Un excellent commentaire de l’évangile selon Marc

Il y a des ouvrages dont une simple consultation produit un enthousiasme communicatif. C’est pourquoi j’ai décidé d’écrire cette modeste présentation.

La qualité de ce commentaire réside notamment dans l’approche narrative qui est mise en œuvre, bien que l’auteur ne fasse nullement l’impasse sur la dimension historico-critique. Il faut d’emblée préciser la portée délibérément scientifique de cet ouvrage, proposant donc une traduction de travail, critique textuelle, bibliographie à chaque péricope et notes pour approfondir certains points. Ainsi, toutes ces dimensions concourent à la qualité de l’ouvrage.

Je vais insister sur l’approche narrative, qui caractérise par ailleurs le projet éditorial de cette série de commentaires qui s’annonce prestigieuse. Il ne s’agit pas seulement d’expliquer un texte ancien, mais de « faire apparaître la dynamique du texte pris comme un ensemble » (4e de couv.). Autrement dit, Lisez la suite de cette entrée »

Où sont les penseurs de l’islam?

***Je pense que ce qui manque cruellement sur la question de l’islam c’est la connaissance de ses textes fondateurs : Coran, Hadith, Sira. Bien des débats se font actuellement sur la place de l’islam en Europe, sans pourtant qu’il soit fait référence aux textes fondateurs pour qu’ils soient interrogés. Sauf, bien sûr, quand on évoque un peu le Coran sans jamais parler des textes problématiques. On nous dit par exemple que le « voile intégral » n’est pas une prescription religieuse issue du Coran. Qu’elle le soit ou non ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est que nos amis musulmans nous parlent de textes qui (leur) posent problème compte tenu du contexte européen, occidental dans lequel ils souhaitent vivre et évoluer. Il ne faudra pas se limiter à un ou deux passages du Coran, mais à tout le Coran ; de même qu’il ne suffit pas de se limiter au Coran, mais parler aussi des Hadith et de la Sira. On me dira qu’il y a une diversité dans l’islam et que chaque groupe a des positions différentes quant à ses sources. Très bien. Alors que tous ces islams nous parlent et clarifient leur position vis-à-vis de leurs sources. Si ce n’est pas eux qui vont le faire, qui le fera ? Lisez la suite de cette entrée »

« Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans »

Un mot sur l’auteur

François Jourdan est prêtre eudiste[1] et professeur. Il est docteur en théologie ainsi qu’en histoire des religions et anthropologie religieuse. Il a notamment publié un livre intitulé La tradition des Sept Dormants. Une rencontre entre chrétiens et musulmans[2]. Outre ses qualifications en islamologie, le père Jourdan a beaucoup voyagé et fut missionnaire dans des pays d’Afrique et du Moyen-Orient, en contact étroit avec l’islam. Il a récemment été envoyé aux Philippines où il rejoint la communauté eudiste locale.

« Il est [était ?] délégué du diocèse de Paris pour les relations avec l’islam, il a enseigné la mystique islamique à l’Institut pontifical d’études arabes et islamiques (PISAI) de Rome. » Il a également enseigné « à l’Institut catholique de Paris et à l’École Cathédrale. » (Quatrième de couverture).

1. Le livre

Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans. Des repères pour comprendre, Paris, éditions de L’Œuvre, 2008, avec une préface de Rémi Brague.

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« Une invention nommée Jésus » (6)

Note: cet article doit être revu. Je le rends toutefois accessible.

Voir également la critique que m’a adressée M. Bourgeois:

http://www.uneinventionnommeejesus.fr/index.php?category/D%C3%A9bat

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(suite de la critique consacrée aux critères)

Je reproduis ici les deux citations de Meier que j’ai faites à la fin du cinquième volet, car elles sont d’une grande importance. M. Bourgeois ne devrait pas les ignorer.

Après avoir présenté tous les critères, Meier fait deux importantes mises au point dans sa conclusion :

« J’ai souligné les limites et les problèmes inhérents à chacun des critères, afin d’éviter que l’un ou l’autre d’entre eux n’apparaisse à lui seul comme la clé magique ouvrant toutes les portes. Seule l’utilisation simultanée et prudente de plusieurs critères, auxquels on permettra de se corriger mutuellement, peut aboutir à des résultats convaincants. » (p. 117) Lisez la suite de cette entrée »

« Une invention nommée Jésus » (5)

Note: cet article doit être revu. Je le rends toutefois accessible.

Voir également la critique que m’a adressée M. Bourgeois:

http://www.uneinventionnommeejesus.fr/index.php?category/D%C3%A9bat

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b) « Les arguments en faveur de l’existence de Jésus » (chap. 12)

Avant d’aborder les arguments qu’il a choisis de traiter, l’auteur se pose la question suivante : « Pourquoi les spécialistes ne commencent-ils pas leurs livres par un chapitre établissant l’existence de Jésus ? » (p. 124). Question logique d’apparence et fort honnête, mais qui se révèle en réalité tout à fait inadéquate du point de vue de la méthode historique. En effet, la première démarche de l’historien est d’interroger ses sources, d’en déterminer la nature et d’en évaluer la fiabilité. Ce n’est même pas Jésus le premier objet de sa recherche, encore moins établir son existence. Je ne sais pas si la question que pose M. Bourgeois est sincère ou teintée d’ironie, car il a bien dit lui-même qu’il est impossible de prouver l’inexistence d’une chose, et j’ajoute donc : tout autant que son existence (sur ce point, voir plus bas l’excursus 2). Alors, pourquoi demande-t-il aux spécialistes d’établir l’existence de Jésus, et ce dès le premier chapitre ? Même M. Bourgeois ne commence pas son livre en établissant l’existence de Jésus. C’est pour dire que du point de vue heuristique et méthodologique, une telle question n’a aucune sorte de pertinence. Lisez la suite de cette entrée »

Mon avis sur le vote suisse et les minarets

Les réactions au résultat du vote ont été disproportionnées, tant du côté politico-médiatique que musulman, et je les considère aussi dangereuses qu’une propagande d’extrême droite. On a parlé de « vote de la honte », d’« intolérance », de « racisme », d’« islamophobie », de « coup de poing » et d’« insulte » aux musulmans, de « peur », de « coup dure pour la liberté religieuse et l’intégration », et j’en passe. Il faut, à ce sujet, préciser deux choses. Tout d’abord, le vote ne portait nullement sur la liberté de culte, qui reste inchangée. Il n’y a donc pas lieu d’évoquer la liberté de culte. Ensuite, les Suisses n’ont pas voté pour un parti politique – en l’occurrence l’extrême droite – mais sur la question des minarets. On ne peut donc pas stigmatiser la majorité des Suisses en les taxant de racistes et de xénophobes. De plus, il est ridicule de parler de « coup dur pour l’intégration », comme si cette dernière dépendait de la présence de minarets… Ceci dit, une nuance est nécessaire. Il se peut que cette cause ait été, d’une manière ou d’une autre, instrumentalisée par les partis d’extrême droite, et que, parmi les votants, se trouvent sans doute des gens de fréquentation peu recommandable. Néanmoins, enfermer la majorité des Suisses dans ce cas relève de la paranoïa, si ce n’est de la mauvaise foi. Malheureusement, le politiquement et islamiquement correct l’a emporté haut la main! Lisez la suite de cette entrée »

La Suisse se prend des minarets dans le dos

Le résultat du vote suisse a été une surprise pour tous, bonne pour certains, mauvaise pour d’autres. Cependant, ce qui m’a le plus surpris et choqué, ce sont les réactions globalisantes et disproportionnées de tous ceux qui regrettent (c’est un euphémisme) le résultat du vote. Que disent-ils ? Analysons un article du journal Le Monde (30/11/2009).

« Les Suisses ont voté avec leurs tripes (…) inspiré(s) par la peur, les fantasmes et l’ignorance », déplore le quotidien genevois Le Temps qui s’inquiète d’un « dégât d’image spectaculaire pour la Suisse » dans le monde.

« Peur », « fantasmes », « ignorance » : que de grossièretés ! D’où l’auteur de cet article prétend-t-il savoir pourquoi les Suisses ont voté ? De quel droit se permet-il d’affirmer ce qu’il affirme, en insinuant clairement que les Suisses n’ont pas exercé leur raison ni choisi de défendre des idées ? D’autant plus que ce qui est craint, c’est un « dégât d’image » ! Voilà pour quoi votaient les Suisses ! Pour l’image ! Lisez la suite de cette entrée »

Thèses mythistes (part 3)

Annonce: la partie 2 n’est pas encore disponible.

Introduction

Les thèses mythistes sont diverses mais, globalement, toutes plaident pour l’inexistence historique de Jésus :

  • elles contestent l’existence historique du personnage Jésus,
  • elles contestent le caractère historique de telle ou telle partie du récit présenté par les quatre évangiles, par exemple :
    • les récits d’enfance, qui n’existent que dans Luc et Matthieu, dont la rédaction s’avérera tardive en regard des textes qu’ils introduisent,
    • les récits de la passion, comme le fit Salomon Reinach [voir ci-dessous]; actuellement, l’une des théories du Document Q fait observer que la reconstitution des diverses phases de ce document ne comprend aucun récit de l’évènement.

Les thèses mythistes se répartissent en « thèses classiques », fréquemment académiques voire ecclésiastiques, et en thèses autodidactes.

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Adam et Ève ont-ils existé ?

Un évangélique (un vrai) répondra très certainement par l’affirmative. Non seulement Adam et Ève ont existé à un moment donné de l’histoire en tant que deux individualités, mais ils doivent avoir nécessairement existé, sans quoi la doctrine du salut en Jésus-Christ ne tient plus. En effet, de quoi Jésus-Christ nous sauve-t-il s’il n’y a jamais eu de « chute » ? Ce type de raisonnement découle d’une vision historiciste de l’histoire du salut, conçue en trois étapes : création – chute – rédemption. Avant de montrer en quoi cette schématisation est problématique, voire intenable (ce point sera développé à un autre moment), je vais passer en revue les principaux arguments avancés par les évangéliques. Lisez la suite de cette entrée »

In memoriam Damas Diasiwa

CIEL

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Ce dimanche 8 novembre, moi et mes collègues de la Faculté avons appris la triste nouvelle du décès de notre compagnon de route Damas Diasiwa. Je souhaite exprimer mes plus profondes et sincères condoléances à sa famille ainsi qu’à ses proches, qui l’ont tant soutenu durant son dur combat contre le cancer. De ce combat, Damas ne laissait rien transparaître, et Dieu sait qu’il en menait d’autres encore. Ils n’ont entamé ni sa sérénité ni son humour, qu’il savait prodiguer à son entourage avec générosité. Il restera gravé dans la mémoire et les coeurs de tout ceux qui l’ont connu, de près ou de loin.

Repose en paix, Damas, auprès de ton Seigneur.

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