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Influences littéraires

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b) « Influences littéraires » (chap. 7)

Letdans ce chapitre, l’auteur dresse des parallèles entre des récits du Nouveau et de l’Ancien Testaments: fuite en Égypte/Exode, tempête apaisée/Jonas, guérison miraculeuse/guérison du fils de Rabban Gamaliel (Talmud). Il est d’abord intéressant de relever que le chapitre s’ouvre et se clôt par la répétition du mot « manie »: « manie du chiffrage » (p. 60), « manie de la référence biblique » (p. 66). On voit dans quel état d’esprit M. Bourgeois mène son enquête. Quel genre d’objectivité peut-il découler de cette constante irritation face aux sources?

Quelles sont les remarques et les critiques faites par l’auteur? Nous résumons en trois points:

♦ Les éléments du récit de la fuite en Égypte sont tirés du livre de l’Exode; les personnages accomplissent des prophéties; « Matthieu ne dit rien du séjour en Égypte ». Donc: « […] il s’agit d’une péripétie inventée pour des raisons théologiques […] » (p. 62).

♦ Les « préoccupations religieuses deviennent tellement envahissantes qu’on peut se demander si les auteurs des évangiles avaient encore le moindre souci de raconter une histoire vraie » (p. 60).

♦ « Cette manie de la référence biblique révèle les intentions ou les méthodes des auteurs des évangiles mais cela ne plaide vraiment pas en faveur de la réalité de ces histoires. » (p. 66)

Il y a des choses très intéressantes à dire à ce sujet.

28. M. BOURGEOIS SE MÉPREND QUAND IL PENSE QUE CE QUI N’EST PAS HISTORIQUE NE PEUT ÊTRE VRAI NI RÉEL****Deux termes sont à relever: celui de « vérité » et celui de « réalité », tous deux relatifs aux « histoires » racontées dans les évangiles. L’auteur réduit manifestement la notion de vérité à celle d’exactitude des faits, comme quand on parle de vérité historique. Cela vaut également pour le terme de « réalité »: est réel que ce qui a une dimension historique et factuelle. Pourtant, bien des fois, l’auteur répète que certains récits sont élaborés pour des raisons théologiques. Ne lui vient-il donc pas à l’idée qu’il puisse y avoir des vérités d’ordre théologique ou symbolique, existentiel ou de l’ordre de la foi? Pourtant, c’est bien ce qu’implique le constat de M. Bourgeois, auquel il ne semble pas vouloir prêter grande attention ni compréhension. Pour lui, dire que les récits sont modulés ou « inventés » en fonction de « préoccupations religieuses » signifie qu’ils ne rapportent rien de « vrai », rien de « réel ». Ce qui est absurde, puisque les évangélistes écrivent ce qu’ils écrivent pour transmettre quelque chose qu’ils considèrent comme vrai et tout à fait réel, mais pas dans le sens restreint où l’entend M. Bourgeois. Sinon, pourquoi écriraient-ils? De quoi témoigneraient-ils? Quelle serait leur motivation? Donc, au lieu de parler d’histoires vraies et réelles, M. Bourgeois aurait dû préciser ce qu’il entend par là, à savoir uniquement des faits historiques.

29. LES RELENTS DE FONDAMENTALISME DONT NOUS PARLIONS****Il faut noter que l’idée selon laquelle la notion de vérité doit forcément et nécessairement comporter une dimension d’historicité factuelle est propre aux fondamentalistes. Par exemple, pour que l’histoire d’Adam et Ève soit reconnue comme vraie, il faut nécessairement qu’ils aient historiquement existé, sinon il s’agit de mensonge (la polarité vérité-mensonge est très prisée par les fondamentalistes, y compris les évangéliques). La non historicité d’un récit est même considérée par beaucoup comme une faute morale attribuable à Dieu (Dieu ment). Il ne leur vient pas à l’idée qu’un récit ayant une dimension mythique puisse exprimer et transmettre certaines vérités théologiques et existentielles. Non seulement qu’il puisse le faire, mais le faire bien mieux qu’aucune autre forme d’expression. Dès lors, le considérer comme un récit historique serait ne pas le comprendre et en tordre la portée. La plupart des athées tombent dans le même piège, comme c’est le cas de M. Bourgeois. Nombre de monuments littéraires ayant façonné notre civilisation ne sont pas des œuvres historiographiques. Va-t-on pour autant en déduire qu’ils ne contiennent rien de vrai et ne disent rien de réel?

Quoi qu’il en soit, il n’y a aucune raison valable avancée par M. Bourgeois lui permettant d’affirmer que tout ce qui est dans les évangiles est inventé, y compris ce dont ils prétendent témoigner et qui constitue le centre de leurs préoccupations, à savoir Jésus-Christ.

* * *

Suite: Jésus a-t-il été entièrement construit à partir de l’Ancien Testament?

 

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