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Éléments de méthodologie pour la rédaction de travaux de niveau universitaire

15 Fév

Aplusieurs reprises, certains professeurs ont exprimé leur consternation face à des travaux d’étudiants (Ba 3 et Master) présentant des défauts de forme en dessous du seuil de tolérance. C’est pourquoi je souhaite proposer à ces étudiants, mais aussi à tous ceux qui sont intéressés, quelques conseils basiques et sans grande prétention pour améliorer la qualité de leurs travaux et ainsi les rendre conformes aux exigences académiques. En fin d’article, je présenterai également quelques notions élémentaires de typographie pour éviter certaines erreurs courantes que l’on retrouve même chez des éditeurs professionnels.

Encore deux précisions : d’abord, comme la plupart d’entre nous, je ne suis pas un expert en logiciel de traitement de texte Word (que j’utilise). Disons que je me débrouille. Ce qui ne m’empêche pas de produire des travaux selon les normes requises. Ensuite, certains éléments que je proposerai reflètent ma manière de faire, sans pour autant constituer une règle à suivre. Sentez-vous libres. Vos conseils pour l’amélioration de l’article sont évidemment bienvenus!

_____________________________

Sommaire

Généralités
Citations
Références bibliques

Remarques

Notes de bas de page

Premier modèle
Second modèle

Bibliographie
Remarques pratiques et esthétiques

***

Éléments de typographie

Quelques abréviations
Les capitales
Une remarque de grande importance
Encore quelques erreurs

Conclusion

_____________________________

Généralités

Format de page : A4.

Police de caractère : Times New Roman.

Taille de la police : 12.

Interligne : simple (1,2 est toutefois préférable) ou 1,5 selon l’exigence du professeur.

Texte : justifié (permet d’étirer le texte d’une marge à l’autre).

Il est souhaitable de créer des alinéas pour distinguer les paragraphes. Il n’est pas nécessaire de mettre des espaces entre les paragraphes. Pour éviter de morceler un texte par de trop nombreux sous-titres, il m’arrive de mettre un espace entre des blocs de texte pour marquer une pause.

Citations

 Quand la citation est courte, elle peut se faire dans le corps du texte, entre des guillemets (guillemets français  [« »]).

 Quand la citation est plus conséquente (plus de trois ou quatre lignes), il est nécessaire de la mettre en retrait et de réduire la police de deux unités (12 → 10), c’est-à-dire ni trop (trois unités) ni trop peu (une unité). Les guillemets ne sont plus requis.

 Quand dans une citation il existe déjà une citation, cette dernière doit prendre des guillemets anglais [“ ”]. En anglais, on trouvera pour la citation les guillemets anglais, et pour la citation à l’intérieur du texte cité des guillemets simples [‘ ’].

En résumé : modèle français  [« “ ” »] :

modèle anglais  [“ ‘ ’ ”]:

Parfois, on rencontre un mixe des deux [« ‘ ’ »], à éviter:

 Il arrive que des guillemets aient la forme de traits verticaux:

Ils étaient utilisés pour des raisons pratiques au début de l’ère informatique. Mais ce ne sont pas de vrais guillemets, mais le signe typographique pour les secondes (un trait pour les minutes). Pour plus de détails, voir la section « Éléments de typographie ».

 Une question que l’on s’est sans doute déjà posée est : où placer le point? Quand la citation ne se trouve pas dans une phrase, le point se place avant le guillemet fermant (exemple 1 ci-dessous). Quand la citation fait partie d’une phrase (à condition qu’elle soit située à la fin), le point se place après le guillemet fermant (ex. 2). Quand une citation suit le deux-points [:], le point (qui peut être aussi d’interrogation ou d’exclamation) se place avant le guillemet fermant (ex. 3). Enfin, il n’est pas conseillé de doubler le point final quand il en existe déjà un avant le guillemet fermant (ex. 4).

1. « Jeanne leur a dit que dimanche ils sont invités à la fête. »

2. Jeanne leur a dit que « dimanche ils sont invités à la fête ».

3. Jeanne leur a dit: « Dimanche, vous êtes invités à la fête. »

4. Jeanne leur a dit : « Dimanche, vous êtes invités à la fête. » (et non: «… à la fête.».)

 Quand une citation est abrégée, on remplace le texte non cité par des crochets: […]. Si l’on veut apporter une précision nécessaire à la compréhension de la citation, on la place entre crochets, comme dans l’exemple:

Références bibliques

Il existe trois modèles. On retrouve le premier notamment dans les publications anglophones. Le second est très répandu dans les publications francophones. Enfin, le troisième est plus rare mais il a ma préférence (il est aussi adopté par la NBS). En fait, la différence principale se situe à la séparation entre chapitres et versets.

Séparation chapitres/versets. La première option sépare les chapitres des versets par un deux-points: Gn 1:26. La seconde option les sépare par une virgule: Gn 1,26. La troisième option les sépare par un point: Gn 1.26.

Séparation versets/versets. il arrive que l’on fasse référence à plusieurs versets dans un même chapitre. Dans le premier et le troisième modèle, ils sont séparés par une virgule: Gn 1:2,4,25 et Gn 1.2,4,25. Dans le second modèle, étant donné que la virgule sert à séparer les chapitres des versets, c’est le point qui est utilisé: Gn 1,2.4.25.

Groupe de chapitres et de versets. Il faut au préalable distinguer le tiret [–] du trait d’union [-] (sensiblement plus court). Pour désigner un groupe de chapitres, on utilise un tiret: Gn 1–11 (= les onze premiers chapitres de la Genèse). Cela vaut également quand la référence inclut des versets: Gn 1.1–3.24 (= de Gn 1 verset 1 à Gn 3 verset 24). Pour désigner un groupe de versets, on utilisera un trait d’union: Gn 1.9-13.

Distinction entre les références bibliques. On utilise dans ce cas un point-virgule [;]: Gn 1.26; 2.14; Ex 8.18. Remarquez que le point-virgule sert autant à séparer les chapitres d’un même livre biblique que les livres entre eux.

Remarques

 Il est important de préciser que dans le contexte des références bibliques les signes de ponctuation utilisés n’ont plus leur fonction de signes de ponctuation. Cela est visible aux espaces. Une virgule prend normalement toujours une espace (féminin en typographie) après elle [abc, abc]. Ce n’est pas le cas dans les références bibliques. Cela vaut également pour le tiret, le deux-points et le point. Seul le point-virgule garde sa valeur de signe de ponctuation, avec une espace avant et après (l’espace d’avant doit en réalité être plus fine que celle d’après, mais je n’entre pas dans les détails).

 Le nom des livres bibliques est toujours abrégé: Genèse = Gn; Deutéronome = Dt; Matthieu = Mt; etc. J’ai remarqué que dans certains cas l’accent était omis s’il commence le mot, comme pour Ésaïe, abrégé par Es. Bonne idée, que je trouve plus esthétique. Bien sûr, la manière d’abréger diffère selon les éditeurs. La règle est cependant la même: être à la fois le plus économique possible mais néanmoins compréhensible. Ainsi, aujourd’hui, les abréviations des livres bibliques sont généralement composées de deux lettres, maximum trois si cela est nécessaire. De plus, on ne met pas de point à ces abréviations, bien qu’en règle générale en typographie cela soit exigé quand la dernière lettre de l’abréviation ne correspond pas à la dernière lettre du mot abrégé (voir plus bas Quelques abréviations).

 Ensuite, il n’est pas interdit d’avoir une touche d’originalité, mais ce n’est pas conseillé dans les travaux. De plus, toutes les idées ne sont pas forcément bonnes. Les éditions Bayard ont choisi de mieux démarquer les chapitres bibliques en agrandissant la taille de la police. J’ai déjà vu d’autres options comme mettre les chapitres en gras ou bien séparer chapitres et versets par un slash [/]. Anciennement, on mettait le nombre des chapitres en chiffres romains, ce qui est, on le comprend, à proscrire absolument de nos jours (ainsi, au lieu de Ps 68 on avait Ps LXVIII ou Gn XLIX pour Gn 49).

 Enfin, on abrège verset(s) par v. (avec le point). Pour marquer le pluriel, les publications doublent le v et obtiennent ainsi vv. Mais je trouve cela inutile, de même que pour l’abréviation de page(s) par p., que les éditeurs ont pris l’habitude d’écrire pp. quand il s’agit de plusieurs pages. C’est tout aussi inutile.

Notes de bas de page

Quand un ouvrage est cité, il faut évidemment en donner la référence et préciser l’emplacement exact du passage cité. Parfois ce ne sera pas une citation, mais un simple renvoi. La règle est la même.

Je vais proposer deux modèles adoptés dans les publications scientifiques. Pour le premier, les références se situent en bas de page; pour le second, plus récent, elles se situent en abrégé dans le corps du texte, les références complètes étant dans la bibliographie.

Premier modèle

Quand un ouvrage est cité pour la première fois, il faut en donner la référence complète, avec la/les page(s) d’où provient la citation. Nous anticipons ici la section « Bibliographie », en donnant les trois types de citation les plus courantes, présentés sous leur forme la plus simple: citation d’une monographie, citation d’article de revue, citation de contribution à un ouvrage collectif.

Note : Le nom de l’auteur doit toujours apparaître en petites capitales, que ce soit en note de bas de page ou en bibliographie.

Monographie : Prénom Nom (petites capitales), Titre du livre, lieu d’édition, éditeur, année, page(s) (abrégé p.).

Article : Prénom Nom, « Titre de l’article » (entre guillemets, sans italiques), Nom de la revue, indication du numéro, année, page(s). Ici, Bib = revue Biblica.

Contribution : Prénom Nom, « Titre de la contribution », in (en latin, ou en français: dans) : (avec ou sans le deux-points) Prénom et NOM du/des directeur(s) d’édition (abrégé dir.), Titre du livre, (la suite comme pour la monographie). Notons qu’ici, les éditeurs de cette revue (d’où est extraite cette note) on choisi de ne pas indiquer de nom d’éditeur. Seule la ville d’édition est indiquée (Tübingen).

 Il peut y avoir plusieurs éditeurs, tout comme il peut y avoir plusieurs auteurs. Il faut tous les signaler. S’il y a plusieurs auteurs dirigeant l’édition d’un ouvrage collectif (parfois 5 ou plus!), il n’est pas nécessaire de tous les nommer. On prend note du premier à quoi on ajoute et alii, ce qui signifie « et autres »:

Plusieurs éditeurs:

Il s’agit ici d’un recueil d’articles de Paul Tillich dont un des articles est cité ici (entre guillemets). Ce recueil est édité par trois éditeurs différents. On remarque le nom et le lieu d’édition. Ils sont ici séparés par des tirets.

Autre modèle que je préfère (avec slashs):

Plusieurs auteurs:

Dans les ouvrages collectifs, les noms qui apparaissent sur la couverture sont les directeurs d’édition (abrégé dir. ou éd.).

 Certains indiquent aussi la collection dans laquelle paraît l’ouvrage. Cela est indiqué après la maison d’édition avec l’abréviation « coll. » suivie du numéro du volume. Il n’est cependant pas absolument nécessaire de la signaler. Néanmoins, cela permet aux connaisseurs de se faire une idée de la nature du livre, en fonction des caractéristiques de la collection dont il fait partie (un peut comme les catégories de romans: classique, policier, thriller, science-fiction, etc.). Ici, collection « Unam Sanctam » numéro 20. Parfois, la collection se trouve à un autre emplacement, entre parenthèses (second exemple).

 Quand un ouvrage est cité à plusieurs reprises, il ne faut pas à nouveau mettre toutes les références, mais simplement le prénom et le nom de l’auteur suivi de op. cit. (en italiques), puis la page d’où est tirée la citation. Cette abréviation latine signale que l’ouvrage a précédemment été cité dans une autre page. Si plusieurs références se succèdent immédiatement, alors l’abréviation requise est ibidem (voir point suivant).

Cependant, j’ai souvent constaté une autre manière de faire. Celle-ci consiste à signaler un ouvrage déjà cité par un raccourci. De même que le signalement de l’auteur ne l’est plus que par le nom. Par exemple:

Première référence:

Références suivantes:

 Quand l’on renvoie au même ouvrage de manière successive, il suffit simplement de mettre ibidem ou son abréviation, ibid. (toujours en italiques).

Il s’agit ici du Cur deus homo (Pourquoi Dieu s’est fait homme) d’Anselme de Cantorbéry.

 Quand l’ouvrage est traduit, on peut le signaler entre parenthèses après l’année d’édition: lieu d’édition, éditeur, année (éd. originale allemande, année d’édition).Dans l’exemple, elle n’est pas entre parenthèses et suit directement le titre. Plusieurs options peuvent être rencontrées. Il est important d’indiquer le traducteur quand il s’agit d’œuvres classiques, anciennes ou modernes, car la plupart de ces œuvres ont été traduites plusieurs fois par différents traducteurs. Par contre, je trouve plutôt accessoire de l’indiquer systématiquement pour des ouvrages n’ayant d’autre valeur que scientifique. Ils sont en général traduits qu’une seule fois, sauf si une traduction a vieilli ou s’avère défectueuse et qu’une nouvelle traduction de l’ouvrage est proposée (c’est le cas par exemple de la théologie systématique de Paul Tillich).

 Quand l’ouvrage est une réédition, on peut signaler l’année de l’édition originale entre parenthèses après l’année de publication : lieu d’édition, éditeur, année (année de l’édition originale). Il est parfois nécessaire de préciser à quelle édition on se réfère, si c’est par ex. une 1re, une 2e, ou une 3e édition, car il se peut que l’une d’entre elles ait été revue, corrigée, augmentée, voire refondue. Cela peut être signalé après l’indication de l’année.

 Il peut y avoir des variantes dans l’indication des prénom et nom de l’auteur. Parfois, seule l’initiale du prénom est indiquée suivie du nom. On rencontre parfois d’abord le nom, puis le prénom entier ou l’initiale après une virgule: Nom, prénom. À chacun de choisir sa propre manière. Mais je pense que le mieux est d’indiquer les deux (voir plus bas: Remarques pratiques et esthétiques).

 Quant aux revues, il faut savoir que chacune d’elles a son propre système de référence. On pourra consulter les différentes revues que je propose en lien pour se familiariser. Il convient d’adopter le système correspondant à chaque revue citée. Par ex., pour la Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuse on a les indications suivantes: Tome, numéro, date. Chaque Tome regroupe les numéros d’une année. Cette revue en compte quatre. On aura par exemple : Tome 89 n° 2, 2009. On pourrait abréger comme suit : 89/2, 2009. C’est le système le plus usuel, avec des variantes formelles, par ex. 89-2 2009 ou 2009/2, T. 89. Certains ajoutent le/les mois d’édition, ce que je ne juge pas forcément utile. Voici quelques exemples (en ignorant les pages):

Études théologiques et religieuses:

Laval théologique et philosophique:

Concilium:

Revue Biblique:

Recherches de science religieuse:

 Le nom des revues s’abrège (plus rarement quand il ne dépasse pas un ou deux mots), à condition d’avoir en début de travail une liste des abréviations. La Revue d’Histoire et de Philosophie Religieuse est abrégée RHPhR. Il s’agit souvent des initiales. Cependant, je pense qu’il est préférable de recourir aux abréviations quand le travail est conséquent (mémoire, thèse).

Quelques cas particuliers:

Dictionnaire en un volume : Prénom et Nom de l’auteur, « l’entrée », dans Dictionnaire untel, lieu d’édition, éditeur, année (indiquer quelle édition il s’agit si nécessaire), page(s).

Dictionnaire en plusieurs volumes : Prénom et Nom de l’auteur, « l’entrée », dans Dictionnaire untel, vol. x, lieu d’édition, éditeur, année, page(s). Parfois, au lieu d’indiquer la page, il faut indiquer les colonnes s’il y en a (abréger « col. »). Pour encore compliquer les choses, certains dictionnaires sont tellement vastes qu’ils ne paraissent que petit à petit sous forme de fascicules. Chaque fascicule a son année d’édition. À la place du volume, on indiquera le n° du fascicule.

Ici, la notoriété de cette encyclopédie rend les références éditoriales accessoires.

Les ouvrages en plusieurs volumes: donnons un exemple concret: Gérard Siegwalt, Dogmatique pour la catholicité évangélique. Système mystagogique de la foi chrétienne, tome II: La réalisation de la foi, vol. 2: Les médiations: L’Église et les moyens de grâce, Paris/Genève, Cerf/Labor et Fides, 1992, p. x. Ceci est un exemple possible. Analysons-le:

– Dogmatique pour la catholicité évangélique. Système mystagogique de la foi chrétienne = titre et sous-titre de toute la Dogmatique de Siegwalt.

– La réalisation de la foi = intitulé du premier tome, qui se compose de deux volumes.

– Les médiations: L’Église et les moyens de grâce = intitulé du 2e volume.

Les dogmatiques comme celles de Karl Barth ou de Gérard Siegwalt se composent de plusieurs tomes, chacun est subdivisé en un certain nombre de volumes. Chez Siegwalt, chaque tome est composé de deux volumes, tandis que chez Barth il y a davantage de volumes par tome (du moins dans l’édition française). Si une citation est reprise du même volume II/2 de Siegwalt, il est possible d’abréger par : Gérard Siegwalt, Dogmatique, op. cit., p. x. S’il s’agit d’un autre volume cité pour la première fois, il faut mettre la référence entière. Pour davantage de clarté, il est conseillé de noter le numéro du tome en chiffres romains.

Voici un exemple trouvé dans un livre (on constate quelques variantes au modèle proposé: titre général abrégé, c.-à-d. sans le sous-titre; tome abrégé par t.; économie de l’indication du volume, seul le chiffre subsiste):

Second modèle

La particularité du second modèle est de ne pas renvoyer en bas de page. Les références aux livres ou aux textes cités sont placées en raccourci dans le corps du texte, entre parenthèses, de telle manière à ce que l’on puisse retrouver dans la bibliographie les références complètes de chaque livre.

Les références en raccourci situées entre parenthèses comprennent généralement le nom de l’auteur, la date de parution de son livre et la page. Par exemple: (Vouga, 1997, 25), ce qui dans la bibliographie correspond à Vouga, François, 1997, Les premiers pas du christianisme. Les écrits, les acteurs, les débats, Genève, « Le monde de la Bible » 13 (p. 25). On aura remarqué que la date se situe à l’avant, juste après le prénom, afin de faciliter l’identification du livre dans le cas où plusieurs seraient attribués à un même auteur. L’indication de la date dans la référence en raccourci permet de savoir quel est le livre cité parmi d’autres livres du même auteur. Si deux livres ont une même années d’édition, c’est très simple, puisqu’il suffit de mettre un petit a, petit b, etc.

Bibliographie

La forme que doivent avoir les références bibliographiques est très proche de ce qui a été dit sur les notes de bas de page, avec toutes les variantes possibles. Il faut toutefois les présenter par ordre alphabétique. La forme de base pour les livres est la suivante:

Nom, Prénom, Titre, lieu d’édition, éditeur, année d’édition.

Le prénom est parfois abrégé. Ce qui est important c’est le nom du ou des auteurs qui permet un repérage rapide et facile. Pour d’autres détails, consulter la partie Notes de bas de page, Premier modèle.

Il ne faut pas mentionner les pages consultées dans chaque livre. Ce qui est important, ce sont les références de l’ouvrage. Par contre, s’il s’agit d’un article de revue, d’une contribution dans un ouvrage collectif ou d’une entrée importante (plusieurs pages ou colonnes) dans un dictionnaire, il faut mentionner les pages de début et de fin de l’article, de la contribution ou de l’entrée.

Remarquons dans l’exemple suivant (voir image ci-dessous):

♦ l’éditeur n’est pas précisé. Quoi qu’il en soit, la majorité des publications francophones signalent l’éditeur. Je le conseille;

♦ l’éditeur a choisi de mettre une virgule entre le lieu et la date d’édition uniquement pour les publications francophones. Cela illustre la difficulté qu’il peut parfois y avoir à respecter les différentes conventions académiques (nous avons vu plus haut que de telles conventions existaient aussi en ce qui concerne les références bibliques);

♦ au 1er, 7e et 8e rangs (Marguerat, Minette de Tillesse, etc.), nous avons affaire à des contributions dans des ouvrages collectifs;

♦ Pour compléter, j’illustre aussi un cas d’article (RTL = Revue théologique de Louvain):

Remarques pratiques et esthétiques

Dans cette sections apparaissent clairement mes préférences personnelles.

 Les noms d’auteurs mentionnés dans le corps du texte. Faut-il indiquer le nom et le prénom ou seulement le nom? Faut-il ne mettre que l’initiale du prénom suivi du nom? Faut-il mettre le nom en capitales? Je pense qu’il y a deux règles simples à suivre: 1. si un auteur cité est renommé, le seul nom peut suffire (par ex. Bultmann, Ricoeur, etc.); 2. si un auteur cité n’est pas en lien direct avec le sujet traité, même s’il est renommé, il vaut mieux mettre le nom et prénom. Voilà deux règles simples qu’il ne faut évidemment pas absolutiser. Par contre, je pense qu’il faut éviter de mentionner un auteur avec des capitales ou en n’indiquant le prénom que par l’initiale. Donc: ni BULTMANN ni R. Bultmann. On évitera le premier pour des raisons esthétiques, puisqu’il brise l’harmonie visuelle du texte. On évitera le second parce qu’inutile et illisible. Si l’on pense à Rudolf Bultmann, alors il vaut mieux écrire le prénom en entier. Une initiale n’est pas lisible, Rudolf oui. Ou bien, c’est que l’on suppose que le lecteur sait toujours qui se cache derrière une initiale, ce qui est loin d’être le cas. Et je ne parles pas des doubles et triples initiales que l’on rencontre parfois. Qui sont S. M. Schneiders et C. F. D. Moule (réponse plus bas)?

 Ma seconde remarque rejoint la première. Trop souvent, je me rends compte que les prénoms manquent dans les références, que ce soit en note de bas de page, en bibliographie, ou dans l’index, s’il y en a un. Quel est l’inconvénient? Il est fort probable qu’un nombre conséquent de lecteurs ne saura jamais qui sont S. M. Schneiders et C. F. D. Moule ni s’il s’agit de personnes de sexe féminin ou masculin. Bref, tout cela pour dire qu’il est fort souhaitable de voir apparaître, si pas dans le corps du texte, dans la bibliographie au moins, le prénom des auteurs. Sandra M. Schneiders est une exégète néotestamentaire qui a notamment écrit Le texte de la rencontre, aux éditions du Cerf (1995; 1re éd. angl. 1991). Charles F. D. Moule (1908 – 2007) était lui aussi un néotestamentaire de renom, professeur à l’Université de Cambridge. Il a écrit La genèse du Nouveau Testament, édité chez Delachaud & Niestlé (1971; 1re éd. angl. 1962).

* * *

Éléments de typographie

Les quelques remarques qui vont suivre, ainsi que celles qui ont précédé à propos des guillemets (y compris les exemples), sont reprises du livre de Yves Perrousseaux, Manuel de typographie française élémentaire, Reillanne (France), éd. Atelier Perrousseaux, 2002 (7e éd.).

Quelques abréviations

 Les abréviations ne prennent pas de point si la dernière lettre qui les composent n’est pas la dernière lettre du mot abrégé. Par exemple: tjrs (toujours), Mgr (Monseigneur). Par contre, les abréviations comme p. (page), vol. (volume) ou t. (tome) prennent un point. (lu dans ceci)

 Premier et première s’abrègent 1er, 1re, et non 1ère pour le féminin. Au pluriel on aura 1ers, 1res.

 Deuxième et troisième s’abrègent 2e et 3e, et non 2ème et 3ème comme on le voit très souvent dans divers ouvrages (voir p. ex. Introduction à l’Ancien Testament chez Labor et Fides, éd. de 2004 puisque l’éd. de 2010 a heureusement été corrigée). Au pluriel on aura 2es, 3es.

 Ces abréviations valent aussi pour les chiffres romains : Ier, Ire, etc.

 Primo, secundo, tertio, s’abrègent 1o, 2o, 3o. J’apprends que « [l]e signe supérieur est la lettre o finale, à ne pas confondre avec le petit zéro [°] qui, en typographie, est l’abréviation légale de “degré” » (op. cit., p. 58).

 Après et avant Jésus-Christ s’abrègent apr. J.-C. et av. J.-C.

 C’est-à-dire par c.-à-d.

 Page par p.; pareil au pluriel, bien que dans la plupart des publications on rencontre pp.

 Et cætera par etc., et non « etc… », ni « etc. … ».

Les capitales

 Il n’est pas inutile de signaler que « les noms des peuples, des habitants des régions et des agglomérations » (op. cit., p. 63) prennent une capitale : les Sumériens, les Israélites, etc. Par contre, mettre une capitale à « les Chrétiens » est une erreur que l’on rencontre fréquemment.

 Les noms des périodes historiques prennent aussi une capitale: Antiquité, Moyen Âge (avec l’accent circonflexe!), Renaissance, etc.

 Église prend une capitale quand elle désigne « un pouvoir spirituel ou temporel d’une confession chrétienne » (ibid.) : l’Église catholique romaine, les Églises protestantes, etc. Elle n’en prend pas quand le mot désigne un lieu de culte ou un bâtiment.

Une remarque de grande importance

On met les accents sur les capitales! Comme l’indique le sage conseil d’un de nos professeurs: il ne faut pas suivre la majorité dans le mal. Il faut donc mettre les accents sur les capitales, bien que, la plupart du temps, que ce soit dans les livres ou ailleurs, ils sont absents. Ce n’est pas ENTREE INTERDITE, mais ENTRÉE INTERDITE; on n’écrit pas MOYEN AGE mais MOYEN ÂGE. Cette règle demeure valable pour la préposition À.

Yves Perrousseaux explique brièvement pourquoi il est important de mettre les accents sur les capitales:

L’accent « sur les capitales, comme sur les bas de casse d’ailleurs [les minuscules]:

1. a pleine valeur orthographique;

2. détermine la prononciation;

3. évite la confusion de sens de nombreux mots sur lesquels nous butons tous de temps à autre, comme dans les exemples suivants:

LES ENFANTS LEGITIMES: LÉGITIMES ou LÉGITIMÉS?

L’AUGMENTATION DES RETRAITES: des RETRAITES ou des RETRAITÉS?

L’ÉTUDE DU MODELE : du MODÈLE ou du MODELÉ? »

Encore quelques erreurs

 Les guillemets: les seuls vrais guillemets sont les guillemets français et anglais, à savoir [« »] et [“ ”]. Dans les publication anglaises, on trouvera aussi des guillemets simples [‘ ’] dans un texte cité à l’intérieur d’une citation (cf. plus haut, section « citations »). Les deux traits verticaux que l’on rencontre en guise de guillemets n’en sont pas! Et en plus c’est moche ! En fait, les traits verticaux sont utilisés pour indiquer les minutes (un trait) et les secondes (deux traits).

 Même remarque en ce qui concerne les apostrophes. Le petit trait vertical que l’on rencontre très souvent en guise d’apostrophe n’en est pas une. Et en plus, encore une fois, c’est moche. Il faut savoir que chaque police de caractères est le fruit d’un travail de création à la fois très précis, cohérent et harmonieux. Il n’y a pas que les lettres qui soient pensées et dessinées, mais également les chiffres, les signes de ponctuation et les accents (voire encore d’autres signes). Retrouver dans une police de caractères Times des traits verticaux en guise de guillemets et d’apostrophes brise l’harmonie et la cohérence esthétique d’un texte.

 Il faut encore dire un mot sur les espaces. J’ai déjà vu des publications (heureusement c’est rare) qui mettaient des espaces dans les parenthèses, comme ceci: ( éléments de typographie ). C’est une erreur. Il ne faut pas mettre d’espace à ces endroits, et en plus, c’est… moche. Ensuite, il ne faut pas mettre d’espace avant la virgule ni avant un point, mais bien après. Pas d’espace avant l’apostrophe ni après. Il y a un espace dans les guillemets  (qui, normalement, se met automatiquement): « éléments de typographie » et non «éléments de typographie». Par contre, il n’y a pas d’espace pour les guillemets anglais: “A typographic Workbook” et non “ A typographic Workbook ”. J’ai pu constater une telle erreur dans le premier volume des œuvres de Luther édité pourtant dans la si prestigieuse collection de la Bibliothèque de la Pléiade.

 Les numéros des siècles doivent être marqués avec des chiffres romains, en petites capitales (12 → 10) : XIIIe siècle, XVIIIe siècle, et non 13e siècle, 18e siècle.

 Comme je le constate parfois, il est important de préciser qu’il ne faut pas couper les noms propres et les prénoms avant d’aller à la ligne.

Conclusion

Je pense avoir dit l’essentiel des interrogations et des erreurs les plus courantes. Néanmoins, la liste est encore longue et j’ai moi-même encore beaucoup à apprendre. Pour approfondir et élargir le champ, je ne peux que vous conseiller le livre de Yves Perrousseaux cité au début de la section Éléments de typographie.

Précisons pour terminer que les règles que M. Perrousseaux présente « sont celles en usage à l’Imprimerie nationale, créée en 1640 par Louis XIII. La rigueur de cette vénérable institution, en ce qui concerne le suivi de l’évolution de notre langue au fil des siècles, est à mon avis une excellente garantie de crédibilité » (op. cit., p. 56).

Moins onéreux (16,50 euros) mais néanmoins complet, je vous conseille d’acquérir Le Ramat européen de la typographie.

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4 Commentaires

Publié par le 15 février 2011 dans z (Divers)

 

4 réponses à “Éléments de méthodologie pour la rédaction de travaux de niveau universitaire

  1. Olivier C

    15 avril 2012 at 00:14

    « Où placer le point » dans une citation… Combien de fois me suis-je posé cette question ! J’avoue que sur cette question j’ai toujours eu du mal avec la manière universitaire : elle ne respecte pas la logique des emboîtements.

    Pour ce qui est des accents sur les capitales : j’ai plus de mal avec Word que pour manier le HTML5…

     
    • Georges Daras

      15 avril 2012 at 11:35

      Bonjour Olivier C,

      Il est vrai que la question du point ne vient pas spontanément à l’esprit, mais on y butera certainement en cours de rédaction!
      Pour les accents sur les capitales, c’est vrai que c’est un peu acrobatique, mais l’effort est compensé par la satisfaction d’écrire dans les règles de l’art.
      Autre chose: Il y a une convention que je n’arrive pas à digérer chez les anglophones, convention qui consiste à fermer les guillemets après une virgule! Du style: Nous anticipons ici la section « Bibliographie, » en donnant les trois types de citation les plus courantes, etc.

       
  2. Olivier C

    4 avril 2013 at 00:00

    Mmm… j’avais perdu cet article de vue ; je suis content d’y revenir car je le cherchais. Il faudra que je le montre à quelques amis licenciés en lettres.

     
    • Georges Daras

      4 avril 2013 at 21:55

      Bonjour Olivier!

      Merci de me retirer de ma torpeur (rien publié depuis septembre…). J’en ai profité pour faire une petite révision de l’article.

      Au plaisir!

       

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