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La science: alliée naturelle de l’athéisme?

31 Oct

Dans l’introduction de son livre Dieu existe. Arguments philosophiques (éditions du Cerf, 2013; voir ma présentation de l’ouvrage), Frédéric Guillaud répond à trois « objections de principe » soulevées contre l’existence de Dieu, à savoir: le réductionnisme, le matérialisme et le fidéisme. L’argumentaire est serré, bien ficelé; nombre d’éléments abordés ici sont repris et approfondis dans les 400 pages du livre. Cet aperçu ne peut donc être que très modeste.

La thèse réductionniste

Pourquoi on croit en Dieu« Pourquoi on croit en Dieu. Les étonnantes réponses des neurosciences », pouvait-on lire en couverture d’un numéro du magazine Science & Vie paru en 2002. Cet intitulé est typique de la thèse réductionniste selon laquelle il serait possible de comprendre et d’expliquer les motifs (inconscients) poussant les êtres humains à croire en Dieu. En l’occurrence, dans ce numéro de Science & Vie, il était question des neurosciences. Nulle nécessité d’en appeler à une quelconque révélation divine, la croyance en Dieu serait le fruit de notre « machinerie cérébrale ». L’existence de Dieu est une illusion (on se rappellera du livre de Freud, L’avenir d’une illusion). Le réductionnisme invoque également d’autres facteurs explicatifs: moraux, psychologiques, sociologiques, biologiques (évolutionnisme), etc.

Que répond Guillaud à cette thèse?

Ces explications ne sont pas à rejeter. Au contraire, elles « apportent d’intéressants éclairages sur les motifs inconscients qui nous portent à croire en Dieu » (p. 9). Toutefois, « elles ne nous donnent aucune lumière sur la question de savoir si Dieu existe ou non » (ibid.). Autrement dit, le réductionnisme ne s’occupe que du sujet croyant, non de l’objet présumé de sa croyance. En bref, et pour reprendre le sous-titre que Guillaud attribue à cette première thèse: « L’objection réductionniste est sans rapport avec la question. »

La thèse du matérialisme scientiste

« Pour moi, rien n’est inconnaissable. C’est un terme que j’ai depuis longtemps exclu de mon vocabulaire. » (le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux dans Ce qui nous fait penser, p. 187, en dialogue avec le philosophe Paul Ricœur)

Selon la thèse du matérialisme scientiste, jusqu’à preuve du contraire, « il n’existe rien d’autre que ce que les sciences physiques mathématisées sont capables de connaître. Autrement dit: rien d’autre que la matière telle que la science la décrit » (Guillaud, p. 11). À l’instar de la thèse réductionniste, la science suffit à « expliquer tout ce qui a besoin de l’être » (p. 9). Dieu est une hypothèse inutile; la question de son existence ne se pose plus.

Pour Guillaud, l’affirmation selon laquelle « il n’existe pas d’autre vérité que scientifique » est fausse. Voyons certains de ses arguments.

Premièrement, elle est contradictoire car rien ne permet d’établir scientifiquement que « la science physique mathématisée [serait] la seule forme de connaissance légitime » (p. 11). Ensuite, elle est trop restrictive: l’existence du monde, l’intelligibilité de la nature, les principes fondamentaux de la logique, ne sont pas explicables par la science. Leur vérité est présupposée, si bien qu’une « proposition peut avoir un sens et être vraie, sans être l’objet d’une vérification expérimentale » (p. 12, l’auteur met en italiques). Autrement dit: le domaine du rationnel dépasse le champ couvert par la science physique.

Deuxièmement, la deuxième erreur du scientisme matérialiste consiste à « affirmer que le réel se réduit tout entier à l’aspect quantitatif des choses qui, de fait, est le seul objet de la science mathématisée » (p. 14). Guillaud prend l’exemple des neurosciences: grâce à l’imagerie cérébrale, il est possible de visualiser les sentiments d’un individu de manière objective. Il importe toutefois de ne pas se leurrer: ce n’est pas le sentiment qui est ainsi observé, c’est-à-dire la « dimension d’intériorité » (subjective) de l’individu, mais son « corrélat neuronal », c’est-à-dire la « dimension d’extériorité » (objective), la seule accessible aux instruments de la science. Guillaud prévient qu’il serait illusoire de tabler sur les « progrès de la science » pour combler le fossé entre ces deux dimensions, car il y a impossibilité de principe. Cela vaut également pour la conscience, qui ne peut se réduire, comme pourrait le soutenir le scientisme, à ce qui se passe dans le cerveau au niveau physico-chimique. « La réalité qualitative et subjective de la conscience est un trait indérivable, une propriété intrinsèque qu’il est impossible de réduire ou d’expliquer par autre chose qu’elle-même. Il faut donc affirmer l’existence irréductible d’une réalité non-physique – au sens du moins où la science entend ce terme. [… Le] réel n’est pas épuisé par ce qu’en dit la science mathématisée. » (p. 16, l’auteur souligne)

La thèse fidéiste

Emmanuel Kant

Selon le fidéisme, point de vue le plus représenté actuellement, l’existence de Dieu est « hors de portée de la connaissance rationnelle » (p. 17), indécidable objectivement, limitée à la sphère subjective et aux impressions de chacun. Cette opinion s’enracine dans la pensée d’Emmanuel Kant, d’après laquelle il faut distinguer entre, d’une part, les « phénomènes » se déroulant dans l’espace-temps, accessibles et connaissables, et, d’autre part, les « choses en soi », la nature des choses, ainsi que les causes et les dimensions ultimes du réel (le « sens », les « valeurs » et « Dieu » lui-même), qui ne relèvent pas « de la connaissance objective mais de l’interprétation du monde » (p. 18).

Cette thèse est la plus difficile à réfuter. Guillaud y consacre la première partie de son livre (p. 31–89). Il émet toutefois quelques arguments dès l’introduction.

Premièrement, sans pour autant affirmer que « le réel se réduise à ce que la science en dit » (p. 18), cette thèse reprend à son compte l’idée du scientisme matérialiste qu’il n’existe de connaissance que scientifique. Or, nous dit Guillaud, « toute philosophie qui soutient pareille assertion rend impensable le statut et la légitimité de son propre discours, qui prétend être vrai sans être scientifique » (p. 19).

Deuxièmement, qu’il soit selon cette thèse impossible de sortir de la sphère des phénomènes sensibles n’empêche pas la science d’inférer à partir des choses sensibles l’existence « d’une foule d’entités » inobservables (forces, champs, etc.). Faisant de l’argument de Guillaud une question, on se demandera alors pourquoi exclure a priori « qu’une telle inférence puisse nous conduire à démontrer l’existence d’une cause première toute-puissante, que l’on appellerait “Dieu” et dont le monde serait un effet » (p. 19).

Enfin, troisièmement, renvoyant les opinions métaphysiques et l’affirmation de Dieu à « la seule conviction subjective » (p. 20), le kantisme tend à saper toute possibilité de débat, qui se trouve remplacée par le respect et les bons sentiments. Guillaud rappelle à juste titre que le respect est dû aux personnes, non aux choses dont les opinions font partie et qui doivent donc être soumises à examen. Athées et croyants seront sans aucun doute d’accord sur ce point: « Les convictions valent ce que valent leurs justifications. » (p. 20)

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9 Commentaires

Publié par le 31 octobre 2013 dans Athéisme

 

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9 réponses à “La science: alliée naturelle de l’athéisme?

  1. penseesdunemusulmane

    31 octobre 2013 at 16:23

    Très intéressant comme article. J’aime beaucoup vos résumés de livres.

     
    • Georges Daras

      31 octobre 2013 at 16:42

      Merci beaucoup! En fait, je n’ai fait que présenter certains éléments de l’introduction. J’aurais énormément de peine à vraiment résumer tout le livre tellement il est foisonnant. Par contre, je vais essayer d’en faire une petite présentation générale [edit: c’est fait].

      À bientôt! 😉

       
  2. YiahiA

    2 novembre 2013 at 20:30

    Bonsoir.
    C’est effectivement intéressant comme résumé, mais le propos de l’auteur me semble assez partial. Son but étant de sauvegarder la possibilité d’un foi face aux avancées de la science, souci que je veux bien comprendre, mais qui le pousse à minimiser la portée de ces avancées. Se contenter de dire qu’il reste une place pour la validité du discours non-scientifique des sciences, me semble certes acceptable. Par compte je ne vois pas où est prise en compte l’intérêt des prodigieuses avancées des sciences ( les neuro-sciences en particulier) sur le phénomène de la conscience. Elle me semble , au sortir de ces études, beaucoup moins libre, autonome, « gratuite » que ce que les philosophes et théologiens en disaient jusqu’ici. L’échapée métaphysique reste certes toujours ouverte, et le restera? mais qu’en est-il de la portée anthropologique et morale de ces nouvelles découvertes ? L’auteur ne parle-t-il ?

     
    • Georges Daras

      7 novembre 2013 at 19:30

      Bonsoir Yiahia,

      Je précise, comme je l’ai fait pour « penseesdunemusulmane » avant toi, qu’il s’agit d’un aperçu de la seule introduction, pas de tout le livre.

      Le but de l’auteur n’est pas du tout de « sauvegarder la possibilité d’une foi », puisque de foi il n’est pas question dans le livre. Son questionnement est strictement philosophique.
      Ensuite, il n’est pas davantage question d’exposer « la portée anthropologique et morale » de telle ou telle science. C’est un autre sujet. Dans son introduction, l’auteur entend seulement écarter la prétention que pourraient avoir ces sciences de clore le débat sur Dieu ou de le rendre obsolète.

      Si le sujet des neurosciences t’intéresse, je te suggère de lire le débat passionnant entre le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux et le philosophe Paul Ricoeur: Ce qui nous fait penser. La Nature et la Règle.

       
  3. rodolphe (posta01)

    5 novembre 2013 at 15:28

    Bonsoir Georges,

    J’ai pris connaissance de votre résumé du livre de Frédéric Guillaud – Dieu existe.
    Je souhaiterais vous faire part de mes modestes commentaires point par point.

    1. La thèse réductionniste.
    Je ne développerai pas cette approche qui relève essentiellement de la méthode scientifique
    et qui ne concerne pas uniquement les sciences exactes. Je note toutefois que l’objection faite par Frédéric Guillaud à propos de l’utilisation qui est faite de cette méthode dans le cadre de l’étude du sujet croyant sans considération de l’objet de sa croyance (pas nécessairement religieuse d’ailleurs) n’est pas fondée.
    En effet, il oublie au passage qu’une croyance se définit avant tout en tant que processus mental et pas en fonction du concept produit.
    >> Pour comprendre le fonctionnement d’une voiture, on ne s’intéresse pas aux différentes destinations vers lesquelles elle est susceptible de nous mener !
    >> Etudier la croyance au Père Noel n’implique pas de rechercher le Père Noel.

    2. La thèse du matérialisme scientiste.
    Pour Guillaud, l’affirmation selon laquelle « il n’existe pas d’autre vérité que scientifique » est fausse. Examinons les arguments invoqués.

    21. « Rien ne permet d’établir scientifiquement que « la science physique mathématisée serait la seule forme de connaissance légitime. Le domaine du rationnel dépasse le champ couvert par la science physique. »

    Les limites de la science ne relèvent pas tant de sa capacité à produire des explications rationnelles sur le monde que de son aptitude à se prononcer sur les valeurs. (le bon, le juste, le beau…) Ce n’est tout simplement pas son rôle.
    Pour autant, les sciences exactes (dîtes « dures ») ne sont pas les seules à produire de la connaissance objective. Ce serait faire l’impasse sur l’ensemble des sciences humaines (arts, sociologie, économie, politique, histoire, anthropologie, sciences cognitives, etc…) qui sont autant de domaines sur lesquels la science peut se prononce d’ailleurs de façon fructueuse.
    Remarque : s’agissant de la physique et de la chimie, on devrait plutôt parler de sciences « presque » exactes si l’on considère les modèles utilisés qui ne sont qu’une approximation de la réalité.
    >> Dans tous les cas, et jusqu’à preuve du contraire, la notion de transcendance n’est nullement requise pour expliquer le monde et le phénomène humain dans toute sa dimension
    culturelle, y compris dans sa dimension sensible.
    Par exemple, les couleurs n’existent pas dans la nature, elles ne sont que la représentation interne, donc personnelle – mais pas si subjective que ça puisqu’il est possible de montrer objectivement que tous les individus normalement constitués réagissent de manière similaire lorsqu’on leur demande d’identifier des couleurs – que nous avons de la partie du spectre lumineux compris dans la gamme de longueur d’ondes comprises entre 390 et 790 nanomètres. Et c’est la même chose pour les sons, les odeurs, notre sens tactile, notre perception du temps, de l’espace…

    « Les principes fondamentaux de la logique, ne sont pas explicables par la science. Leur vérité est présupposée, si bien qu’une proposition peut avoir un sens et être vraie, sans être l’objet d’une vérification expérimentale. »
    C’est toute la différence entre un postulat et un dogme.
    Autant le premier (que l’on ne s’interdit pas d’ailleurs de démontrer plus tard) s’appuie toujours sur une forme d’expérience, autant le second ne relève que de l’assertion indémontrable mais considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse qui emploiera dans certains cas la force pour l’imposer.

    22. « La deuxième erreur du scientisme matérialiste consiste à affirmer que « le réel se réduit tout entier à l’aspect quantitatif des choses qui, de fait, est le seul objet de la science mathématisée. » »

    Cet argument pouvant se ramener au 1er, je ne vois pas en quoi cette proposition constituerait un 2ème argument.

    3. La thèse fidéiste.
    Guillaud se situe ici clairement sur le terrain philosophique, donc de l’opinion.
    Or, ce que nous dit la science (et pas le matérialisme philosophique), ce n’est pas tant que Dieu n’existe pas mais que Dieu est inconnaissable, donc inutile dans toute investigation rationnelle du monde.
    >> Comme disait Euclide il y a plus de 2000 ans :
    « Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve. »

    Dans l’attente de vos pertinentes remarques.

    Rodolphe (posta01)

     
    • Georges Daras

      8 novembre 2013 at 23:43

      Bonjour Rodolphe,

      Tout d’abord, je précise que l’article n’est pas un résumé du livre mais un aperçu de l’introduction.

      1. Guillaud ne reproche pas au réductionnisme de ne pas considérer l’objet de la croyance de l’individu. Il dit simplement qu’il est impossible au réductionnisme de le faire, et donc que l’existence de Dieu n’est nullement remise en cause par cette approche, comme certains scientistes pourraient le penser.

      2.1. Je n’arrive pas à saisir la pointe de votre argument. Guillaud veut simplement montrer que nous ne connaissons pas tout uniquement grâce au discours scientifique. Il est précédé par des postulats indémontrables, il fait partie du champ du rationnel sans se confondre en totalité avec lui. Par conséquent, il est hors de portée du matérialisme scientiste de trancher la question de l’existence de Dieu, comme certains scientistes pourraient le penser. Quant à l’existence d’une transcendance (disons simplement: de Dieu), le livre entier de Guillaud tend à démontrer que l’existence de Dieu est une thèse bien plus probable que l’athéisme. Enfin, Guillaud élabore ses arguments sans référence aux dogmes.

      2.2. Il peut effectivement y avoir des résonances entre les différents arguments. Toutefois, dans « premièrement », Guillaud pointe une contradiction interne, tandis que dans le « deuxièmement », il est davantage question du réductionnisme propre au matérialisme scientiste, que l’on retrouve évidemment dans tout excès réductionniste.

      3. La « philosophie » n’est pas l' »opinion », elle permet de formuler des opinions plus ou moins bien argumentées, justifiées rationnellement, sachant que le rationnel n’équivaut pas au scientifique. Ensuite, la question n’est pas de savoir si Dieu est connaissable ou pas, mais de savoir si le monde tel que nous le connaissons se suffit à lui-même, s’il a pu se créer tout seul, etc. Non, nous dit Guillaud, et son livre est dédié à cette question. Vous trouverez par ailleurs un large aperçu de son contenu dans la table des matières complète visible sur cette page de mon site: https://exegeseettheologie.wordpress.com/2013/11/07/dieu-existe/

      Cordialement,
      Georges

       
  4. posta01

    9 novembre 2013 at 15:49

    Bonjour Georges,

    Je note que Guillaud prend bien garde de ne pas avancer des preuves mais des arguments
    en faveur de l’existence de Dieu. Et la raison en est simple: « Dieu est inconnaissable ».

    Sur cette base nécessaire et suffisante, toute tentative consistant à vouloir montrer ou démontrer « positivement » l’existence de Dieu s’avère donc illusoire.
    Pour autant, une conséquence de cette proposition et souvent mal acceptée dans les milieux croyants est celle consistant à considérer qu’une absence de preuves amène à considérer la preuve de l’absence. Et ce n’est pas faute d’avoir cherché, dans des domaines aussi divers que la physique, la chimie, la biologie, la cosmologie ou encore les phénomènes humains où jamais Dieu n’a pu être mis en évidence. Par ailleurs, les lacunes de la science utilisées par certains pour justifier l’existence d’une divinité à l’oeuvre dans l’Univers (le Dieu bouche-trou) sont régulièrement comblées au fur et à mesure de l’avancement de la connaissance.

    « L’objection réductionniste est sans rapport avec la question. »
    Je maintiens que cette proposition de Guillaud n’est pas fondée, tout au contraire et pour la raison suivante que j’ai déjà évoquée: une croyance (pas nécessairement religieuse) ne s’étudie pas en considérant l’idée produite mais pour ce qu’elle est, c’est à dire un processus mental.
    En l’occurence, nous évoquons là un processus expérimenté par un sujet qui adhère dogmatiquement à une thèse.
    >> Non seulement le réductionnisme identifie clairement la cible mais apporte des explications nécessaires et suffisantes.

    Quelques arguments qui montrent « négativement » en quoi Dieu est une hypothèse erronée:
    (l’absence de preuves comme preuve de l’absence)

    1. L’argumentaire fondé sur la logique appliquée aux attributs divins et ses conséquences.
    C’est par exemple, la famille de paradoxes dits de l’omnipotence dont vous trouverez une version
    sur votre page « Questions et commentaires ».
    (« Dieu pourrait-il créer une pierre si lourde qu’il ne pourrait la soulever ? »)
    La résolution de ce paradoxe en voulant sauver la propriété d’omnipotence aboutit à une impossibilité fondamentale.
    Si Dieu n’est pas tout-puissant, ce n’est donc plus Dieu !

    On pourrait citer également une propriété conférée à Dieu qui est de ne pas mentir.
    Or, l’absence de preuves indiscutables de son existence amène à penser que si Dieu existe, il ment par rétention d’informations.
    Si Dieu ment, ce n’est donc plus Dieu !

    2. L’argumentaire scientifique.
    Si Dieu existait, on devrait s’attendre à observer des phénomènes surnaturels. (violation des lois connues de la physique – loi de conservation de l’énergie par exemple) or ceci n’a jamais été constaté.

    Cordialement.

    Rodolphe (posta01)

     
    • Georges Daras

      10 novembre 2013 at 22:24

      Bonjour Rodolphe,

      Je suis d’accord avec vous, peut-être pas toujours pour les mêmes raisons, pour dire que l’on ne peut pas prouver l’existence (ou l’inexistence) de Dieu, dans le sens expérimental, scientifique du terme. Ce serait à la fois impossible, puisque pas à la portée de la science, mais aussi absurde, car Dieu ne serait plus Dieu mais un élément du monde. Par contre, à défaut de pouvoir parler de preuve, je pense qu’il est possible de juger de la vraisemblance et du degré de probabilité d’une hypothèse sur la base d’une argumentation tout à fait rationnelle. C’est ainsi que Guillaud en vient à conclure que l’existence de Dieu est beaucoup plus probable que ne l’est l’athéisme.

      Ensuite, vous avez raison de dénoncer la dérive argumentaire du dieu « bouche-trou ». Même si tous les « trous » de notre ignorance ne peuvent par principe être tous comblés par le développement des connaissances scientifiques, il n’en demeure pas moins que Dieu ne peut pas servir à combler des ignorances scientifiques.

      Ensuite, vous dites que la croyance est un processus mental. En quoi est-ce en rapport avec la question de l’existence de Dieu?

      Votre point 1: J’ai déjà répondu au paradoxe que vous m’avez soumis à la page « questions et commentaires ». Vous pouvez me répondre sur cette page-ci afin de ne pas s’éparpiller d’une page à l’autre. J’ajouterai que ni l’omniscience ni le fait que Dieu ne puisse mentir ne sont en rapport avec la question de son existence. Je pense que vos paradoxes tiennent davantage du sophisme tellement ils me paraissent simplistes.

      Votre point 2 est une pétition de principe. Je ne pense pas, pour ma part, que l’existence de Dieu implique l’observation de phénomènes surnaturels. D’ailleurs, si de tels phénomènes existaient, ils seraient par définition scientifiquement indétectables, c’est-à-dire hors de portée du champ que couvre l’investigation scientifique. Je vous rappelle que Guillaud ne fait nullement référence au surnaturel, mais à la raison, à l’apport des sciences et à l’expérience. Restons-donc sur ce terrain-là.

      Cordialement,
      Georges

       
  5. posta01

    11 novembre 2013 at 12:59

    Bonjour Georges,

     » Vous dites que la croyance est un processus mental. En quoi est-ce en rapport avec la question de l’existence de Dieu ?  »

    Une des caractéristiques du type de croyance qui nous intéresse est précisément d’être invérifiable. En d’autres termes, son objet ne peut faire l’objet d’aucune investigation objective.
    (Dieu est un concept indécidable)
    Or, l’étude du phénomène de la foi dans toutes sa dimension anthropologique et aussi grâce aux sciences cognitives apporte des réponses à la fois nécessaires et suffisantes à cette situation.
    (l’explication de la croyance en Dieu n’implique pas son existence)

    Concernant mon point 2, je tenais juste à souligner que l’absence de phénomènes constatés qui violeraient les lois de la physique (et contrairement à ce que vous dîtes, de nombreuses situations seraient tout à fait détectables) va plutôt dans le sens d’une preuve de l’absence.
    Ref: Victor Stenger – Dieu, l’hypothèse erronée (les preuves cosmiques – p149)

    Au plaisir,

    Rodolphe (posta01)

     

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