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« Rahab et les espions »: une lecture de Josué 2

12 Jan

En décembre 2011, j’ai défendu mon mémoire en vue de l’obtention du grade de master en théologie. Ayant choisi de me spécialiser dans le domaine de l’Ancien Testament (ou Bible hébraïque), mon travail consistait à réaliser l’exégèse littéraire et narrative du second chapitre du livre de Josué, dont le récit – assez connu des chrétiens, grâce notamment aux renvois du Nouveau Testament (voir Mt 1.5; He 11.31; Jc 2.25) – pourrait sobrement être intitulé « Rahab et les espions ». Dans cet article, j’aimerais offrir aux lecteurs intéressés ou simplement curieux un aperçu des résultats de ma recherche. Deux articles font suite à celui-ci. Il s’agit pour l’essentiel d’extraits remaniés de mon mémoire, l’un sur le caractère littéraire du récit (ici), l’autre centré sur le personnage de Rahab (ici).

* * *

Sommaire

A. REMARQUES INTRODUCTIVES

I. Pourquoi avoir choisi Josué 2?
II. Nature de ma démarche
III. Méthodes mises en œuvre

B. ÉLÉMENTS ESSENTIELS DE MA RECHERCHE

I. Le caractère prophétique du récit (et de Rahab)

I.1. Le témoignage prophétique de Rahab
I.2. L’accomplissement des promesses divines

II. Comment le Dieu de l’anathème (herem) devient celui de la bonté (hesed)

II.1. Une promesse faite à Rahab au détriment du commandement divin?
II.2. La reconnaissance de Dieu
II.3. Un heureux échange: de la mort à la vie
II.4. Rendre présent le Dieu implicite
II.5. De la reconnaissance de Dieu à l’amour du prochain

ANNEXE A: qu’en est-il de la violence?

ANNEXE B: table des matières de mon mémoire

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A. REMARQUES INTRODUCTIVES

I. Pourquoi avoir choisi Josué 2?

C’est au hasard d’une lecture que j’ai décidé de faire de l’histoire de Rahab l’objet de mon étude. Deux raisons principales m’ont motivé: la première réside dans le caractère folklorique du récit et la saveur locale qui s’en dégage; la seconde raison je l’ai vue dans la profondeur théologique du discours de Rahab (versets 9-11) qui m’a tout de suite interpellé. Dès la première lecture, les implications théologiques et spirituelles de ce récit m’ont semblé fort prometteuses. Ajoutons à cela cet art consommé de la narration qui fait le charme des récits bibliques et le plaisir de la lecture: de l’action, de l’humour, du suspense, de l’ironie, des situations improbables, des personnages contrastés, dans un récit admirablement élaboré. Que dire aussi de sa mystérieuse et fascinante héroïne, Rahab, une prostituée impertinente et rusée, dont la vivacité n’a d’égal que son audace.

II. Nature de ma démarche

En entamant cette étude, mon objectif n’était pas de soutenir ou d’illustrer une hypothèse préalable, mais bien plutôt, comme les deux espions envoyés par Josué, de simplement « aller » et de « voir » (v. 1), d’explorer le récit par moi-même, avec mes propres forces, de traverser le texte comme on traverse une forêt, dans l’espoir de découvrir parmi les ombres mystérieuses quelque chose d’insoupçonné et de surprenant. Je dois dire que, compte tenu des modestes proportions de mon travail, j’ai été particulièrement passionné et comblé par cette aventure.

Avant de dire un mot sur la méthode, il est important de préciser la nature de ma démarche. Il est évident que pour mener à bien mon entreprise, des limites ont dû être posées. L’horizon textuel biblique de mes analyses, sauf exceptions, a été restreint au Pentateuque, plus précisément encore à Exode-Josué. Cela veut par exemple dire que si j’avais à entreprendre l’analyse d’un mot du récit pour en déterminer le sens et que pour cela il ait été nécessaire de saisir comment ce même mot est utilisé dans d’autres contextes bibliques, je limitai par conséquent ma recherche au Pentateuque, sans m’étendre aux livres prophétiques et poétiques, ni même aux livres des Juges, Samuel ou Rois. Cela veut aussi dire limiter mes analyses comparatives avec d’autres textes. Par exemple, en lisant le chapitre 19 du livre de la Genèse (l’histoire de Loth et des Sodomites), le lecteur se rendra compte qu’il existe de frappantes similitudes avec Jos 2. Des études comparatives existent sur le sujet et j’ai pu profiter de leurs lumières, mais il n’était pas question pour moi de me lancer dans ce genre d’étude.

Tout cela a une implication sur ma démarche. Je ne prétends pas mettre en lumière ce que veut « réellement » dire le texte, ni ce que le/les auteurs auraient très précisément eu l’intention de transmettre. Ce que je propose, c’est ce que l’on peut appeler un peu froidement une construction; mais je préfère toutefois parler de cheminement. Comme le compositeur ne saurait composer qu’un seul morceau de musique à la fois pour qu’il soit harmonieux, de même qu’un grand chef ne cuisine qu’une recette parmi toutes celles qu’il connaît pour faire apprécier la saveur de ses plats, ainsi, ce que je propose, c’est une lecture possible parmi d’autres: à partir de tel et tel texte, tels et tels comparaisons, détours, associations, déductions, réflexions, je propose un cheminement interprétatif cohérent qui aboutit à certains résultats. Bien entendu, il n’était à aucun moment question de sombrer dans l’arbitraire ou le n’importe quoi. À chaque étape de ma démonstration, j’espère convaincre par une réflexion et des arguments rationnels étayés par les textes bibliques.

III. Méthodes mises en œuvre

Dans l’entête de cet article, j’ai parlé d’exégèse littéraire et narrative. Qu’est-ce que cela veut dire? Brièvement: d’abord, littéraire, cela veut dire faire attention à la grammaire, la syntaxe, au style, aux différentes structures (concentriques, parallèles, etc.), au sens des mots, etc.; ensuite, narrative, cela fait référence à l’approche narratologique de la Bible, qui s’intéresse grosso modo au comment est racontée une histoire et à l’effet produit sur le lecteur: comment sont dépeints les personnages? Sont-ils minutieusement décrits ou non? Que disent-ils? Que font-ils? Quelles sont les étapes de l’intrigue? Comment est menée l’action et sur quoi débouche-t-elle? Quel est le cadre du récit? Quels sont les lieux et les objets qu’on y trouve? Ont-ils une fonction spécifique ou une valeur symbolique? Etc.

Cette partie exégétique de mon travail est plutôt descriptive et sert principalement à comprendre le texte et à rendre explicite le fonctionnement du récit. Il aurait été fort dommage d’en rester là, sans aller plus loin, prendre de la hauteur pour faire émerger certaines implications théologiques du récit et proposer une réflexion d’ensemble. Au départ, j’étais fort intimidé par cette idée, car je supposais que je devais très bien maîtriser un grand ensemble de textes pour pouvoir proposer ce genre de réflexion. Petit à petit, j’ai toutefois fini par comprendre que toute interprétation est nécessairement le fruit d’une construction, d’un cheminement (on ne peut pas faire parler toute la Bible en même temps; rappelons-nous du parallèle avec le compositeur et le cuisinier). Je n’avais donc qu’à proposer le mien et simplement exprimer toutes les idées qui me tenaient à cœur et que j’estimais intéressantes. Comme je l’ai dit précédemment, je suis très satisfait du résultat et espère passionner les lecteurs de cet article comme j’ai moi-même été passionné.

B. ÉLÉMENTS ESSENTIELS DE MA RECHERCHE

Dans cette seconde partie, je vais tenter de présenter l’essentiel de mes découvertes. Si je parle de « découvertes », c’est en raison du fait qu’elles découlent d’une étude strictement personnelle, non que ces idées n’auraient jamais été soutenues auparavant parmi les exégètes. Au contraire, la première découverte que je vais présenter est assez commune et se retrouve chez plusieurs interprètes. Par contre, c’est beaucoup moins le cas des autres découvertes qui vont suivre.

Au seuil de cette seconde partie, j’invite le lecteur à lire Josué 2 s’il ne l’a pas déjà fait, en y incluant les quelques versets du chapitre 6 où il est à nouveau question de Rahab (v. 22-25).

I. Le caractère prophétique du récit (et de Rahab)

Au fil de mes analyses littéraires et narratives du récit, je n’ai dans la plupart des cas fait que suggérer des pistes de réflexion, ébauché des enjeux théologiques. Ce n’était pas le moment ni le lieu de tenter une synthèse. Toutefois, certaines idées fortes se sont imposées, parmi lesquelles se trouve notamment le caractère prophétique du personnage de Rahab, caractère que l’on peut étendre à tout le récit de manière générale. Il s’agit là de ma première découverte que je vais aborder maintenant.

I.1. Le témoignage prophétique de Rahab

Si l’on prend le récit par la fin, c’est-à-dire par le rapport des espions au v. 24, nous voyons ces derniers s’exclamer: Vraiment, Yahvé nous a donné tout le pays entre nos mains, et même que tous les habitants du pays ont défailli devant nous! Voilà donc le rapport que font les deux espions à Josué. Il marque la fin du récit et constitue ainsi la conclusion de l’histoire. Un lecteur qui garde ne serait-ce qu’un vague souvenir de ses lectures du Pentateuque ou s’il a simplement lu le premier chapitre du livre de Josué avant de lire le second qui nous préoccupe, eh bien ce lecteur ne manquera pas de se demander comment il se fait que les espions ne fassent que répéter ce qu’ils savent déjà, ce que Dieu, en de nombreuses occasions et avec insistance, a annoncé aux Israélites, à savoir qu’il leur a donné le pays et que ses habitants seront pris de panique devant eux (voir par exemple Nb 20.24; 27.12; 33.53; et surtout Dt 11.10-25 et Jos 1.2-6).

Après tant d’injonctions divines et d’encouragements en ce sens, Josué n’avait-il pas compris que ce qui lui restait à faire aux portes de Canaan où il se trouvait avec le peuple était de s’emparer du pays? Fallait-il encore envoyer des espions en exploration? Josué aurait-il eu des doutes sur les promesses divines? Aurait-il fait preuve de faiblesse là où Dieu lui avait demandé de se montrer fort et courageux (Jos 1.6, 7, 9)? Laissons cette question de côté1 et portons à nouveaux notre attention sur le rapport des espions. Si le contenu de ce rapport ne comporte rien de nouveau, sa formulation par contre est fort significative, car elle nous montre deux espions tout à fait étonnés et surpris de ce qui leur est arrivé et de ce qu’ils ont entendu de la bouche de Rahab. Avant de dire pourquoi, il convient de citer le passage dans son contexte, car cela a aussi son importance:

[…] et les deux hommes vinrent vers Josué fils de Noun; ils lui racontèrent tout ce qui leur est arrivé. Ils lui dirent: « Vraiment, Yhwh nous a donné tout le pays entre nos mains, et même que tous les habitants du pays ont défailli devant nous! » (v. 23-24)

D’abord, l’effet de surprise est cristallisé par cette petite phrase où nous lisons que les espions racontèrent à Josué tout ce qui leur est arrivé (v. 23, littéralement: tout ce qui les avait trouvés). Depuis l’arrivée des espions à Jéricho, rien ne s’est déroulé comme prévu, puisque la mission d’exploration bascule très vite en mission de sauvetage (dès le verset 3, quand les espions sont repérés)! Revenus finalement sains et saufs auprès de Josué, les deux Israélites lui racontent tout ce qui leur est arrivé. Le tout est important, car il revient trois fois dans le passage. Ensuite, cet étonnement dont j’ai parlé est d’abord marqué par l’exclamation introductive vraiment!, à quoi s’ajoute le et même que, puis enfin par cette insistance sur la totalité (tout): Vraiment, Yahvé leur a donné tout le pays, et même que tous les habitants ont défailli devant eux. Ainsi, on peut avancer l’idée que le récit ne s’achève pas tant sur le mode de la confirmation (les espions confirment simplement que Dieu leur a effectivement donné le pays), mais plutôt sur celui de la révélation.

Or l’instrument de cette révélation n’est autre que Rahab, cette prostituée cananéenne, qui leur avait affirmé: Je sais que Yhwh vous a donné le pays. La terreur que vous inspirez est tombée sur nous, tous les habitants ont défailli devant vous, […] car Yhwh est Dieu dans le ciel au-dessus et sur la terre en-dessous. (v. 9 et 11) Ainsi, sans avoir exploré la moindre parcelle de territoire, les espions ne rapporteront en fait à Josué que ce qu’ils ont entendu de la bouche de Rahab (textuellement!). Quelle ironie! Durant leur exode d’Égypte et leurs pérégrinations dans le désert, les Israélites, si enclins aux murmures et au découragement, ont rarement accordé autant de crédit aux paroles d’un Moïse ou, plus tard, à celle des prophètes!

I.2. L’accomplissement des promesses divines

Il nous faut à présent prendre un peu de hauteur pour pleinement apprécier toute la portée prophétique du récit. Jos 2 ne constitue pas un fait isolé, un accident de parcours, une simple anecdote sans importance. Au contraire. Jos 2 fait partie d’une histoire, celle du peuple hébreu, qui s’étend de la sortie d’Égypte à l’installation en terre promise. À de nombreuses reprises, comme je l’ai déjà dit, Dieu promet aux Israélites de leur donner le pays, en leur assurant que ses habitants seront terrifiés et pris de panique devant eux:

En ce jour, je commence à mettre la terreur et la peur de toi sur le visage des peuples qui habitent sous tous les cieux; quand ils entendront parler de toi, ils trembleront et frémiront devant toi. (Dt 2.25)

Chargé de verve prophétique, le discours de Rahab témoigne ainsi de l’accomplissement des promesses divines relatives au don du pays et à ses habitants. C’est ce qui explique la surprise et l’étonnement des espions, saisis par l’annonce de ce que l’on pourrait appeler une « bonne nouvelle », la « bonne nouvelle du don du pays » (comparer avec Mt 9.35 et Lc 16.16). Ceux-ci, comme sur un chemin d’Émmaüs, s’entendent dire ce qu’ils « savent » déjà et finissent par reconnaître que ce qui a été depuis longtemps promis est sur le point d’arriver (voir Lc 24.25). Investie de cette fonction révélatrice, Rahab, à travers l’histoire dont elle est l’héroïne, leur ouvrira les yeux de la foi. Le rapport que les espions feront à Josué sonnera du coup comme un oracle prophétique.

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L’histoire de Rahab n’a pas livré tous ses secrets. Bien au contraire, nous ne sommes pas au bout de nos surprises! Après ce que je viens d’exposer, il ne faudrait toutefois pas tomber dans l’excès qui consisterait à banaliser l’histoire de Rahab en y voyant un fait inéluctable, une simple illustration de l’accomplissement des promesses divines. Une analyse approfondie montre que le récit de Jos 2 n’a rien de banal ni d’inéluctable. Après tout, si les promesses parlent bien du don de la terre et de la frayeur des nations, il n’est pas du tout question d’une prostituée cananéenne protégeant et sauvant la vie de deux imprudents Israélites!

Dans la suite de cet article, je vais montrer comment une image guerrière et redoutable de Dieu fera place à celle d’un Dieu bon et bienveillant. C’est en cela que consiste ma seconde découverte.

II. Comment le Dieu de l’anathème (herem) devient celui de la bonté (hesed)

J’ai tenté de répondre à cette question dans la dernière partie de mon mémoire qui, je pense, est très riche d’enseignements.

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Note importante: dans ce qui va suivre, je parlerai de hesed et de herem. Que le lecteur retienne que par hesed j’entends la « bonté », la « bienveillance » (certaines traductions ont « fidélité », « loyauté »); par herem, j’entends l' »anathème » ou « interdit », qui consiste pour les Israélites à entièrement exterminer la population des villes situées dans la terre promise.

II.1. Une promesse faite à Rahab au détriment du commandement divin?

Lorsque la maison de Rahab est encerclée par les hommes du roi venus capturer les deux Israélites, elle prétend qu’ils sont sortis hors de la ville (2.5). Les hommes du roi ainsi trompés se lancent à la poursuite des espions et se précipitent vers le Jourdain (2.7). Par son geste, Rahab sauve les espions de la mort en les dissimulant sur son toit (2.6). En retour de ce qu’elle a fait, Rahab demande aux espions de prêter serment et de lui promettre qu’elle et sa famille seront épargnées lorsque les Israélites s’empareront du pays (2.12-13). L’accord est conclu entre les deux parties. Dans le texte, ce que Rahab a fait envers les espions est qualifié de hesed (2.12); ce à quoi Rahab et les siens vont échapper, c’est le terrible herem dont j’ai parlé plus haut.

Or un problème surgit immédiatement aux yeux du lecteur averti: le fait d’épargner Rahab et sa famille entre en conflit direct avec une loi du Deutéronome qui stipule clairement que tous les habitants du pays sans exception devront être voués à l’interdit2, au herem:

Lorsque le Seigneur ton Dieu t’aura fait entrer dans le pays dont tu viens prendre possession […], lorsque le Seigneur ton Dieu [t’]aura livrées [les nations nombreuses] et que tu les auras battues, tu les voueras totalement par interdit. Tu ne concluras pas de pacte avec elles, tu ne leur feras pas grâce. (7.1-2; cf. Dt 20.16-18)

Les espions, et Josué après eux, ont-ils donc enfreint la loi divine pour épargner Rahab? Le texte laisse-t-il entendre quelque part que Dieu approuve la décision des espions? Y a-t-il une justification théologique au geste libérateur de Josué vis-à-vis du clan de Rahab? Ce sont ces questions qui m’ont motivé à pousser ma recherche plus loin.

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Reportons-nous maintenant au chapitre 6 du livre. Au verset 25, nous lisons que Rahab a habité au milieu d’Israël jusqu’à ce jour, car elle avait caché les messagers que Josué avait envoyé pour espionner Jéricho. C’est le seul élément qui indique explicitement pourquoi Rahab et les siens ont été épargnés et vivent depuis lors au milieu d’Israël: parce qu’elle avait caché… Toutefois, cela ne répond pas au problème théologique soulevé par la non-application de la loi deutéronomique. Comment les Israélites se sont-ils permis un tel écart?; selon quelle autorité et légitimité théologiques? En demandant aux espions de faire preuve de bonté et de bienveillance pour ce qu’elle a fait, Rahab les place en fait (involontairement) devant un grave dilemme, ce que j’ai appelé une limite théologique: c’est soit le herem, l’anathème commandé par Dieu, soit la hesed, la bonté que leur demande Rahab. Il n’y a pas d’alternative possible. Sachant que l’histoire se termine bien pour Rahab et les siens, on ne peut toutefois se contenter de ce happy end sans se demander comment on est passé de l’anathème à la bonté, de l’extermination au salut, de la mort à la vie. C’est ce que je vais essayer d’expliquer par étapes successives.

II.2. La reconnaissance de Dieu

Il nous faut d’abord revenir à la dimension prophétique de l’histoire et de la personne de Rahab. Si les deux espions ont reconnu dans les paroles de Rahab la voix de Dieu, si dans son témoignage ils ont vu la réalisation des promesses divines, pourquoi ne pas considérer aussi l’attitude bienveillante de Rahab comme une manifestation de la bienveillance de Dieu envers eux? Après tout, les deux Israélites étaient en danger de mort! Totalement dominés par les circonstances, leurs vies ne dépendaient plus que du bon vouloir d’une prostituée! Ainsi, la portée prophétique des paroles de Rahab serait également valable pour son action, cette hesed dont elle a fait preuve.

Le texte invite lui-même à établir un rapport étroit entre paroles et action: ce que Rahab a fait est motivé par ce qu’elle leur dit (2.9-11); ce que les espions vont faire à Rahab est scellé par une parole donnée, un serment au nom de Yhwh (2.12)3. Ensuite, la pratique de la hesed se trouve elle aussi étroitement associée au motif du « don de la terre ». En effet, du point de vue de Rahab, son action (hesed) est motivée par sa reconnaissance de ce que Dieu a donné le pays aux Israélites (2.9); du point de vue des espions, c’est en raison de ce que Rahab leur a fait (hesed) qu’ils promettent de l’épargner quand Dieu leur donnera le pays (2.14). Nous constatons ici un heureux échange: à la place du herem, c’est la hesed qui se trouve désormais étroitement liée au « don du pays » et à l’accomplissement des promesses divines.

II.3. Un heureux échange: de la mort à la vie

On peut encore aller plus loin dans cette idée en opérant une petite comparaison avec le récit d’Akan, situé au chapitre 7 du livre de Josué, à la suite de la prise de Jéricho. Rappelons-nous ce qu’a fait Akan: il a convoité et caché dans sa tente une part du butin qui avait été vouée à l’interdit. Pour cette raison lui et sa famille ont été lapidés puis brûlés. Un parallélisme intéressant peut être dressé entre l’histoire de Rahab et celle d’Akan:

Certains commentateurs comparent à juste titre l’histoire de Rahab et celle d’Akan pour leurs oppositions contrastées: l’un est Israélite et subit la violence prévue pour les Cananéens, l’autre est une étrangère qui demeure au milieu d’Israël pour ce qu’elle a fait. Cette observation est exacte, mais elle est incomplète. Car, s’il est possible de faire le parallèle entre Rahab et Akan, il est tout aussi bénéfique d’en effectuer un autre entre Akan et les deux espions. Quelle fut la faute d’Akan? D’avoir commis une infidélité envers l’interdit, le fameux herem (voir 7.1). Et pour cela, il a été mis à mort. Autrement dit, on ne badine pas avec l’application du herem! Si l’on y songe, n’est-ce pas ce qui aurait également pu arriver aux espions et à Josué? N’ont-ils pas eux aussi transgressé l’anathème en épargnant Rahab et son clan? C’est là que j’ai remarqué une coïncidence tout à fait frappante: dans leur réponse à Rahab, les espions inversent la logique qui veut que la mort soit infligée pour le non-respect de l’anathème, ce qu’ils font à travers l’imprécation qui tient lieu de serment (voir note 3): Nous mourrons à votre place! (2.14) Ainsi, en reconnaissant la main et la voix de Dieu dans ce qu’ils ont vécu et entendu s’opère un bouleversement: cette fois c’est l’infidélité à leur promesse de faire hesed qui sera passible de mort.

II.4. Rendre présent le Dieu implicite

Nous l’avons compris, il ne suffit pas que les paroles et l’action de Rahab aient une portée prophétique, il a fallu que les espions (mais aussi le lecteur!) reconnaissent que Dieu est implicitement à l’origine de ce qu’ils ont vu et entendu à Jéricho. Cela dit, ce que n’aura pas manqué de constater le lecteur attentif, c’est l’absence de Dieu dans cette affaire. Il n’intervient nulle part pour donner son avis! Les choses se passent, et elles se passent bien heureusement, mais c’est tout! Et pourtant, Dieu est bien là, bel et bien présent. Mais comment? C’est le mérite de l’exégète François Rossier d’avoir mis en évidence la manière dont Dieu s’implique à travers les espions et Josué:

Ce que les espions promettent à Rahab, c’est, pour elle et les siens, une exemption de l’anathème. Or, comme le décret de l’anathème est d’essence divine, les espions agissent là – et Josué reprendra cela à son compte en Jos 6 – envers Rahab et les siens en usant de prérogatives divines. Cela signifie aussi, puisque l’exemption de l’anathème ne provoquera aucune réaction divine4, que Dieu lui-même fait figure de sujet-compétent au-delà des espions et de Josué […]. [L]e sauvetage de la famille de Rahab est un exemple de bienveillance divine envers Rahab5 (F. Rossier, p. 71, je souligne).

Pour nous, c’est important dans la mesure où, de Jos 2 à l’épilogue au chap. 6, l’action divine est implicite de bout en bout. Elle ne semble pas vouloir se dévoiler autrement que par un acte de reconnaissance, non seulement de la part des espions ou de Josué, mais aussi de la part des lecteurs. À travers cette reconnaissance des espions, le sauvetage de Rahab trouve sa légitimité théologique, son approbation divine, par-delà le commandement deutéronomique de l’anathème. Mais en plus, au-delà de cette reconnaissance et comme Rahab avant eux, les espions et Josué manifesteront à leur tour envers Rahab, par leur implication personnelle, par leur pouvoir de décision et leurs propres actions, ce qu’est et ce que veut réellement Dieu.

II.5. De la reconnaissance de Dieu à l’amour du prochain

Nombreux sont les commentateurs à avoir noté le parallèle entre le déroulement du sauvetage – ou plutôt de la préservation – de la maison de Rahab décrit par les espions (Jos 2.17-20) et celui de la Pâque israélite vécue durant la dixième plaie, juste avant la sortie d’Égypte. En effet, une multitude de parallèles peuvent être dressés entre ces deux « moments », tant au niveau des éléments du récit que par leurs similarités de situation: le cordon écarlate rappelle le sang de l’agneau (qui servira de signe; comparer avec Jos 2.12, 18) appliqué sur le linteau et les montants des portes (Ex 12.7, 22); le rassemblement de la famille de Rahab dans la maison avec la consigne de ne pas en sortir rappelle celui des Israélites (12.3-4, 22); dans les deux cas, le contexte du sauvetage sont la mort et la destruction de ce qui se trouve à l’extérieur des maisons (12.12-13, 23, etc.); dans les deux cas, ce sauvetage s’achève par une sortie et une installation: sortie d’Égypte en vue de l’installation en Canaan pour les Israélites (12.40-42), sortie de la maison de Rahab et sa famille et installation au milieu d’Israël (Jos 6.22-25); etc. La conclusion s’impose: la famille de Rahab expérimentera sa propre Pâque! Ainsi, à un rituel de mort (le herem) est substitué un rite de passage au sein du peuple israélite.

Toutefois, la reconnaissance de la hesed divine et la promesse des espions n’auraient pas été portées à leur achèvement si le clan de Rahab était resté à l’extérieur du camp d’Israël (Jos 6.23). En calquant le sauvetage de Rahab sur la Pâque israélite, le peuple hébreu ne fait pas qu’identifier l’histoire de Rahab aux circonstances entourant sa propre naissance. Il faut aller plus loin. En étant rendus participants à l’un des événements fondateurs de l’histoire d’Israël, Rahab et sa famille ont cette fois été placés au milieu d’Israël (Jos 6.25), ce qu’illustrent par ailleurs admirablement la présence de Rahab parmi les ancêtres du Messie (Mt 1.5), et le fait qu’elle soit citée en exemple aux chrétiens pour sa foi et ce qu’elle a accompli (He 11.31; Jc 2.25). Elle et son clan sont ainsi pleinement reconnus dans leur altérité, une altérité que garantit et préserve l’altérité divine, cette altérité qui permet de dire Dieu avec nous (Mt 1.23), cette altérité qui se trouve au centre « spirituel, géographique et mathématique » (Meyer, p. 15) de la Torah: tu aimeras ton prochain comme toi-même (Lv 19.18), précepte qui s’étend à l’étranger au v. 34:

Quand un émigré viendra s’installer chez toi, dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas; cet émigré installé chez vous, vous le traiterez comme un indigène, comme l’un de vous; tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été des émigrés dans le pays d’Égypte.

Je suis l’Éternel ton Dieu.

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1. J’ai écarté cette idée dans mon mémoire: « Le problème nous semble mal posé. C’est Josué qui, avec Caleb, avait tenté de raisonner et d’encourager les Israélites récalcitrant (Nb 14.7-9); c’est encore lui qui donne l’ordre aux Hébreux de se préparer à traverser le Jourdain pour entrer en possession du pays (Jos 1.10-15). Ensuite, comme nous l’avons souligné, l’envoi d’espions c’est aussi un genre littéraire, autrement dit une procédure normale et habituelle avant une conquête. »

2. On m’a fait remarquer que, en cas de conflit, les Israélites devaient d’abord proposer la paix à leurs ennemis, de sorte que l’application du herem n’était pas forcément obligatoire puisqu’elle dépendait du refus ou de l’acceptation de cette paix. Cependant, j’ai signalé qu’en réalité, il existe une différence de traitement en fonction que les Israélites font face à une ville quelconque ou aux villes se situant sur la terre de Canaan. Il y a une distinction entre les deux, ce que montrent Dt 20.10 (= ville quelconque) et Dt 20.16 (villes de Canaan; voir aussi Dt 20.15). La ville de Jéricho relève clairement du second cas de figure.

3. Ce serment n’est pas explicite dans le récit, mais sous-entendu. Voici je que j’ai écrit à ce propos: « Le serment n’est pas explicitement formulé par les espions. Il faut toutefois le sous-entendre dans la formule imprécatoire du v. 14b. En effet, la formule imprécatoire, ou « malédiction », peut accompagner un serment (voir p. ex. Nb 5.19-22; 2 Sam 3.35; Ne 5.13). Elle équivaut parfois au serment (p. ex. Jg 21.18; 1 Sam 14.28). C’est sans doute le cas ici, comme le confirment les références qui y seront faites plus loin (2.17, 20). »

4. Je songe bien sûr à l’histoire d’Akan, mais aussi à cette remarque du narrateur à propos des Israélites dans le récit des Gabaonites (9.14): … mais ils ne consultèrent pas Yhwh.

5. Petite précision à propos de « sujet-compétent »: Rossier étudie une série de récits, dont Jos 2, sous l’angle de l’intercession. Pour qu’il y ait intercession, il faut les trois parties suivantes: un intercesseur, des bénéficiaires de l’intercession et des sujets-compétents qui seront en mesure de répondre à la requête de l’intercesseur en faveur des bénéficiaires.

Illustration: Rahab reçoit et cache les espions, gravure du peintre et illustrateur anglais Frederick Richard Pickersgill (1820-1900), parue dans Bible Pictures and What They Teach Us, Philadelphia, 1897.

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ANNEXE A: qu’en est-il de la violence?

Mon exposé achevé, je souhaite à présent proposer une réflexion, que l’on pourrait envisager comme un rectificatif, sur un aspect des choses laissé dans l’ombre, mais que certains ont peut-être entr’aperçu. Voici ce que j’écris dans mon mémoire à ce sujet (que le non-connaisseur me pardonne une terminologie qui pourrait lui sembler énigmatique):

Notre focalisation sur le second chapitre de Josué ne doit pas nous conduire à entretenir une vision naïve et béate des choses, ou constituer une excuse pour esquiver certaines questions dérangeantes. Les expéditions guerrières et les populations massacrées décrites dans le livre de Josué posent problème, d’autant plus qu’elles sont légitimées et exigées par Dieu. Comment la transcendance a-t-elle pu se compromettre à ce point dans la barbarie et la violence? Même s’il ne s’agissait que de théologie et de littérature de propagande, c’est une réalité qui heurte le non croyant et blesse celui qui, humblement, prétend croire au Dieu de la Bible. Cela dit, à la vision naïve et béate, il ne faudrait pas joindre la myopie, en ignorant que de l’autre côté de la lettre, on trouve l’histoire mouvementée d’un peuple, d’hommes et de femmes aux prises avec le Dieu vivant. Les Écritures en offrent des témoignages multiples et variés. Nous parlions de la complexité du récit de Jos 2; cette complexité est aussi celle de la Bible tout entière. Non pas pour faire plaisir aux textualistes et occuper les exégètes, mais parce qu’elle est vivante de ceux qui l’ont écrite et de leurs vécus, parce qu’elle reflète la complexité de la vie humaine dans toutes ses dimensions, y compris dans ses rapports avec le divin.

Conquête et violence

Heureusement, le dernier mot du livre de Josué n’est pas celui de la conquête et de la violence. L’expérience traumatisante de l’exil à Babylone sera décisive. Après avoir perdu son roi, son temple et sa terre, Israël s’interroge sur ce qui fait le fondement de son identité. Le temps des conquêtes est révolu; la première rédaction du livre de Josué, militariste et triomphaliste, a perdu toute actualité et pertinence théologiques. Israël ne s’y reconnait plus, pas plus qu’il ne reconnaît le visage de Dieu. Cependant, une profonde blessure demeure: pourquoi ? Le courant deutéronomiste (= dtr) se donnera alors pour tâche de raconter dans une grande fresque historique (Gn–Rois) pourquoi Israël a été déporté et destitué de sa terre. En répondant à cette question se profilera par antithèse ce qui constituera désormais le vrai fondement de l’identité israélite, à savoir le respect de l’alliance et l’obéissance à la Torah de Moïse. Dans la relecture dtr du livre de Josué, la « conquête du pays se mue […] en une conquête de la Torah » (Römer 1998, p. 16). On le constate p. ex. dans le prologue du livre, où certains ajouts font du général Josué un « rabbin » (Römer) qui doit murmurer la Torah nuit et jour (Jos 1.8). « Du coup c’est le respect de la Torah qui décide de la vie du peuple dans le pays et non plus les exploits militaires. » (Römer 2006, p. 84)

Séparatisme et ethnocentrisme

Le dernier mot du livre de Josué ne sera pas davantage le séparatisme et l’ethnocentrisme. Le récit de Rahab serait, toujours d’après Römer, un ajout ultérieur inséré à un stade post-dtr. En reconnaissant l’apport d’étrangers et la nécessité de les intégrer, il aurait pour but de « dénoncer une théologie deutéronomiste ethnocentriste » et de « décloisonner une lecture par trop nombriliste » des origines d’Israël (Römer 1998, p. 18-19). Toutefois, cette conclusion, aussi valable soit-elle, ne relève pas « le grand problème théologique » (Sicre, p. 113) auquel sont confrontés nos deux espions: comment répondre à Rahab par la hesed, alors que Dieu dans sa Torah commande le herem? « Qu’est-ce qui a le dessus? La loyauté ou la loi, cette loi dont Josué et le peuple ne peuvent se détourner ni à gauche ni à droite [1.7-8]? Seront-ils loyaux envers une prostituée étrangère au détriment de la fidélité à Dieu? » (ibid.) Que Josué ait déposé les armes pour devenir rabbin (selon la lecture dtr) ne nous avance pas dans la résolution du problème soulevé.

C’est à partir de ce point que j’ai commencé à traiter de la question du herem et de la hesed (la section B. II. ci-dessus). Pour davantage de précisions sur la question de la violence et de la guerre en Josué, voir mon exposé sur le livre de Thomas Römer « Dieu obscur. Cruauté, sexe et violence dans la Bible« . Pour terminer, sans davantage m’étendre dans cette annexe, je laisse au lecteur cette belle pensée de la théologienne protestante Lytta Basset:

À lire bien des textes bibliques, on se demande si le Dieu dont ils témoignent ne fait pas tout pour qu’on le méconnaisse. Mais comment pourrait-il empêcher qu’on le caricature, quand les auteurs quittent si difficilement le terrain d’une humanité prisonnière de ses représentations du divin? On peut dire, alors, que l’AUTRE est celui qui consent à être pris pour ce qu’il n’est pas… tout en luttant constamment pour se faire identifier. (Sainte colère. Jacob, Job, Jésus, p. 208)

* * *

ANNEXE B: table des matières de mon mémoire

Pour que le lecteur puisse se faire une idée du contenu de mon mémoire, en voici la table des matières:

Sigles et abréviations
Prolégomènes

Partie 1. LE TEXTE

I. Subdivision massorétique

I.1. Jos 2
I.2. Jos 6.22-23, 25

II. Traduction de travail

II.1. Jos 2
II.2. Jos 6.22-23, 25

III. Critique textuelle

Partie 2. INTRODUCTION

I. Introduction historique au livre de Josué

I.1. Le livre de Josué dans l’histoire de la recherche
I.2. Origines et formation du livre de Josué
I.3. Le livre de Josué et l’histoire

II. Jos 2 : Introduction narrative

II.1. Délimitation et situation
II.2. Un récit d’espionnage
II.3. Personnages
II.4. Le maniement du temps et de l’espace

• Topologie

La maison, le toit, la fenêtre, la porte, le cordon écarlate
Le pays, Jéricho, le chemin du Jourdain, la montagne

• Chronologie

II.5. Intrigue

Partie 3. ANALYSE

I. Josué envoie les espions (v. 1)

II. Rahab et les hommes du roi (v. 2-7)

II.1. « Des hommes sont venus, fais sortir les hommes ! » (2a-4c)
II.2. « Les hommes sont sortis, poursuivez-les vite ! » (v. 4c-5)
II.3. Rahab avait caché les espions sur le toit (v. 6-7)

III. Premier dialogue entre Rahab et les espions (v. 8-14)

III.1. Discours de Rahab. Première partie :
« Je sais que Dieu vous a donné le pays » (v. 9b-11)

• Section centrale (X)
• Sections B et B’
• Sections A et A’

III.2. Discours de Rahab. Deuxième partie :
« Maintenant, prêtez-moi serment ! » (v. 12-13)

• Premier parallélisme (de réciprocité ?)
• Second parallélisme (synonymique)
• Inclusion

III.3. Réponse des espions :
« Nous mourrons à votre place ! » (v. 14)

IV. Second dialogue entre Rahab et les espions (v. 16-21)

IV.1. Instructions de Rahab : « Allez à la montagne » (v. 16)
IV.2. Instructions des espions : « Nous serons quittes ! » (v. 17-21)

V. Retour et rapport des espions (v. 22-24)

V.1. Retour (v. 22-23)
V.2. Rapport (v. 24)

Bilan

Partie 4. INTERPRÉTATION

I. Caractère du récit

I.1. Complexité
I.2. Tension

II. La figure de Rahab

II.1. Une femme qui fait parler d’elle
II.2. Une ambivalence surmontée
II.3. Vertu populaire et valeurs universelles
II.4. Une figure prophétique
II.5. Convertie ou sympathisante ?

III. Fonction du récit

III.1. Un récit étiologique ?
III.2. Un récit d’espionnage ?
III.3. Un encouragement inespéré

ÉPILOGUE

I. Conquête et violence

II. Séparatisme et ethnocentrisme

III. Comment le Dieu du herem devient celui de la hesed

III.1. Au cœur du paradoxe
III.2. Le paradoxe surmonté
III.3. Rendre présent le Dieu implicite
III.4. De la reconnaissance de Dieu à l’amour du prochain

Bibliographie

Annexe A : Rahab dans le Nouveau Testament
Annexe B : Josué 2 / 6. Version de Flavius Josèphe
Annexe C : apport iconographique

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4 Commentaires

Publié par le 12 janvier 2012 dans Ancien Testament

 

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4 réponses à “« Rahab et les espions »: une lecture de Josué 2

  1. ALMERAS

    13 janvier 2012 at 18:15

    N’est-ce pas aussi la pensée de Bob Ekblad dans son livre « lire la Bible avec les exclus » ?

     
    • Georges Daras

      13 janvier 2012 at 18:56

      Bonsoir,

      Bien que votre question soit quelque peu imprécise (qu’est-ce qui dans mon article est aussi la pensée de l’auteur?), je peux en tout cas vous dire que je n’ai pas lu le livre que vous citez. Après une petite recherche sur le livre en question, selon la quatrième de couverture, il est effectivement possible que certaines thématiques se rejoignent, comme celle de la marginalité, de l’exclusion, de l’étranger, de la (re)découverte d’une image autre et inattendue de Dieu.

      Merci de votre intérêt et pour cette référence bibliographique que je ne connaissais pas.

      Georges

       
  2. R.F

    19 janvier 2012 at 20:49

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt vos deux articles présentant votre travail de mémoire. Merci beaucoup pour eux et pour le blog en général.

    Renaud

     
    • Georges Daras

      20 janvier 2012 at 11:58

      Bonjour Renaud,

      Merci pour votre marque d’intérêt. C’est ce qui m’encourage à poursuivre l’aventure de ce blog!
      J’en profite pour vous signaler un article que je viens d’éditer consacré à la figure de Rahab.

      Cordialement,
      Georges

       

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