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29 janvier 2012

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12 janvier 2012

“Rahab et les espions”: une lecture de Josué 2

En décembre dernier, j’ai défendu mon mémoire en vue de l’obtention du grade de master en théologie. Ayant choisi de me spécialiser dans le domaine de l’Ancien Testament (ou Bible hébraïque), mon travail consistait à réaliser l’exégèse littéraire et narrative du second chapitre du livre de Josué, dont le récit – assez connu des chrétiens, grâce notamment aux renvois du Nouveau Testament (voir Mt 1.5; He 11.31; Jc 2.25) – pourrait sobrement être intitulé “Rahab et les espions”. Dans cet article, j’aimerais offrir aux lecteurs intéressés ou simplement curieux un aperçu des résultats de ma recherche. Deux articles font suite à celui-ci. Il s’agit pour l’essentiel d’extraits remaniés de mon mémoire, l’un sur le caractère littéraire du récit (ici), l’autre est centré sur le personnage de Rahab (ici). Lire la suite…

19 janvier 2012

“Rahab et les espions”: la figure de Rahab

Note: Cet article fait suite à celui que j’ai consacré à la présentation des idées essentielles développées dans mon mémoire (clic) et à celui sur le caractère littéraire du récit (clic). Comme pour ce dernier, j’invite le lecteur à lire Josué 2 afin qu’il puisse suivre et comprendre mon texte.

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1. Une femme qui fait parler d’elle

ans la Bible hébraïque, le personnage de Rahab n’apparait qu’aux chapitres 2 et 6 du livre de Josué. Rahab est une cananéenne qui habite Jéricho, dans une maison construite sur la muraille du rempart (2.15). Il est fait mention de sa famille, de son père, sa mère, ses frères et sœurs (2.13, 18); ceux-ci ne prennent aucune part active dans le récit. On a même l’impression qu’ils en sont absents, à l’écart, et que Rahab est seule à habiter cette maison présentée comme sienne (v. 1). Lire la suite…

14 janvier 2012

“Rahab et les espions”: entre haute voltige théologique et franche rigolade

Note: Cet article fait suite à celui que j’ai consacré à la présentation des idées essentielles développées dans mon mémoire (clic). Comme pour ce dernier, j’invite le lecteur à lire Josué 2 afin qu’il puisse suivre et comprendre mon texte.

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urant mes analyses de l’histoire de Rahab (Josué 2), sujet de mon mémoire, une constatation s’est imposée à moi: toutes les parties du récit n’appellent pas le même genre de commentaire. Cela est évident en ce qui concerne, d’une part, les parties discursives (discours) et, d’autre part, la narration, qui elle est plus descriptive et axée sur l’action. Leur fonction dans le récit et leur visée diffèrent. Dans les parties narratives, mon attention s’est focalisée sur le sens des mots, la cohérence du récit et le déroulement de l’intrigue. Mon intérêt consistait à déterminer et à comprendre ce qui se passe localement, entre les personnages, à tel et tel endroit précis du récit, en relation avec l’ensemble. De l’autre côté Lire la suite…

11 septembre 2011

Note sur le livre “Découverte de l’Islam”

Lecteurs, lectrices, attention!, car si le livre au format de poche est bon marché, on n’hésite pas à vous vendre n’importe quoi (et les éditions du Seuil sont pourtant loin d’être n’importe qui!).

L’auteur de ce livre se positionne explicitement dans un islam traditionnel et idéalisé, ce que ne laisse pas deviner la consonance occidentale de son nom. L’honnête et curieux amateur de livres peut donc facilement être trompé. M. Du Pasquier est manifestement un converti à l’islam, ce qui est son droit. Par contre, ce n’est pas faire découvrir quelque chose ni honorer son diplôme d’historien que de dresser une vision hagiographique et apologétique de l’islam. Lire la suite…

1 mai 2011

Note: “Pas un qui fasse le bien, pas même un seul”

e protestantisme a souvent insisté sur la corruption totale de l’être humain par le péché et son incapacité à faire le bien, citant à l’appui ce que Paul écrit dans sa lettre aux Romains (3.10s; Paul s’inspire des psaumes 14.1-3 et 53.2-4): Il n’y a pas de juste, pas même un seul. 11 Il n’y a pas d’homme sensé, pas un qui cherche Dieu. 12 Ils sont tous dévoyés, ensemble pervertis, pas un qui fasse le bien, pas même un seul. Corrélativement, l’homme est incapable de parvenir au salut, être “justifié”, en accomplissant des oeuvres méritoires. Lire la suite…

14 mars 2011

Adam et Ève ont-ils existé ? Réponse aux arguments évangéliques

La question est peut-être mal posée, mais c’est la question que les croyants peuvent se poser! Certains en toute sincérité et modestie; d’autres y répondront par un “non” catégorique, sans toutefois savoir quoi faire du récit de la Genèse. Il faut dès l’abord préciser ce dont il ne sera pas question dans cet article: ni de paléontologie ni d’archéologie, ni de biologie, mais du récit biblique seul. Le récit biblique invite-t-il, compte tenu de sa nature et de sa forme, à poser l’existence historique d’Adam et Ève? Plus simplement: le récit des origines est-il historique? Je discute de la question en confrontation au “oui” des évangéliques et à leurs arguments. Nous verrons chemin faisant que différents thèmes sont liés à ce questionnement, comme la vérité du récit biblique, son inspiration et son actualité. Lire la suite…

13 mars 2011

Exégèse biblique: matériel de base

Texte hébreu de l’Ancien Testament

La BHS – Biblia Hebraica Stuttgartensia – contient le texte hébreu sur lequel et à partir duquel les spécialistes travaillent. Bien sûr, il est incontournable pour l’étudiant, même si, au premier abord, cette brique a de quoi impressionner: outre le texte hébreu, cela peut être en raison de son caractère technique, de l’apparat critique aux apparences de message codé, des introductions en latin et en allemand (mais aussi, heureusement, en français)… Mais cette première impression va vite s’estomper pour faire place, je l’espère, à une croissante curiosité. L’apparat critique en bas de page et les notes massorétiques situées à la marge représentent des siècles de lectures minutieuses et de critique textuelle dont nous héritons. Lire la suite…

12 mars 2011

Inerrance et inspiration verbale

es derniers jours, j’ai publié quelques articles où j’évoque ces deux doctrines sans les expliquer. Je présuppose par là, sans doute de manière un peu erronée, que le lecteur en sait suffisamment pour comprendre ce dont il est question. Je conçois le lecteur idéal de ces articles comme un évangélique ou ex-évangélique, ayant une certaine familiarité avec les doctrines de ce courant et ses auteurs francophones représentatifs. Il peut avoir suivi une formation dans l’un ou l’autre Institut ou Faculté, tels qu’il en existe surtout en France, mais aussi en Belgique et en Suisse1. Lire la suite…

12 mars 2011

L’ignorance dans les limites de la simple inerrance

Mes lectures m’ont appris que les évangéliques ne confessent leur ignorance qu’à condition que la doctrine de l’inerrance (infos ici) soit saine et sauve. En paraphrasant Augustin, je pourrais dire: Confesse l’inerrance et fais ce que tu veux!

Le principe d’ignorance

Prenons un exemple typique: les contradictions. Dans Comment interpréter la Bible (Emmaüs, 1991), Alfred Kuen explique quoi faire s’il y a des contradictions. La première chose qu’il énonce est Lire la suite…

10 mars 2011

La Bible affirme, les sciences confirment

es doctrines de l’inerrance et de l’inspiration verbale (infos ici) entraînent de fâcheuses conséquences théologiques, mais aussi au niveau de la recherche scientifique. Quand je regarde par exemple les recherches menées par les exégètes sur les origines du Pentateuque, celles de tel livre biblique, quand les historiens tentent de reconstruire une histoire d’Israël en élaborant des hypothèses explicatives sur ses origines, comparant les données extra-bibliques, tenant compte des apports de l’archéologie, etc., je me demande quelle contribution à ces recherches ont offert et offrent les évangéliques actuellement? Lire la suite…

24 février 2011

Si Adam n’a pas existé…

(Revu et légèrement augmenté le 7 mars 2011)

Dans le prolongement d’un autre article (“Adam et Ève ont-ils existé?“), j’aimerais proposer la réflexion suivante. En admettant que la réponse à la question posée soit “non”, comment lire le troisième chapitre de la Genèse? Comment comprendre le récit communément appelé de la “chute” ou du “péché originel”? Doit-on changer notre manière de lire la Bible? Ou bien se résigner à admettre qu’elle est périmée sur certains points et qu’elle n’a plus grand chose à nous dire? Résolument, fermement, je maintiens que, sans rien perdre de son actualité, “la Bible dit vrai”! Voici pourquoi…

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Récit fictif, mais message véridique

Si la représentation du péché d’Adam en Genèse 3 est fictive, ce que l’auteur véhicule par le moyen de cette représentation ne l’est pas pour autant. Pour les évangéliques Lire la suite…

15 février 2011

Éléments de méthodologie pour la rédaction de travaux de niveau universitaire

plusieurs reprises, certains professeurs ont exprimé leur consternation face à des travaux d’étudiants (Ba 3 et Master) présentant des défauts de forme en dessous du seuil de tolérance. C’est pourquoi je souhaite proposer à ces étudiants, mais aussi à tous ceux qui sont intéressés, quelques conseils basiques et sans grande prétention pour améliorer la qualité de leurs travaux et ainsi les rendre conformes aux exigences académiques. En fin d’article, je présenterai également quelques notions élémentaires de typographie pour éviter certaines erreurs courantes que l’on retrouve même dans les milieux éditoriaux professionnels. Lire la suite…

13 février 2011

Lecture: Au bonheur de vivre. Libres propos d’un mécréant (1)

Paul Danblon reposait quelque part dans ma mémoire. Je l’avais vu et entendu avec intérêt lors d’un entretien avec Edmond Blattchen en novembre 2000, dans l’émission intitulée “Noms de dieux”. J’avais acheté son livre “Au bonheur de vivre”, sans me souvenir de ce que j’en ai vraiment fait… C’était il y a une dizaine d’années, avant que je ne devienne chrétien. Il y a peu, j’ai aperçu le livre dans une bouquinerie (quelle aubaine, puisqu’il est épuisé) et me suis de nouveau lancé dans sa lecture. À présent, c’est ma foi qu’il interroge. La vôtre aussi, peut-être.

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G E N È S E

E X O D E

L É V I T I Q U E

N O M B R E S

D E U T É R O N O M E

-

Paul DANBLON, Au bonheur de vivre. Libres propos d’un mécréant, Bruxelles, Complexe, 1999, 216p. (épuisé) “Paul Danblon [est] chimiste, musicien et comédien de formation, [il] a mené pendant 35 ans une carrière de journaliste scientifique à la Radiodiffusion-Télévision belge. [...] Témoignant activement d’une attitude de pensée libre, d’ouverture et de tolérance, il figure parmi les fondateurs de la Fête de la Jeunesse laïque et d’Europe Terre d’Humanisme.” (4e de couv.) Paul Danblon est agnostique.

ans cette première partie intitulée “Genèse”, Paul Danblon narre avec un regard rétrospectif, parfois amusé, la foi de son enfance. Dès ses huit ans, il posera un regard interrogateur sur le catéchisme de la Mère Mathilde (Trinité, conception virginale, péché originel, présence réelle), le “catholicisme strictement sociologique” (p. 12) de ses parents, et certains aspects du catholicisme traditionnel et populaire dans lequel il a baigné: Lire la suite…

1 janvier 2011

Lecture: The Jesus Legend (2)

Chapitre 2:

“Yahvé incarné”,

Une légende juive?

À quel point le judaïsme

du Ier siècle était ouvert

à l’influence “païenne”?

.

Paul R. EDDY & Gregory A. BOYD, The Jesus Legend. A Case for the Historical Reliability of the Synoptic Jesus Tradition, Grand Rapids (Michigan), Baker Academic, 2007. Aperçu sur Amazon.com.

Le titre résume bien l’enjeu essentiel de ce chapitre, qui est de déterminer l’ampleur et le degré d’hellénisation qu’a subi la Palestine du Ier siècle, plus exactement la Galilée du temps de Jésus.

Les implications de cet enjeu sont faciles à comprendre: Lire la suite…

29 décembre 2010

Lecture: The Jesus Legend (1)

Chapitre premier:

Miracles et méthode.

La méthode

historico-critique

et le surnaturel.

.

Paul R. EDDY & Gregory A. BOYD, The Jesus Legend. A Case for the Historical Reliability of the Synoptic Jesus Tradition, Grand Rapids (Michigan), Baker Academic, 2007. Aperçu sur Amazon.com.

Dans leur premier chapitre, les auteurs affirment, en somme, qu’une lecture réellement critique du Nouveau Testament doit être ouverte au surnaturel et au miraculeux, être critique envers elle-même, et tenir compte de l’expérience globale des sensibilités humaines – passées et présentes, d’ici et d’ailleurs – envers le réel. Lire la suite…

15 décembre 2010

Note sur la datation de la mort de Jésus

D’innombrables études exégétiques et historiques ont été produites sur la mort de Jésus. Je pense ici plus particulièrement à des questions de datation et, plus largement, à la chronologie des derniers jours de la Passion. Cette prolixité est notamment due à la divergence chronologique entre les synoptiques (Mc, Mt, Lc) et Jean. S’ils sont tous d’accord pour situer la crucifixion de Jésus un vendredi, veille du sabbat, ils divergent quant à savoir si ce vendredi était un jour de Pâque (synoptiques) ou une veille de Pâque (Jean) et, rétrospectivement, si le dernier repas que Jésus a pris avec ses disciples était un repas pascal (synoptiques) ou non (Jean). Bref. Mon but ici n’est pas de passer en revue les données du problème, ni de faire étalage des solutions qui ont été proposées. Non, c’est beaucoup plus simple que cela. Lire la suite…

3 novembre 2010

Courte méditation biblique n°1: un homme, un détour

Gn 37.15-17: Un homme rencontra Joseph, comme il errait dans les champs. Il le questionna, en disant: Que cherches-tu? Joseph répondit: Je cherche mes frères; dis-moi, je te prie, où ils font paître leur troupeau. Et l’homme dit: Ils sont partis d’ici; car je les ai entendus dire: “Allons à Dothan”. Joseph alla après ses frères, et il les trouva à Dothan.

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Joseph s’est perdu, il ne sait où aller. Et un homme, indéterminé, sans nom, vient à sa rencontre et lui parle. Lire la suite…

13 octobre 2010

Hébreu: manuels d’apprentissage et grammaires

Manuels d’apprentissage

La première édition anglaise du manuel de Jacob Weingreen remonte à 1939. Les éditions Beauchesne proposent une traduction française mise à jour et adaptée pour les étudiants francophones. La dernière édition de l’ouvrage date de 2004. Cette méthode permet un apprentissage progressif et relativement précis de l’hébreu au bout duquel l’étudiant aura atteint un bon niveau de connaissance. On appréciera particulièrement les résumés et définitions qui permettent de mieux assimiler la matière. Quant aux exercices proposés, ils consistent à traduire de l’hébreu au français et inversement. Rien de particulièrement excitant… Cela dit, l’édition que proposent les éditions Beauchesne souffre de sérieux défauts: tout d’abord, les caractères hébreux sont exécrables, souvent illisibles quand ils sont de taille réduite; ensuite, la mise en page est par moment trop serrée (voir p. ex. p. 24-25). Lire la suite…

8 octobre 2010

Wikipédia et critique littéraire

Wikipédia et la Bible ont ce point en commun: ils ont subi des rédactions successives. Dans une source comme dans l’autre il existe des indices, des traces plus ou moins explicites de ces rédactions. La différence est que pour Wikipédia, grâce à un historique qui enregistre chaque intervention, il est possible de vérifier précisément ce qui a été modifié, quand et par qui. Cela devient beaucoup plus délicat avec la Bible. La comparaison des manuscrits offre des résultats limités, notamment sur les questions du “qui” et du “quand”, où des incertitudes demeurent. Quant à savoir “comment” et “ce qui” dans un texte est le résultat d’une intervention, les méthodes d’analyse littéraire permettent de le déterminer avec plus de probabilité. Lire la suite…

30 septembre 2010

Adolphe Gesché: un théologien belge à découvrir!

Les jours où je flânais en librairie, je me rappelle avoir aperçu à de nombreuses reprises l’un ou l’autre livre de Gesché sans jamais l’avoir pris en main pour le feuilleter. Je ne me rendais pas compte de leur valeur ni du plaisir que j’éprouverais à en explorer la richesse. C’est à la découverte de cet écrivain théologien que je vous convie.

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ne brève présentation d’abord: Adolphe Gesché (1928-2003) était un théologien catholique belge, “prêtre du diocèse de Malines et Bruxelles, docteur et maître en théologie, membre de l’Académie royale de Belgique, et professeur émérite à la Faculté de théologie de l’Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve1 » Voilà pour la présentation. Passons maintenant à l’oeuvre.

Les principaux livres de Gesché sont au nombre de sept, de taille modeste et raisonnables quant au prix. Chacun d’eux est centré sur une thématique particulière et tous font partie d’une série intitulée “Dieu pour penser”. Ces thématiques sont les suivantes: le mal, l’homme, Dieu, le cosmos, la destinée, le Christ, le sens. À propos de l’intitulé de la série, Gesché écrit: “En lançant ainsi cette série de livres, j’entends formuler l’hypothèse que Dieu ou l’idée de Dieu – et que l’on soit croyant ou incroyant – peut aider l’homme à penser.” Lire la suite…

17 septembre 2010

“L’art de la méditation”

Plus qu’une simple recension, je propose ici une critique dans une perspective chrétienne. Bien sûr, mon point de vue est extérieur au bouddhisme et se veut sans prétentions.

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Le livre

Matthieu RICARD, L’art de la Méditation. Pourquoi méditer? sur quoi? comment?, Paris, éd. NiL, 2008.

Le livre est concis (140 p.), et peut se diviser en deux parties1. La première introduit à l’art de la méditation en expliquant pourquoi et sur quoi méditer (chap. 1 et 2). La seconde partie (chap. 3) aborde l’aspect pratique de la méditation, initie d’abord aux différentes postures à tenir, pour enfin s’étendre sur diverses techniques et thèmes de méditation.

L’auteur a expressément adapté son sujet pour un large public d’un niveau débutant. Selon lui, il n’est pas nécessaire d’accoler une étiquette religieuse sur les techniques de méditation (p. 12), mais il est évident qu’une vision bouddhiste de l’être humain et du monde transparaît au fil des pages. Quoi qu’il en soit, le but de Matthieu Ricard n’est pas théorique ni d’enrichir nos connaissances, mais bien d’initier à un art, donc à une pratique, qu’il ancre au plus près de notre vie quotidienne et de nos aspirations les plus profondes, afin de nous transformer et ainsi découvrir le “bonheur authentique”2. Lire la suite…

16 août 2010

La Bible: historicité et vérité

(Cet article mériterait d’être enrichi et développé, afin de réfléchir positivement sur le rapport de la Bible à l’histoire.)

Art. XII – Nous affirmons que l’Écriture dans son intégralité est inerrante, exempte de toute fausseté, fraude ou tromperie. Nous rejetons l’opinion qui limite l’infaillibilité et l’inerrance de la Bible aux thèmes spirituels, religieux, ou concernant la rédemption, et qui exclut les énoncés relevant de l’histoire et des sciences. Nous déclarons, en outre, illégitime l’emploi d’hypothèses scientifiques sur l’histoire de la terre pour renverser l’enseignement de l’Ecriture sur la création et le déluge.

Extrait de la 1re déclaration de Chicago (1978), élaborée et signée par d’éminentes personnalités évangéliques (voir également les articles IX et XI). Je signale par précaution que je ne partage pas du tout ce que véhicule la citation mise en exergue.

Éviter l’historicisme

aut-il chercher la vérité d’un texte biblique dans son historicité? Un récit biblique n’est-il vrai que s’il transmet des faits historiques? Si ce n’est pas le cas, peut-on légitimement accuser la Bible de mensonge? C’est ce que pensent la plupart des évangéliques et les courants fondamentalistes de toutes sortes. Je pense, pour ma part, qu’il s’agit d’une grave erreur. Lire la suite…

8 août 2010

La lecture fondamentaliste de la Bible: point de vue catholique

Cet extrait du document de la Commission biblique pontificale intitulé L’interprétation de la Bible dans l’Église (1993) contient une synthèse qui résume assez bien les problèmes que pose (et crée!) la lecture fondamentaliste de la Bible. C’est pourquoi je reproduis cet extrait (qui présente quelques coquilles à corriger; pour ceux qui lisent bien l’italien, l’original est ici). L’entièreté du document est consultable sur le site Port Saint Nicolas.

Une remarque sur le document: sur certains points, on peut regretter une vision caricaturale et sans nuances. Par exemple, certaines lectures fondamentalistes ne rejettent pas les méthodes historico-critiques, mais leurs présupposés soi-disant anti-chrétiens ou bibliquement non-conformes; ces méthodes sont appliquées dans les limites de ce que permettent les doctrines fondamentalistes sur la Bible et l’inspiration verbale. De plus, le fondamentalisme ne consiste pas à tout rejeter ni à tout interpréter de manière littérale, mais à n’accepter uniquement ce qui arrange ses vues doctrinales (et à critiquer tout le reste). Cela s’illustre p. ex. dans le rapport entre Bible et archéologie: tout ce qui paraît confirmer la vérité historique de la Bible est valorisé sans problème; tout ce qui ne va pas dans ce sens sera critiqué, voire suspecté de vouloir “détruire” la Bible ou de prôner une philosophie implicitement hostile au christianisme. On aura même droit à une leçon sur l’humilité, la limite des connaissances humaines, voire rétorquer que l’archéologie et l’histoire ne sont pas des sciences exactes…

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a lecture fondamentaliste part du principe que la Bible, étant de Dieu inspirée et exempte d’erreur, doit être lue et interprétée littéralement en tous ses détails. Mais par “interprétation littérale” elle entend une interprétation primaire, c’est-à-dire excluant tout effort de compréhension de la Bible qui tienne compte de sa croissance historique et de son développement. Lire la suite…

6 juillet 2010

Une invention nommée Jésus?

Voici une recension courte du livre auquel j’ai consacré une réfutation complète disponible dans cette section du site: Une invention nommée Jésus. Les références du livre s’y trouvent également.

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Le mérite de ce livre est de ne pas avoir fait l’impasse sur quelques grands noms de la recherche universitaire (francophone et ce qui a été traduit en français). On voit que l’auteur a tenté de diversifier ses sources de référence. Par contre, la manière dont il les exploite ne manque pas de soulever quelques objections. Précisons que M. Bourgeois n’a aucune formation ni grade académique quelconque en matière d’exégèse du Nouveau Testament. Tout au long de son livre j’ai trouvé des raisonnements hâtifs, une méthodologie douteuse, sans compter le mépris plus ou moins larvé qu’il voue aux spécialistes.

Méthodologie douteuse

Un exemple: Il consiste à juger un récit évangélique en deux temps: premier temps: appréciation du récit sans tenir compte de sa nature et de sa portée; second temps: explication de la nature du récit (symbolique, théologique, etc.). Or, d’après moi, il est d’abord nécessaire de déterminer la nature d’un récit avant d’émettre un jugement, une appréciation, voire remettre en cause son historicité. Lire la suite…

3 mai 2010

Le Jésus de l’histoire: quelques ressources en français

Notes: dans la catégorie “Divers”, les articles sont consultables; le résumé des articles est celui des revues.

Revues

RECHERCHES DE SCIENCE RELIGIEUSE

Deux numéros de Recherches de Science Religieuse (voir liens) ont pour thème : « L’exégèse et la théologie devant Jésus le Christ ». Il s’agit des tomes 87/3 (1999) et 88/4 (2000). Nous reproduisons ci-dessous les titres des articles et leur résumés. Seuls les articles en rapport avec le thème sont repris.

Tome 87/3 (1999)

Michel FédouLe « Jésus historique » des Pères de l’Église au temps des Réformes

Tant chez les Pères de l’Église que chez les auteurs médiévaux, on ne peut s’attendre à trouver, pas même sous une forme d’une lointaine anticipation, l’équivalent d’une réflexion sur le « Jésus de l’Histoire » au sens qu’une telle expression a pris depuis le XIXe siècle. Lire la suite…

3 mars 2010

« Dieu obscur. Cruauté, sexe et violence dans l’Ancien Testament »

Le Dieu de la Bible déconcerte; il apparaît souvent sous des traits qui ne coïncident pas avec notre imaginaire collectif: guerrier, tribal, impliqué dans les affaires politiques et militaires, etc. Dans ce livre, Thomas Römer passe en revue une série de ces aspects et nous invite à les comprendre dans le contexte qui les a vu naître, celui du Proche-Orient ancien. Au-delà d’une simple investigation archéologique, Römer rend compte des différentes traditions théologiques qui se profilent au sein de la Bible, tout en proposant quelques pistes de réflexion (p. ex. sur la possibilité de comprendre Dieu). Dans cet exposé, je me suis focalisé sur un aspect, celui du Dieu guerrier dans le livre de Josué. Römer en aborde davantage. La première partie (Les attitudes…) est entièrement personnelle.

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Les attitudes face au Dieu de l’Ancien Testament

Rejet

Une position typique de ce rejet est celle de Marcion (IIe siècle). L’orientation gnostique de sa théologie reléguait le Dieu de l’Ancien Testament au rang de démiurge, créateur de la matière connotée négativement et cause de souffrance. Par contre, le Dieu que prêche Jésus est le Dieu libérateur, radicalement Autre et au-delà de la création. Marcion ne reconnaissait comme Écritures que l’évangile de Luc et les lettres pauliniennes. Cité par Irénée, Marcion considère que le dieu créateur est “un être malfaisant, aimant les guerres, inconstant dans ses résolutions et se contredisant lui-même”1. Si, pour Marcion, le dieu créateur n’est pas complètement mauvais, il est un dieu pratiquant une justice rigoureusement rétributive, il est anthropomorphique, inférieur, tel qu’il est décrit dans l’Ancien Testament. Lire la suite…

2 février 2010

Un excellent commentaire de l’évangile selon Marc

Il y a des ouvrages dont une simple consultation produit un enthousiasme communicatif. C’est pourquoi j’ai décidé d’écrire cette modeste présentation.

La qualité de ce commentaire réside notamment dans l’approche narrative qui est mise en œuvre, bien que l’auteur ne fasse nullement l’impasse sur la dimension historico-critique. Il faut d’emblée préciser la portée délibérément scientifique de cet ouvrage, proposant donc une traduction de travail, critique textuelle, bibliographie à chaque péricope et notes pour approfondir certains points. Ainsi, toutes ces dimensions concourent à la qualité de l’ouvrage. Lire la suite…

16 janvier 2010

Où sont les “théologiens” de l’islam?

e pense que ce qui manque cruellement dans les débats sur l’islam est la connaissance et la prise en compte de ses textes fondateurs: Coran (Parole de Dieu), Hadith (gestes et paroles de Muhammad), Sira (vie de Muhammad). Bien des débats se font actuellement sur la place de l’islam en Europe, sans qu’il soit pourtant fait référence aux textes fondateurs pour qu’ils soient interrogés. Lire la suite…

7 janvier 2010

« Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans »

Un mot sur l’auteur

François Jourdan est prêtre eudiste1 et professeur. Il est docteur en théologie ainsi qu’en histoire des religions et anthropologie religieuse. Il a notamment publié un livre intitulé La tradition des Sept Dormants. Une rencontre entre chrétiens et musulmans2. Outre ses qualifications en islamologie, le père Jourdan a beaucoup voyagé et fut missionnaire dans des pays d’Afrique et du Moyen-Orient, en contact étroit avec l’islam. Il a récemment été envoyé aux Philippines où il rejoint la communauté eudiste locale. Lire la suite…

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