L’oraison d’ascèse mentale m’a permis de pouvoir revenir à une approche littérale de la Bible, cette fois-ci plus intuitive, en prenant les textes d’un seul bloc, tels qu’ils sont, en y cherchant du sens, en intériorisant. Je retrouve plutôt la notion de scientificité et le pragmatisme dans l’analyse de mon vécu. Ça m’a également ouvert à la théologie mystique de la patristique, qui est souvent restreinte aux cercles monastiques et n’est pas toujours explorée de façon pratique par les confessions proches de la tradition. Donc malgré ce penchant, je retrouve d’une certaine manière l’esprit réformateur qui veut se débarrasser des carcans.

         
      • Georges Daras

        22 janvier 2012 at 18:46

        Bonsoir,

        Merci pour votre témoignage. Votre parcours est très intéressant, riche et réfléchi. N’hésitez pas à poster vos commentaires quand un sujet vous interpelle.

        Georges

         
  3. Bruno Synnott

    12 mars 2012 at 14:33

    Merci Georges. Je me questionne concernant le point XII de la déclaration de Chicago. Mais, adhérant à la théorie de l’évolution, je pourrais débattre une compréhension « large » de ce point, en disant qu’aucune théorie scientifique ne pourrait venir renverser l’enseignement de la Bible la création et du déluge, c’est-à-dire qu’aucune hypothèse scientifique ne peut remettre en question le principe d’une création et d’un déluge (à mon sens local). Si le point XII signifie que Ge 1-3 est historique et scientifique, alors là je décroche !!!

    @enganyor, j’ai beaucoup aimé la phrase: « La vérité est un vécu et l’erreur ce qui nous en détourne ». Saurais-tu préciser ou développer la pensée de ton avant-dernier post? Mercid’avance. Moi aussi je fouille les trésors de la spiritualité chrétienne orientale et occidentale. Fascinant!

     
    • Georges Daras

      12 mars 2012 at 17:23

      Bonjour Bruno,

      Le problème principal de la version classique de l’inerrance (1re déclaration de Chicago), c’est qu’elle met la Bible au même niveau que les sciences dures (physique, paléontologie, biologie, etc.) et humaines (notamment histoire et archéologie). Si donc à la base tu ne partage pas cette conviction, alors tu sera forcément en désaccord avec cette déclaration.

      Je pense tout simplement que la Bible et les sciences ne sont pas en compétition, car ce serait les mettre sur un plan d’égalité, alors que leur nature et leur finalité diffèrent grandement.

       

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