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Conclusion

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Conclusion (générale)

Lettrine On ne sait parfois déterminer si M. Bourgeois en veut aux évangiles ou aux critères ou aux deux. Dans son livre, il accuse tour à tour les spécialistes, les évangiles et les critères. Les évangiles d’invraisemblances, de contradiction, de mépriser les faits, d’abuser du symbolisme, etc.; ailleurs, il s’en prend aux spécialistes, bardés de doctorats, menteurs, soumis au Vatican, font de la religion et de la désinformation sous couvert de science, s’emploient aveuglément et malhonnêtement à escamoter les problèmes qui pourraient les faire douter, etc.; dans la dernière partie, c’est aux critères qu’il en veut: faibles, accablés d’objections, défaillants, inconsistants, etc. Plus rien ne semble tenir debout. On vient aussi de voir que pour M. Bourgeois les critères ne permettent pas d’assurer l’authenticité des évangiles. Je ne comprends pas comment dans cette situation, avec l’aveu de ce manque d’assurance, M. Bourgeois peut nous assurer que « Jésus est un des multiples avatars de la spéculation juive sur le Messie, que Jésus a été inventé pour des raisons théologiques en dehors de toute vraisemblance » (p. 7), « qu’il n’est pas un personnage réel » (p. 53) mais « le fruit de l’espoir de salut du peuple juif » (p. 159), une « invention » (titre du livre).

* * *

Annexe I: contexte historique

Je passe.

Annexe II: De la preuve

M. Bourgeois montre dans son livre, explicitement et implicitement, qu’il tient l’inexistence de Jésus pour acquise, contrairement à ce qu’est censé transmettre ce petit dialogue sur l’existence du Père Noël illustrant l’impossibilité de prouver que quelque chose n’a pas existé.

Annexes III à V

Je passe.

Lexique

Crise moderniste (extrait, p. 192): « La « méthode historico-critique » reçoit l’approbation de l’Église [catholique] et devient la norme dans l’enseignement catholique. Les institutions protestantes suivront le même chemin. » C’est une erreur. La méthode historico-critique a été mise au point en protestantisme, et devance donc de loin l’Église catholique.

Docétisme (extrait, p. 193): « cette hérésie ancienne et répandue affirmait que l’humanité de Jésus n’était qu’une apparence, que Jésus n’était pas un homme. Il est surprenant de voir à quel point certains anciens Chrétiens étaient mal renseignés sur Jésus. » C’est faux. Il faut bien comprendre que le docétisme n’est pas une affaire de « renseignement » mais représente une position théologique délibérée. Un docète convaincu qui aurait côtoyé Jésus n’aurait pas un avis différent sur lui.

Inspiré, inspiration (extrait p. 194): « Il se trouve que la majorité des spécialistes acceptent l’intervention divine dans leur étude du Nouveau Testament. » C’est une affirmation fort contestable. M. Bourgeois ne donne aucun exemple concluant ni ne critique dans son livre cette majorité de spécialistes censée agir de la sorte. Son renvoi au livre de Raymond Brown (p. 66-69 avec la note 22) n’est pas pertinent. Dans cette section, Brown expose la « théorie de l’inspiration » et ce qu’elle est susceptible de représenter pour des chercheurs de différents arrière-plans religieux, philosophiques et théologiques (catholiques, protestants, fondamentalistes, libéraux, etc.). Il ne s’agit nullement d’intégrer cette doctrine dans les recherches historiques et critiques. Quand Brown parle de « l’interprétation de l’Écriture », c’est au sens très large qui inclut son actualisation et sa portée pour les chrétiens d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas de la discipline exégétique et historique que Brown accepte parfaitement et met par ailleurs en pratique dans ses publications scientifiques. Il est toutefois vrai que plus d’un lecteur pourrait s’y tromper. Je peux moi aussi avoir mon avis sur l’inspiration, sans pour autant l’avoir laissé transparaître dans ma critique du livre de M. Bourgeois, parce qu’il n’a rien à faire dans le domaine de la recherche archéologique et historique des sources.

Transmission (extrait, p. 197): « une invention fidèlement transmise reste une invention. » No comment!

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3 réponses à “Conclusion

  1. Michel Louis Lévy

    20 mai 2010 at 21:59

    Je suis très mal à l’aise avec tout cela, parce qu’il n’est nulle part question de la langue, hébraïque pour l’essentiel de l’Ancien Testament, grecque pour le Nouveau. Pourquoi le nom de Jésus est-il en grec celui de Josué ? Pourquoi Messie vient-il de « Mashia’h », l’Oint ? pourquoi Jésus descend-il de David, « Daoud », le bien-aimé du Cantique des Cantiques ? Pourquoi les noms de Quirinius et de Simon de Cyrène assonnent-ils avec « Qeren », rayonner en hébreu, qui a donné les « cornes » de Moïse chères à Thomas Römer ? etc. etc. Nous sommes à la Pentecôte, les Apôtres inversent le récit de la Tour de Babel. Qui en parle ?

    Je m’efforce dans le blog de « Judéopédia » (qui accepte aussi les commentaires) de montrer combien enrichissant est le déchiffrement de la Bible en hébreu, et je me réjouis de voir les liens de ce blog-ci vers Akadem, Sefarim, Melamed, Lamed… A bientôt.

     
    • exégèse et théologie

      21 mai 2010 at 11:08

      Je peux comprendre votre sentiment étant donné que vous abordez le sujet à travers l’approche que propose M. Dubourg, approche que j’ai par ailleurs commencé à explorer grâce au lien qui m’a été procuré. Il est évidemment trop tôt pour me prononcer à ce sujet. Néanmoins, mes quelques incursions ont provoqué ce que vous avez dû ressentir en me lisant, mais pour d’autres raisons. Quelles sont-elles?

      Premièrement, si l’approche de Dubourg doit souffrir d’une faiblesse, ce n’est pas en raison du substrat hébraïque qu’il postule, mais dans la manière dont il l’exploite.

      Deuxièmement: après avoir parcouru le premier chapitre, je me suis rendu dans la partie de son ouvrage où il est question de Paul, histoire d’entrer un peu dans le vif du sujet. J’y ai lu ce que Dubourg écrit sur le nom de Saul. À mes yeux, Dubourg n’est pas convainquant sur ce point. Ma première impression se résume en deux mots: hasardeux et forcé. La compression entre « faire » et « tente » qui en hébreu donnerait Saül l’illustre fort bien. Pareil pour le rapport antre la racine du nom Saül « demander, interroger » et les péripéties du personnage dans le livre des Actes. Il s’agit bien sûr d’une première impression.

      Troisièmement: paraît suspect à mes yeux cet usage de la Septante qui fait quelque peu office de « décodeur » du grec du NT. A priori suspect. Première impression.

      Je m’arrête là pour le moment, bien que j’ai d’autres problèmes en vue et non des moindres. J’espère bientôt pouvoir plus amplement faire connaissance avec le livre de M. Dubourg – dans lequel je suppose trouver pourquoi « David », pourquoi « Jésus », pourquoi « Simon de Cyrène » – afin d’y consacrer un article consistant. Quant à la Pentecôte/Tour de Babel, c’est un lieu commun depuis l’époque des Pères de l’Église, souvent repris par les commentateurs.

      C’est avec plaisir que je me rendrai sur Judéopédia.

      Cordialement

       
  2. Béréenne attitude

    13 novembre 2016 at 16:57

    Bonjour,
    J’ai retrouvé votre blog très récemment. Je commence de le parcourir. A première vue, il est objectif. Je cherche un peu où vous en êtes arrivé, et d’où vous êtes parti, votre plus grande proximité avec Dieu, qui vous a poussé à faire de telles recherches. Est-ce que vous avez fait un petit résumé de vos conclusions personnelles. Si je vous dis par exemple, Dieu, diable, bien, mal, église, chrétien, cela apporte quelle raisonnance chez vous?

     

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